Les dossiers d’abus de confiance et de recel inondent les tribunaux de notre pays. C’est dans ce cadre que Mamoudou Dioubaté et Thierno Ibrahima Camara sont jugés respectivement pour abus de confiance et recel portant sur un véhicule de marque Hummer H3. Le premier étant en fuite, c’est Thierno Ibrahima Camara qui a comparu le mercredi, 22 janvier 2020, devant le tribunal correctionnel de Dixinn.

Kerfala Camara, qui a donné le véhicule à Mohamed Dioubaté, réclame 230 millions de francs guinéens à titre principal alors que le parquet requiert la relaxe pour délit non constitué, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Appelé à la barre, Thierno Ibrahima Camara a expliqué comment il s’est retrouvé dans cette situation. Il a fait savoir qu’il a acheté ce véhicule à hauteur de 75 millions de francs guinéens des mains de

Mamoudou Dioubaté. Le prévenu ajoute qu’il ne savait pas que le vendeur n’avait pas mandat de revendre le véhicule. « J’ai acheté le véhicule à 75 millions de francs guinéens dans les mains de Mamoudou Dioubaté. Il m’a dit que c’est un certain Georges qui lui a dit de revendre le véhicule. C’est ainsi que je l’ai acheté. Un jour, Kerfala Camara et Mamoudou Dioubaté sont venus chez moi réclamer le véhicule. Kerfala Camara me dit qu’il est le tuteur de Mamoudou Dioubaté et de Georges. J’ai refusé et il a porté plainte contre moi pour recel. Et depuis ce jour, je n’ai plus revu Mamoudou Dioubaté qui m’a revendu le véhicule » a expliqué le prévenu.

A son tour, Kerfala Camara, le plaignant dans cette affaire, est venu à la barre pour donner sa version des faits. « C’est moi qui ai remis le véhicule à Mamoudou Dioubaté, à charge pour lui de l’envoyer en Cote d’Ivoire. Cela a coïncidé à mon voyage en France. A mon retour, j’ai trouvé qu’il n’a pas envoyé le véhicule en Côte d’Ivoire. Il m’a dit qu’il l’a revendu à Thierno Ibrahima Camara. Finalement, il a pris la fuite. Georges est mon associé. Donc, je réclame le véhicule » a-t-il lancé.

Dans la même lancée, maître Mohamed Bhoundou Sylla, l’avocat du plaignant, a apporté beaucoup plus de détails sur le dossier avant de réclamer 230 millions de francs guinéens à titre principal, et 50 millions de francs guinéens de dommages et intérêts. « Le propriétaire de ce véhicule, monsieur Georges, est un opérateur culturel ivoirien, qui vient souvent en Guinée. Il a acheté ce véhicule Hummer H3 aux États-Unis à 200 mille dollars américains. Il est venu en Guinée avec ce véhicule. Comme il a voulu ramener le véhicule en Cote d’Ivoire par voie terrestre, il l’a laissé avec Kerfala Camara. Ce dernier a remis le véhicule Mamoudou Dioubaté, à charge de le convoyer en Cote d’Ivoire. C’est ainsi, qu’au lieu d’envoyer le véhicule, il l’a revendu à Thierno Ibrahima Camara à 75 millions de francs guinéens », a expliqué maître Sylla.

Cependant, ajoute-t-il, ce véhicule n’était pas destiné à la vente. « Mamoudou Dioubaté a revendu le véhicule à vil prix et il a utilisé le véhicule pendant plusieurs années au préjudice du propriétaire. Georges a acheté le véhicule sans matricule. Il l’a immatriculée RC 9591 O. Mais, pour camoufler le véhicule lorsque Mamoudou Dioubaté l’a revendu, le véhicule a été immatriculé RC 1034 AH. Donc, il y a eu abus de confiance et recel dans cette affaire. C’est pourquoi, nous sollicitons le payement de 230 millions de francs guinéens à titre principal et 50 millions de francs guinéens de dommage et intérêts » a sollicité l’avocat.

De son côté, le procureur Daye Mara, a laissé entendre que dans cette affaire, le délit d’abus de confiance tient debout. Mais, précise-t-il, le délit de recel n’est pas établis. « Ce n’est pas parce qu’il a acheté le véhicule à bas prix qu’on peut dire qu’il était au courant que le véhicule provenait d’une source frauduleuse. Celui qui a abusé la confiance de monsieur Kerfala Camara est déjà en fuite. Le fait d’acheter cette voiture à 75 millions de francs guinéens, même si ce montant ne représente pas sa valeur, cela ne signifie pas qu’il y a eu recel. Seulement, il n’a pas été prudent au moment de la transaction commerciale pour voir s’il est le véritable propriétaire. Donc, cette imprudence n’engage pas sa responsabilité pénale. A notre niveau le recel ne tient pas ici. C’est pourquoi, le ministère public requiert de retenir Mamoudou Dioubaté dans les liens de culpabilité d’abus de confiance. Pour la répression, vous le condamnerez à 5 ans de prison tout en décernant contre lui un mandat d’arrêt à l’audience ».

En ce qui concerne Thierno Ibrahima Camara, le procureur va demander sa libération pour délit non constitué. « Et vous apprécierez les intérêts de la partie civile », a requis Daye Mara.

Abordant dans le même sens, maître Facinet Soumah, l’avocat de Thierno Ibrahima Camara, va solliciter la relaxe pure et simple de son client « pour délit de recel non constitué. Et de débouter la partie civile de toutes ses prétentions », a plaidé l’avocat.

Le dossier a été mis en délibéré pour décision être rendue le 5 Février 2020.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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