Roger Bamba

La mort en détention « préventive » de Roger Bamba dérange et indigne au-delà de nos frontières a constaté Guineematin. Elle a plongé la Toile guinéenne dans l’émoi, suscitant un profond sentiment de colère et de dégout. C’est maintenant autour des chancelleries occidentales de s’émouvoir et de demander des comptes au gouvernement guinéen et en premier lieu au président Alpha Condé dont le régime est résolument embarqué dans une aventure de répression aveugle de toute forme de contestation, même pacifique.

Ainsi, le 17 décembre les États-Unis ont « déploré » la mort de Roger Bamba, militant et jeune cadre de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) admis mourant à l’hôpital Ignace Deen de Conakry. Les Américains ont « exhorté » le gouvernement guinéen à respecter l’état des droits et les droits de l’homme et en particulier ceux des centaines de personnes incarcérées sans procès.

L’Union Européenne a remis une couche ce vendredi 18 décembre à travers une déclaration de la porte-parole de la diplomatie européenne, Nabila Massrali. L’UE demande au gouvernement d’Alpha Condé de « diligenter une enquête indépendante pour élucider les causes » du décès de Roger Bamba. L’institution rappelle que « c’est le troisième décès d’opposants politiques détenus en Guinée après ceux d’Ibrahima Sow et de Mamadou Lamarana Diallo intervenus ces deux derniers mois ».

Derrière le langage diplomatique de ces déclarations, on décèle facilement l’agacement de ces partenaires de la Guinée qui ne cessent de rappeler les autorités à l’ordre sur les violations graves des droits de l’homme. Les organisations de défense des droits de l’homme comme l’OGDH, la FIDH, Human Rights Watch ou encore Amnesty International ont produit quantité d’alertes, de rapports et de déclarations sur les mêmes faits. En vain. Le gouvernement guinéen continue à faire la sourde oreille et poursuit sa ligne dure de répression alors qu’Alpha Condé tient en main ce qu’il voulait : son troisième mandat hélas macabre.

Rappelons que Roger Bamba a été arrêté le 10 septembre pour des motifs non encore précisés et jeté en prison sans être jugé. Il est mort dans des conditions tout aussi floues le 17 décembre. Le ministère de la Justice s’est contenté de dire que la famille du défunt peut demander une autopsie ! Rien que ça.

Comme Roger, près de 400 détenus politiques sont derrière les barreaux en Guinée en attendant un éventuel procès. Parmi eux, au moins plusieurs hauts cadre de l’UFDG et des alliés : Ousmane Gaoual Diallo, Abdoulaye Bah, Cherif Bah, Cellou Baldé, Etienne Soropogui. Beaucoup d’entre eux à la santé fragile seraient dans un mauvais état. La liste risque de s’allonger si rien n’est fait rapidement.

Saliou Bah

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