Doyen Amadou Diouldé Diallo, journaliste et historien

L’arrestation et la détention du célèbre journaliste et historien, Amadou Diouldé Diallo, suscite une vague d’indignation dans le milieu médiatique guinéen et à l’étranger. Joint au téléphone dans la matinée de ce mardi, 2 mars 2021, le président de l’AGEPI (Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante), Alpha Abdoulaye Diallo, s’est dit surpris du recul que la Guinée est en train de prendre dans la promotion de la liberté de la presse, rapporte Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La mise sous contrôle judiciaire de Lansana Camara, la condamnation à des peines de prison des journalistes de la radio Nostalgie Fm, la condamnation du journaliste Sportif Ibrahima Sadio Bah et l’arrestation du doyen Amadou Diouldé Diallo, constituent des graves atteintes à liberté de la presse en Guinée, une totale violation de la Loi L002 qui dépénalise les délits de presse dans notre pays. Et, ce matin, le président de l’AGEPI a interpelé le chef de l’Etat sur ces dérives.

Alpha Abdoulaye Diallo, président de l’AGEPI

« D’abord, nous sommes très surpris que cette arrestation, suivie de détention du doyen se passe actuellement dans notre pays parce que depuis l’avènement d’Alpha Condé au pouvoir, la Guinée avait eu la chance de n’avoir jamais placé en détention un journaliste. Nous nous réjouissions de cela ; sauf que ces derniers temps, depuis le placement sous contrôle judiciaire de Lansana Camara, jusqu’à la condamnation des journalistes de la radio Nostalgie à des peines de prison, et puis tout récemment, la condamnation d’Ibrahima Sadio Bah, nous disons que nous allons de dérives en dérives.

Le doyen Amadou Diouldé Diallo est une icône de la presse africaine, pas seulement de la presse guinéenne. Si vous avez bonne souvenance, il est le président de la Section guinéenne de l’Association Internationale des journalistes Sportifs (AIPS). Et, si vous avez constaté, il y a une avalanche de condamnations suite à son arrestation et de son placement en détention. Il y a eu notamment Reporters Sans Frontières, AIPS, l’Union des journalistes de la presse libre africaine et tant d’autres organisations internationales qui se sont indignées. Donc, nous appelons les représentants de l’Etat guinéen à considérer la liberté de la presse tout en mettant à la disposition des associations de presse monsieur Amadou Diouldé Diallo parce que nous estimons que la place du journaliste n’est pas en prison. La place du journaliste est dans les salles de rédaction, devant les micros, devant les caméras et sur le terrain ; mais, pas en prison. Donc, nous appelons personnellement le Président de la République à reconsidérer sa position et à continuer à faire en sorte que le pays puisse gagner en points lors du classement annuel de reporters sans frontières et non à contribuer au recul du pays », a dit Alpha Abdoulaye Diallo.

Pour obtenir la libération du doyen, le président de l’AGEPI appelle à l’unité d’action de toutes les associations et organisations de presse en Guinée et à travers le monde. « Nous appelons à l’union et le moment venu, l’AGEPI fera connaître sa position. Mais, déjà, cette déclaration que je viens de formuler avec vous, fait partie des actions de l’AGEPI parce ce que comme vous le savez, dans ce pays, l’AGEPI a été l’association qui a accompagné le processus démocratique en Guinée et qui a toujours contribué à la promotion des acquis de la liberté de la presse. Donc, l’AGEPI sera toujours dans la combat pour la liberté de la presse en Guinée », rassure Alpha Abdoulaye Diallo.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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