Dans une interview qu’il a accordée à Guineematin.com ce jeudi, 11 juin 2020, l’ancien président de la délégation spéciale de Kindia, Abdoulaye Bah, a évoqué la gestion de la pandémie du coronavirus dans cette ville, devenue le deuxième foyer de contamination de la maladie après Conakry. Ce responsable de l’UFDG est revenu notamment sur la manifestation de rue en début de semaine dans la cité des agrumes. Il estime que cette situation est due au manque d’autorité de l’actuel maire de la commune urbaine, Mamadouba Bangoura.

Abdoulaye Bah, ancien président de la délégation spéciale de Kindia

« Kindia est caractérisé depuis quelques jours par des troubles dues à une sortie hasardeuse et plaisantin du soi-disant maire, monsieur Bangoura, qui s’est permis de fixer une amende de 500 milles francs et également 72 heures de prison qui frapperaient les citoyens qui ne porteraient pas de bavette. Kindia a estimé d’abord qu’il n’est pas un élu, il n’est pas leur maire parce qu’il n’est pas légitime. En plus, la décision n’était pas légale. Donc, le peuple souverain de Kindia ne pouvait pas se plier à une pareille décision de quelqu’un qui est couché à la maison.

C’est pourquoi la sortie hasardeuse de monsieur Bangoura n’est pas passée parce qu’en fait, il n’est pas considéré comme le maire de Kindia, et donc sa voix ne passe pas. Tout le monde sait qu’il n’a pas été élu. Il n’a pu décrocher que 1352 voix par rapport à l’UFDG qui a obtenu 22 143 voix. Donc, le problème avec cette maladie, c’est surtout au niveau de la sensibilisation. Parce que la sensibilisation, ça passe par les responsables locaux. D’abord le maire, les conseillers et l’administration communale. La mairie est la première administration politico-civile qui s’occupe de la vie de la population. Malheureusement, Kindia n’a pas une tête politique, et c’est pourquoi la sensibilisation pose problème », soutient-t-il.

L’opposant estime que cette situation est la conséquence directe du « refus » des autorités guinéennes de reconnaître la victoire de son camp aux élections législatives du 4 février 2018, à Kindia. « Le gouvernement est responsable de ce qui est arrivé. Damaro Camara, Bouréma Condé, Alpha Condé, Kassory Fofana et Taliby Sylla, sont responsables de la situation. Tant qu’en démocratie on ne laissera pas ceux qui sont élus exercer le pouvoir politique, c’est le statu quo, le blocage et la crise politique », souligne Abdoulaye Bah.

Pour lui, la solution aux problèmes que rencontre la ville de Kindia passe nécessairement par l’installation d’une autorité communale légitime. Et cette autorité, précise-t-il, n’est autre que lui, Abdoulaye Bah. « La solution à Kindia, c’est de remettre Abdoulaye Bah dans ses droits politiques. On a fait 26 mois à la mairie où nous avons montré que nous sommes des dignes fils de Kindia, que nous avons la volonté, l’énergie, la capacité et l’amour de la ville.

Ce qu’on a fait en 26 mois, ceux qui sont là depuis 2 ans n’ont pas pu le faire. J’ai trouvé 950 000 francs dans le compte de la mairie à la BCRG. Mais en 26 mois de gouvernance dans les difficultés que vous connaissez, parce qu’on voulait m’attraper et me mettre dans le cachot avec l’histoire de Débélé, nous avons laissé 37 millions dans les caisses en partant. La préfecture, le gouvernorat et le MATD, l’avaient constaté. C’est ça la gouvernance », rappelle l’ancien président de la délégation spéciale de Kindia.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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