Aussi paradoxal que cela soit, la pandémie du coronavirus a bien des avantages pour certains. C’est le cas notamment de certaines cliniques privées de Conakry, qui ont vu leur clientèle augmenter depuis le début de la maladie en Guinée. Par peur, beaucoup de citoyens préfèrent se diriger vers ses structures privées plutôt que d’aller dans les hôpitaux publics, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La Guinée, qui a enregistré 212 cas positifs de COVID-19 sur son sol, selon les chiffres officiels, n’est pas en marge de la crise mondiale due à la pandémie du coronavirus. La plupart des secteurs d’activités sont durement impactés par cette épidémie dans le pays. Cependant, il y en a qui tirent profit de cette situation difficile. C’est le cas de certaines cliniques privées de Conakry, de plus en plus sollicitées par les citoyens.

« Aujourd’hui, avec cette nouvelle pandémie de coronavirus, les gens qui tombent malades dans les quartiers n’acceptent pas d’aller vers les grands hôpitaux par peur d’être placés en quarantaine, ils préfèrent se diriger vers nous pour des consultations. Il y en a qui n’acceptent même pas de venir dans les cliniques, ils préfèrent nous appeler pour des consultations à domicile. Ce qui fait que par jour, on peut avoir une vingtaine de patients sans compter ceux qu’on va voir à leurs domiciles », a expliqué Dr Souleymane Camara, en service à la clinique Sanassa de Matoto.

Une aubaine pour ces structures sanitaires, mais qui comporte également beaucoup de risques. Car, les médecins qui y travaillent sont très exposés à la maladie. D’où la prise d’un certain nombre de précautions, selon Dr Souleymane Camara. « Tous les patients que je reçois ou que je consulte à domicile, sont strictement soumis à des vérifications préalables. D’abord, le lavage de mains et puis la prise de température.

Tout patient qui dépasse les 38 degrés ou qui présente des symptômes du Covid-19, on le réfère directement au CHU de Donka. Nous ne prenons pas de risques en prenant en charge les patients présentant des symptômes. Dès que je doute d’un malade, je ne le prends pas en charge. Quand je reçois aussi des patients, je demande toujours leur provenance », a laissé entendre ce médecin généraliste.

A noter toutefois, que cette situation n’est pas générale. Il y a d’autres cliniques privées qui se plaignent de la rareté des clients en cette période de crise sanitaire. C’est le cas du dispensaire KKT ROYAL situé à Sangoyah, dans la commune de Matoto. Dr Taïbou Touré, en service dans ce centre hospitalier, indique que les patients se font rares actuellement.

« Actuellement, nous constatons une rareté de clients. Il n’y a pas d’affluence comme d’habitude. Les gens ont peur de venir à l’hôpital sous prétexte qu’ils doutent qu’on ne leur dise qu’ils ont contracté le virus. Il y a même une femme que j’ai reçue ce matin, qui souffrait depuis longtemps, mais qui refusait de venir se faire consulter. Certains patients peuvent avoir des problèmes juste parce qu’ils hésitent de venir faire le suivi. Donc vraiment, nous ne recevons pas assez de clients à l’heure actuelle », a-t-elle révélé.

Alsény KABA pour Guineematin.com

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