Bouya Kouyaté, président du parti UDIR et candidat à la présidentielle du 18 octobre 2020

Bouya Kouyaté, le président du parti UDIR (Union pour la Défense des Intérêts Républicains), est l’un des 12 candidats en lice pour la présidentielle du 18 octobre prochain. Il s’engage pour la première fois dans la course pour la conquête du fauteuil présidentiel. Une tâche tout à fait ardue pour ce chef d’entreprise et nouvel homme politique, qui reconnaît lui-même que ses chances de remporter cette bataille sont très minces. Il précise d’ailleurs que son objectif n’est pas d’être président de la République à l’immédiat, mais plutôt de mettre en place des bases solides permettant de conquérir le pouvoir dans les années à venir. Monsieur Kouyaté l’a dit au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce vendredi, 11 septembre 2020.

Décryptage !

Guineematin.com : vous participez pour la première fois à une élection présidentielle. Qu’est-ce qui a motivé votre entrée en politique ?

Bouya Konaté : je ne dirais même pas mon entrée en politique, mais l’arrivée de toute une génération en politique. C’est un don de soi qu’UDIR est en train de faire pour toute une génération. Vous savez, à un moment, moi j’ai servi dans l’administration publique, dans l’ombre, en tant que conseiller, en tant que membre du comité d’audit, en tant qu’ambassadeur itinérant. J’ai remarqué certaines subtilités que je ne pouvais accepter. Nous avons une nation, un grand pays, un pays qui, à date, devait être un pays émergent. Nos devanciers de la période de l’indépendance : le camarade Ahmed Sékou Touré, Barry Diawadou, Telly Diallo…, ont fait leur partition. Ils ont donné l’indépendance à la Guinée et ils ont donné un élan à la Guinée sur la scène internationale.

Cette deuxième vague de politiques qui est venue était censée nous donner l’indépendance économique, mais ils n’ont pas su le faire. Aujourd’hui, le tissu social est écorché, l’émergence économique n’y est pas. Nous nous sommes dit pourquoi ne pas amorcer un renouvellement de la classe politique afin que nous autres qui sommes allés brasser une autre culture, qui avons vécu ailleurs, qu’on puisse amener ces réalités, savoir que le droit de l’homme est si important. Et pour qu’un Etat soit viable, il faut vraiment qu’on soit dans l’émergence économique. C’est cela qui nous a poussé à aller en politique. Le renouvellement de la classe politique, parce que la classe politique actuelle est vieillissante.

Guineematin.com : en face, vous avez 11 autres candidats, dont le président sortant et son principal opposant. Quelles sont vos chances de remporter cette élection présidentielle surtout que vous êtes nouveau sur l’échiquier politique guinéen ?

Bouya Konaté : peut-être qu’on vient de voir UDIR sur la scène politique et la tête de Bouya Kouyaté en tant que nouveau dans ce secteur. Mais, nous sommes des jeunes gens qui ont longuement travaillé dans l’ombre, qui ont longuement fait leurs preuves dans le secteur privé. Moi personnellement, j’ai 14 ans de vie professionnelle dans le secteur privé. J’ai plusieurs sociétés qui fonctionnent ici, j’emploie plus d’une centaine de personnes. Le vice-président la même chose, le secrétaire général du parti a une dizaine d’années de carrière professionnelle. Maintenant, voilà ce qui se passe. Nous, nous refusons de faire une communication sans valeur ajoutée.

Comme je vous l’ai tantôt dit, nous nous engageons sur la scène politique avec une vision. Cette vision, elle a commencé avec un mouvement qu’on a appelé la rupture. La rupture, on est allé en contact avec les citoyens à la base, pour discuter, savoir les amertumes, les aider, venir à leur service. Après cette base, nous nous sommes lancés seulement en février passé (2020) sur l’échiquier politique. Notre premier objectif, c’était les élections législatives. Après les élections législatives, dans notre plan de développement du parti, nous avons cette élection présidentielle. Après cette élection présidentielle, nous avons l’implantation continuelle du parti pour la vision 2023, les élections communautaires.

Après les élections communautaires, nous continuerons à implanter le parti pour les élections législatives de 2025, puis la présidentielle de 2026, pour que le parti UDIR soit parmi les 3 premiers. Vous savez, nous avons un canevas que nous avons déployé pour que nous soyons au sommet de l’Etat. A date, nous ne venons pas sur l’échiquier politique pour être président. Certes, nous nous battons pour cela, mais ce n’est pas ça l’objectif. L’objectif, c’est de montrer à notre génération que nous pouvons amorcer le changement, nous pouvons nous imposer sur la scène politique, sans être le larbin de qui que ce soit. Nous, nous sommes indépendants, nous n’avons pas de mentors économiques sur le terrain. En tant que jeunes, nous nous prenons en charge, nous prenons notre parti en charge.

Guineematin.com : qu’est-ce que vous comptez concrètement vendre aux Guinéens afin d’obtenir leurs suffrages ?

Bouya Konaté : vous savez, à date, c’est l’espoir déjà que nous vendons aux guinéens. Nous voulons donner de l’espoir aux guinéens. Ma candidature est en train de susciter beaucoup d’espoir, beaucoup d’engouement. Pourquoi ? Voir un jeune de 40 ans, s’engager en politique sans qu’il ne soit motivé par quoique ce soit, que juste le combat pour le peuple de Guinée, c’était très rare. Ou que ce jeune soit instrumentalisé par le pouvoir en place, non. Nous nous sommes engagés pour être avec le peuple, travaillé avec le peuple. Mais, en plus de cela, nous avons un projet de société très cousu qui est déployé dans plusieurs pans. Nous avons le secteur de l’éducation. Nous comptons faire une éducation obligatoire pour les enfants de 6 à 16 ans, en rajoutant les cantines scolaires, en créant l’école de la jeune fille dans les 4 régions naturelles.

Après, nous comptons créer un système de formateur des formateurs, une obligation en Guinée. Nous comptons faire en sorte que le salaire des enseignants soit plus rehaussé que certains cadres dans les bureaux. Cela, pour permettre à ce secteur-là que les meilleurs s’y intéressent. En plus de cela, il y aura des primes d’éloignement. Ceux qui iront dans des bourgades, dans des petites villes, ils auront un salaire conséquent. Leur logement sera pris en charge, leurs enfants seront pris en charge. C’est pour permettre que des compétents soient à ce niveau pour former nos enfants très bien. C’est cela l’objectif de l’UDIR.

Aujourd’hui, si vous regardez dans le secteur de la santé, certes, nous avons des médecins très compétents ; mais, ils manquent de matériels. Nous allons aussi former ces médecins-là. Nous allons leur permettre de s’habituer à la nouvelle technologie dans le domaine de la santé. Nous leurs enverrons se former, venir appliquer cela. Ça va déjà permettre au peuple de Guinée d’être en bonne santé pour pouvoir bien travaillé et évité d’énormes évacuations qui pèsent énormément sur l’économie de la Guinée.

En plus de cela, notre engagement le jour où on sera au pouvoir, nous nous engageons de faire 3 CHU dans les 3 prochaines années, dans les 4 régions naturelles dont le choix sera fait sur le travail qu’on est en train de faire sur le terrain. Après, nous avons les infrastructures ferroviaires et les infrastructures routières qui permettront à nos agriculteurs de pouvoir acheminer leurs récoltes à bon point sans avoir beaucoup d’amertume. Nous travaillons dans ce sens. Nous sommes en train de faire un travail de fourmi, un travail de longue haleine.

Guineematin.com : en cas de second tour, comptez-vous soutenir l’un des candidats ?

Bouya Konaté : peut-être que UDIR sera au deuxième tour. Pour cela, je négocierai avec certains pour qu’ils s’alignent à ma cause, à la cause du renouvellement de la classe politique, à la cause du renouveau pour qu’on donne du nouveau sang au peuple de Guinée. Nous, l’idée de dire qu’on ne fait pas l’ancien avec du nouveau, non. On peut refaire l’ancien avec du nouveau. Parce que si vous avez une locomotive jeune, même si les wagons sont fatigués, ils iront. C’est que nous serons une locomotive jeune, les anciens peuvent compter sur nous, parce qu’ils seront les conseillers pour nous autres.

Guineematin.com : au cas où il y aurait un second tour sans vous, qu’allez-vous faire ?

Bouya Konaté : la politique, elle est faite pour ça. Si nous avons décidé d’aller à cette élection présidentielle, c’est que nous allons aller jusqu’au bout de cette échéance-là. Si maintenant UDIR ne parvient pas à aller au deuxième tour, nous allons consulter notre base. Les deux premiers qui seront au second tour, la décision se prendra à la base pour la direction que nous allons suivre.

Interview réalisée par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com
Tél. : (00224) 621 09 08 18

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