La préfecture de Gaoual, en manque presque de tout, est confrontée au vol du bétail et aux récentes attaques des boeufs. Et, c’est malheureusement une justice de paix qui continue d’exister dans cette préfecture ; alors que le Gouvernement avait décidé d’ériger des Tribunaux de première instance (TPI) dans toutes les préfectures de la Guinée. A Gaoual, la justice de paix n’a que deux juges, assistés d’un personnel très réduit. Ce, malgré l’énormité des problèmes sur le terrain, notamment le vol de bétail et les attaques enregistrées ces derniers temps sur les bœufs.

Interrogé récemment par un reporter de Guineematin.com, le juge, Sidiki Kourouma, a expliqué que la préfecture de Gaoual est confrontée de façon récurrente à des affaires civiles (conflits domaniaux et la succession), pénales et criminelles comme le vol de bétail, les coups et blessures.

Sidiki Kourouma, juge de paix de Gaoual

Par contre, très peu de cas de viol sont enregistrés à Gaoual, a indiqué le juge de paix. « Avec la sensibilisation et l’implication des différents acteurs, ce phénomène est en baisse. A date, nous n’avons pas eu plus de trois dossiers de viol. C’est la même chose pour le cas des mariages forcés. Nous avons demandé partout et surtout auprès des sages et des responsables de la ligue islamique, de veillez à ce que les mariés présentent avant des documents attestant avoir l’âge requis pour le mariage avant toute célébration. L’information est largement partagée dans les mosquées puisque l’essentiel de la population ici sont de confession musulmane », a révélé le juge Sidiki Kourouma.

Reconnu pour le nombre important de son cheptel, la préfecture de Gaoual reste confrontée au vol et à l’agression du bétail. Mais le magistrat soutient que la loi est rigoureusement appliquée contre les voleurs de bétail et les agresseurs.

« Moi quand je suis saisi d’un problème de vol de bétail, si les faits sont établis, j’applique la loi dans toute sa rigueur. C’est pourquoi d’ailleurs, le vol de bétail a sensiblement diminué à Gaoual dans l’ensemble. Que ce soit à Kounsitel,  Wendou M’Bour, Touba, Malanta, Kakoni, Koumbia ou Foulamory. Nous ne faisons pas de cadeau aux voleurs de bétail puisque le législateur n’en n’a pas fait cadeau aux voleurs et il nous autorise de condamner l’auteur de vol de bétail jusqu’à dix ans de prison ferme », a dit le magistrat.

Soutenant être bien traité par l’Etat, le magistrat jure sur le palpitant que la corruption ne passe pas avec lui.

« L’Etat à l’heure actuelle, nous a accordés des salaires qui nous mettent au-dessus de ces pratiques-là. Je fais partie des gens qui sont les mieux payés. L’Etat nous a mis dans les conditions d’éviter la corruption à partir des salaires qu’on nous a accordés. Même si les gens nous proposent quelque chose on la rejette. Puisqu’on a nos salaires qui nous suffisent… », a indiqué le juge Sidiki Kourouma.

Selon ce juge de paix, la prison civile de Gaoual, qui n’a pas de cour et est construite depuis le temps colonial, contient 42 pensionnaires dont 12 venus de Koundoura, suite à la destruction de la maison d’arrêt de cette préfecture. Et les 30 autres qui sont tous de Gaoual comprennent 20 condamnés et 10 prévenus qui attendent d’être fixés sur leur sort.

Pour ce magistrat, malgré cet effectif, l’évasion n’est pas récurrente mais le besoin de construire une cour s’impose tout comme la mise en place d’ateliers de rééducation, pour offrir une seconde chance aux pensionnaires à leur sortie.

« Nous sommes sûrs que le ministre qui a été confirmé à la tête de notre département, va nous aider à solutionner les quelques problèmes auxquels la justice de paix de Gaoual est confrontée. Que ce soit le palais de justice, le personnel, l’érection de la justice de paix en TPI et la clôture de la maison d’arrêt. Nous nous félicitons pour sa reconduction à la tête du département et nous savons qu’il a la volonté, l’expertise et l’expérience nécessaire de solutionner les différents problèmes que nous venons d’énumérer ici », a conclu Sidiki Kourouma.

De retour de Gaoual, Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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