Dansa Kourouma, président du conseil national des organisations de la société civile

Alpha Condé a commencé à dévoiler les noms de l’équipe gouvernementale de son troisième mandat. Mais, la plupart des anciens ministres ont été reconduits. Pour Dr Dansa Kourouma, le débat ne doit pas trop se poser sur le choix des personnes qui doivent composer ce gouvernement, à partir du moment où le Premier ministre a lui-même été reconduit.

Cependant, le président du Conseil National des Organisations de la Société Civile (CNOCS-G) fonde l’espoir que cette équipe gouvernementale saura prendre en compte les besoins urgents des citoyens ; à savoir, le développement harmonieux du pays, la lutte contre la corruption, la lutte contre le chômage, la résolution de la question liée au dialogue sociale et politique, entre autres. Il l’a dit lors d’un entretien téléphonique qu’il a eu avec un journaliste de Guineelatin.com ce mercredi, 20 janvier 2021.

« On ne peut pas reconduire le Premier ministre et s’attendre à ce qu’il y ait un changement profond dans la composition du gouvernement. Le Premier ministre a travaillé avec une équipe, il a été reconduit ; et, cette équipe est en train d’être reconduit avec lui. Alors, il faut s’attendre à un changement dans les mentalités, mais aussi dans la conscience de ceux qui vont être promus à ces fonctions ministérielles. Mais, je pense que la composition du gouvernement, on ne peut pas s’attendre à un grand changement parce que le président Alpha Condé a opté pour la continuité », pense Dr Dansa Kourouma.

Pour le président du CNOCS-G, outre les personnes qui vont constituer l’équipe gouvernementale, l’accent doit être mis sur les priorités du moment, notamment la lutte contre le chômage, la lutte contre la corruption, la gestion rationnelle et efficace des ressources… « J’attends que l’équipe soit au complet puisqu’on pourra avoir des surprises aujourd’hui. Qu’il y ait de nouvelles personnes ou des anciennes, pour nous, les défis sont les mêmes, les problèmes de la Guinée sont là. Il faut régler la question du dialogue social et politique, en renouant avec l’apaisement politique, régler la question des responsables et militants qui sont en détention, discuter avec les partenaires sociaux pour régler la question des travailleurs. Parce que depuis un certain temps, aucune grève n’est menée dans les règles de l’art, il n’y a pas de négociation ; et, par conséquent, les travailleurs vivent au rythme de la volonté de l’exécutif. Donc, les lois sociales ne sont pas respectées. Je pense que le deuxième niveau de priorité, c’est la lutte contre la corruption. Il s’agit de changer les règles et la pratique dans la gouvernance. Celles-ci exigent du Premier ministre et du gouvernement plus d’intégrité, plus de transparence et plus de redevabilité dans la gestion. Donc, la lutte contre la corruption est la pièce essentielle de ce dispositif. Est-ce que monsieur Kassory Fofana et son équipe seront en mesure de réduire la corruption ? On les attend aux résultats », indique-t-il.

Enfin, le président du CNOCS suggère qu’un organe supra gouvernemental soit mis en place pour enquêter sur la gestion des gouvernants ? Selon lui, c’est seulement en procédant ainsi que la lutte contre les détournements des deniers publics pourra être une réalité. « Je crois que la corruption, c’est vrai la volonté politique peut être exercée par le gouvernement ; mais, il faut que les organes habilités dans la lutte contre la corruption bénéficient des moyens, des ressources et les capacités institutionnelles requises pour pouvoir mener leur travail dans l’impartialité, l’objectivité et l’efficacité. Le gouvernement peut faire de la corruption ; mais, qui doit le contrôler ? Il faut qu’il y ait une agence ou un organe supra gouvernemental qui puisse faire ce rôle dont l’indépendance peut être attestée par la Loi ou par les mécanismes qui vont être mis en place. Donc, le dernier élément, c’est le développement économique durable. Je pense qu’il est important que l’ANIES, qui est devenue un fonds de solidarité pour les plus vulnérables ; mais, il ne faut pas habituer la population à cette oisiveté. Pour moi, il faut booster la production ; et, il faut aider les collectivités locales à bénéficier des ressources nécessaires pour le développement local. Il faut également créer de l’espoir chez les jeunes en facilitant l’accès aux crédits, booster l’entreprenariat des jeunes, et créer de la croissance pour créer plus d’emplois pour les jeunes. Je pense que ces petites choses suffisent pour remettre la Guinée sur la trajectoire et donner de l’espoir à la population », a indiqué Dr Kourouma.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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