A la faveur d’un point de presse, tenu dans les locaux de la société de brasserie de Guinée (SOBRAGUI), la coopération allemande (à travers la GIZ) et la SOBRAGUI ont annoncé hier, mardi 07 juillet 2020, qu’elles viennent de signer un « partenariat » pour faire face à la pandémie de COVID-19 qui sévit actuellement en Guinée. Ce partenariat s’articule autour d’un projet de développement dont le coût est estimé à environ 345 000 euros. Ce projet s’étale sur 2 ans et devra toucher plus de deux mille (2000) personnes, principalement dans la commune de Matam, a appris un reporter de Guineematin.com qui était à cette rencontre avec les hommes de médias.

Selon les informations, ce partenariat avec la SOBRAGUI a été initié au début de ce mois de juillet 2020 par le « programme santé de la reproduction et de la famille (PSRF) » de la coopération Guinéo-allemande, dans le cadre d’un projet de développement avec le secteur privé (PDP). Et, ce partenariat devrait se matérialiser par un projet qui cible les employés de la SOBRAGUI et leurs différentes familles, ainsi que les populations environnantes de la société de brasserie de Guinée. L’objectif consiste à équiper et bien préparer (à travers une formation) cette mosaïque de personnes afin que chacune d’entre elles puisse faire face efficacement à la pandémie de COVID-19 qui sévit en Guinée depuis le mars dernier.

Dans le cadre de ce projet, bien que durement touchée par les effets du coronavirus, la SOBRAGUI va apporter une contribution de 145 000 euros ; tandis que la coopération allemande, à travers la GIZ, va débourser 200 000 euros pour financer la réalisation des activités prévues. Mais, en plus de la manne financière, la SOBRAGUI se chargera de la production de désinfectant et de toutes les activités de communication sur le projet et sur la COVID-19 dans les communautés environnantes. Et, ce sont 6 300 litres de désinfectant qui seront produits (conformément aux normes de l’OMS sur l’alcool pour le lavage des mains) et distribués aux membres du personnel de la SOBRAGUI et leurs familles pendant la phase de ce projet.

Pour sa part, la GIZ s’occupera de toutes les activités de formation, d’achat et de distribution d’intrants et de kits de protection contre la COVID-19.

La finalité de ce projet est de protéger les employés de la SOBRAGUI et les travailleurs de santé dans les hôpitaux et centre de santé de Matam contre la contamination au coronavirus. Il est également prévu de former le personnel médical et non médical sur l’identification des symptômes, des modes de transmission et des méthodes de prévention ; accroitre les connaissances du groupe cible, en particulier la population des communautés entourant l’usine, sur la COVID-19 ; faire la promotion de ce type de partenariat en Guinée pour inciter d’autres entreprises à s’engager dans des partenariats publics-privés avec l’appui technique de la coopération allemande.

Guy Lecloux, Directeur Général de la SOBRAGUI

« La COVID-19 est une pandémie, tout le monde en a souffert. Et, évidemment, la SOBRAGUI en a souffert et en souffre toujours, surtout avec la fermeture des bars et de tous les lieux de détente. Depuis le début de cette pandémie, nous avons perdu 40% de volume par rapport à ce qu’on faisait au début de l’année. Mais, nous sommes assez fiers de dire que non seulement nous n’avons licencié personne, mais aussi nous n’avons fait de chômage technique à personne jusqu’à présent. Depuis le début, nous avons appliqué les mesures barrières. Et, c’est pour cela que pour le moment, nous n’avons pas de cas avéré de COVID-19 à la SOBRAGUI. Comme nous sommes une société citoyenne, donc on fait des efforts pour supporter les collectivités locales, nous avons mis à disposition de la commune de Matam et environs (Madina), de l’eau chlorée… Evidemment, tout ça à un coût. En plus des pertes que nous faisons en volume, nous avons à subir le coût de cette COVID-19. De mars à juin, nous avons déjà dépensé 500 millions de francs guinéens. Et, nous estimons entre un milliard et un milliard deux cent millions de francs à la fin de l’année. Donc, c’est pour ça que quand on a commencé à discuter avec la coopération allemande d’une possibilité, nous avons été très intéressés. D’abord, parce qu’il y a un soutien financier dans cette lutte ; et, puis, parce que nous avons remarqué que comme eux qu’il faut une sensibilisation des collectivités locales dans cette lutte. La GIZ a une expertise dans le domaine de la santé ; et, aussi, une expertise à la formation de la santé qui n’est pas notre domaine. Du coup, nous sommes très heureux de signer cette convention. Parce qu’il y a pour nous (SOBRAGUI) la formation aux gestes barrières de tout notre personnel ; mais, également, de toutes leurs familles. Ça veut dire que la GIZ va former à peu près 2000 personnes. Et, ces 2000 personnes vont percoler dans leurs communautés pour que ces gestes barrières deviennent un réflexe… La deuxième chose qu’il nous apporte, c’est la formation spécifique de notre personnel infirmier. Nous avons au sein de notre brasserie deux infirmeries. Après, il y a le support financier réel qui est en fait l’achat de matériaux de protection, l’achat des matières premières pour fabriquer notre gel hydro-alcoolique », a expliqué le Directeur Général de la SOBRAGUI, Guy Lecloux, dans son allocution de bienvenue à ce point de presse de ce mardi.

Seydouba Sacko, Maire de la commune de Matam

Prenant la parole, le maire de Matam, Seydouba Sacko a réaffirmé la « ferme volonté » du conseil communal de Matam à soutenir toutes les « bonnes initiatives » en faveur de l’extension de la SOBRAGUI. « La SOBRAGUI qui est aujourd’hui à une heureuse phase d’extension de ses initiatives, à travers le lancement officiel du partenariat entre elle et la GIZ, requiert favorablement l’attention de l’autorité communale de Matam. En tenant compte de leurs immenses efforts d’accompagnement du conseil communal de Matam dans l’exécution de son programme de développement, je confirme par ma modeste voix la ferme volonté de soutenir toutes les bonnes initiatives en faveur de l’extension de leur entreprise », a rassuré Seydouba Sacko.

Dr Bouna Yattassaye, Directeur Général Adjoint de l’ANSS

De son côté, Dr Bouna Yattassaye, le directeur général adjoint de l’ANSS (agence nationale de la sécurité sanitaire), a salué une « belle initiative » en cette période de pandémie de COVID-19. « Il faut la synergie des acteurs, tant privés que publics, pour pouvoir contrer la maladie. Prendre une ONG comme la GIZ, qui a une expertise avérée dans le domaine de la santé, pour intervenir auprès des travailleurs de la SOBRAGUI et des dépendants de ces travailleurs est une très bonne chose. Parce que cela permet de rompre la chaine de transmission au sein d’une partie de la population… Si 2000 personnes adoptent des comportements seins et se protègent correctement, ça veut dire qu’on a à peu près 2000 ménages qui sont protégés et qui pourraient protéger d’autres ménages. Donc, c’est une belle initiative à laquelle vous avez le soutien de l’ANSS. Nos portes restent ouvertes pour les conseils et orientations. Nous profitons aussi de cette occasion pour vous informer que l’Etat guinéen a mis à disposition de l’ANSS 100 mille tests antigène ; et, que nos portes restent ouvertes pour les entreprises et les sociétés de la place qui voudraient organiser des tests rapides pour leurs travailleurs », a indiqué Dr Bouna Yattassaye.

Aguibou Bérété, représentant du ministre de l’industrie

Pour sa part, Aguibou Bérété, le représentant du ministre de l’industrie et des PME à ce point de presse, a félicité la SOBRAGUI pour les efforts qu’elle a consentis depuis le début de la COVID-19 en Guinée. Par ailleurs, il a confié que le partenariat entre la SOBRAGUI et la GIZ contribuera à renforcer la stratégie prônée par l’ANSS. « Nous, en tant que ministère de l’industrie, c’est une heureuse occasion que nous encourageons et nous souhaitons que telles initiatives se développent à tous les niveaux. La COVID-19 a infligé de sérieuses peines à nos entreprises ; mais, je suis très heureux d’entendre qu’il n’y a aucun cas signalé à la SOBRAGUI et qu’il n’y a pas eu de mis à pied, de congé technique, de licenciement ou de refus de payement des salaires. Pour ça, il faut vraiment féliciter la SOBRAGUI… Le partenariat qui va être scellé entre la SOBRAGUI et la GIZ contribuera sans doute à renforcer la stratégie prônée par l’ANSS (élimination de la COVID-19 en 60 jours). Nous souhaitons une pleine réussite à ce partenariat », a dit Aguibou Bérété.

Son Excellence Ulich Meier-Tesch, Ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne en Guinée

Présent à ce point de presse, Son Excellence Ulich Meier-Tesch, l’ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne en Guinée, a laissé entendre que e partenariat entre la coopération allemande et la SOBRAGUI a été rendu possible grâce à un programme du ministère fédéral allemand de la coopération pour faciliter le financement de partenariat de développement avec le secteur privé. « Cette cérémonie de signature de partenariat entre la GIZ, en tant qu’élément clé de la coopération allemande, et la SOBRAGUI sort du cadre habituel des instruments de la coopération internationale et marque peut être une étape importante vers de nouvelles formes de soutien et de collaboration… Ce partenariat a été possible grâce à un programme du ministère fédéral allemand de la coopération pour faciliter le financement de partenariat de développement avec le secteur privé. Ceci rentre dans la philosophie de la coopération allemande qui dit que le développement d’un pays n’est guère possible sans une croissance durable de l’économie à travers ses acteurs. Mais, afin que ce développement soit équilibré et durable, les entreprises doivent assumer leurs responsabilités en vers la société, notamment en vers leurs employés et leur environnement social et commercial. Le partenariat dans lequel la SOBRAGUI s’engage aujourd’hui est un remarquable exemple sur comment une entreprise peut assumer sa responsabilité, surtout dans la situation actuelle de pandémie qui secoue notre planète. Cet engagement s’exprime aussi en chiffre. Puisque le coût total du projet est estimé à 3 750 000 000 de francs guinéens. Et, la SOBRAGUI financera un milliard et demi, soit environ 40%. Une participation exemplaire déjà en temps normal et encore plus vue la situation financière difficile actuelle pour les entreprises », a expliqué Ulich Meier-Tesch.

A noter que le ministère guinéen de la santé et l’ANSS sont membres des comités de pilotage et technique du présent projet. Ils sont notamment les références pour toutes les questions de santé dans la mise en œuvre dudit projet.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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