Roger Bamba, responsable du CNJ de l’UFDG, arrêté en septembre dernier à l’Assemblée nationale, décédé dans la nuit d’hier à ce jeudi 17 décembre 2020, peu après son admission à l’hôpital national Ignace Deen

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches, après Thierno Ibrahima Sow et Mamadou Lamarana Diallo, Roger Bamba est lui aussi décédé en détention provisoire dans la nuit d’hier, mercredi 16 décembre 2020, quelques petites heures seulement après son admission à l’hôpital national Ignace Deen. Ce responsable du Comité National des Jeunes (CNJ) de l’UFDG- le parti de Cellou Dalein Diallo- a été arrêté le 06 septembre dernier à l’Assemblée nationale (son lieu de travail) et mis en détention provisoire à la maison centrale de Conakry. On apprend qu’on lui reprocherait des échanges privés qu’il aurait eu avec ses adversaires politiques via les réseaux sociaux.

Ainsi, il perd ce qu’il avait de plus cher (la vie) aussi banalement sans JAMAIS avoir eu l’occasion d’être jugé et donc l’opportunité de se défendre des accusations pour lesquelles il a été arraché à jamais sa famille.

Pourquoi attendre que les détenus soient mourants pour les conduire à l’hôpital ?

Selon certaines confidences faites à un journaliste de Guineematin.com, Roger Bamba est tombé malade depuis plus d’une semaine. Mais, les autorités judiciaires lui ont refusé les soins appropriés qui auraient pu lui sauver la vie, malgré les multiples sollicitations. Et, hier, mercredi, la maladie a pris le dessus, il ne pouvait plus tenir ; constipé qu’il était, il se tordait de douleurs.

Malheureusement, après l’injection reçue du médecin de la maison centrale, sa maladie a semblé s’aggraver, notamment le ballonnement de son ventre. Le médecin a alors appelé le directeur du service pénitentiaire pour solliciter le transfert d’urgence du malade à l’hôpital Ignace Deen. Malheureusement, le directeur n’a accepté de donner son accord qu’à 18 heures. Il a alors été demandé aux détenus proches de la victime, notamment aux responsables de l’UFDG en détention, de chercher un peu plus de Huit-cent-quatre-vingts-mille (880 000 GNF) pour les frais de déplacement entre la maison centrale et l’hôpital Ignace. Ce qui fut fait ! Ousmane Gaoual Diallo et Cie auraient donné Neuf cent mille francs guinéens pour cette évacuation d’urgence. Malheureusement, c’était déjà trop tard pour Roger qui était mourant et qui a rendu son dernier souffle peu après son arrivée à l’hôpital…

Des opposants malades croupissent encore en prison sans jugement

Aujourd’hui, on apprend que plusieurs autres opposants sont malades. Mais, ils n’ont toujours pas l’autorisation de recevoir des soins appropriés, puisque gardés en prison. C’est le cas par exemple du vice-président de l’UFDG, Elhadj Ibrahima Chérif Bah, ancien gouverneur de la Banque centrale (BCRG), du président du mouvement Nos Valeurs Communes, Etienne Soropogui… Ils sont avec Ousmane Gaoual Diallo, Abdoulaye Bah (ancien maire de Kindia), Cellou Baldé (ancien député de Labé), Elhadj Abdoulaye Baldé (imam à Wanindra) et plus de trois cent autres guinéens qui sont arrêtés et détenus sans jugement pour leur proximité supposée ou réelle avec Cellou Dalein Diallo.

Des conditions de détention exécrables à la Maison centrale

Selon des témoignages faits à Guineematin.com, les mauvaises conditions de détention des citoyens à la maison centrale sont très difficiles. Certaines personnes sont entassées dans des endroits exigus. On peut trouver par exemple plus de dix détenus dans des cellules de moins de 9 mètres carrés. Malheureusement, des personnes innocentes, arrêtées et détenues sans jugements sont jetées dans des endroits de ce genre sans aucune assistance avec des conditions alimentaires et sanitaires qui laissent à désirer.

Malheureusement, plus de trois cent guinéens arrêtés pour des raisons politiques n’ont pas accès à un juge et ne savent même pas devant quel tribunal ils seront jugés, alors qu’ils croupissent en prison depuis plus d’un mois.

Aujourd’hui, de nombreux citoyens questionnent la responsabilité du procureur de Dixinn (qui arrête les citoyens et les envoie en prison), le directeur des services pénitentiaires et le ministre de la justice face aux multiples dégâts humains que leurs décisions entraînent. Qui devrait réellement répondre ? Doit-on continuer à fermer les yeux sur ces crimes ? Comment réussira-t-on à convaincre les Guinéens de faire confiance à la justice quand elle peut décider de laisser mourir des compatriotes détenus sans jugement et dont on ignore ainsi de la culpabilité ou non ? Jusqu’à quand le régime veut-il détenir ces compatriotes pour les présenter à un juge ? Que dire aux familles de Thierno Ibrahima Sow, Mamadou Lamarana Diallo et Roger Bamba, qui sont décédés après avoir été emprisonnés à la maison centrale de Conakry ? Des questions et tant d’autres attendent les réponses de nos gouvernants.

A suivre !

Nouhou Baldé pour Guineematin.com

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