Jacques Gbonimy, président du parti UPG

Des réactions se font entendre au sein de la classe politique guinéenne suite au rejet du plan de riposte économique au Covid-19 du gouvernement guinéen par la Banque mondiale. Après avoir analysé le document, les experts de l’institution financière ont relevé plusieurs problèmes, dont la surfacturation du coût de la gratuité du courant électrique pendant trois mois. Interrogé par Guineematin.com sur cette situation, le président l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG), Jacques Gbonimy, a pointé du doigt la corruption qui caractérise la gouvernance actuelle.

« Ce plan proposé par Kassory et son gouvernement a été fait dans un but purement politique, pas pour combattre la maladie. Et puisque c’est un gouvernement corrompu qui vit de corruption de jour en jour, ils ont fait un plan avec surfacturation, croyant que les gens allaient leur donner l’argent pour gérer. Malheureusement pour eux, il y avait déjà d’autres plans stratégiques au niveau de la Banque mondiale qui servent de base de comparaison au niveau de l’étude de ces techniciens.

Ils ont constaté que la Guinée avait plutôt surfacturé et que le plan n’était pas normal. Mais, tout ceci ajoute un peu à la mauvaise gouvernance que nous vivons depuis l’arrivée du Pr Alpha Condé sur la scène politique nationale et surtout l’arrivée de Kassory avec toutes les manifestations et les dérives humanitaires que nous avons connues. Ça prouve aujourd’hui combien de fois la pandémie est très mal gérée », soutient l’opposant.

Pour cet ancien commissaire de la CENI, il n’y avait pas de raison de confier la gestion de cette crise sanitaire à l’agence nationale de sécurité sanitaire, alors que le ministère de la santé est là. « On aurait préféré que ça soit une gestion au niveau du ministère de la santé, que toutes les directions du ministère soient impliquées, que de confier cette gestion à une agence qui n’est qu’une subdivision de ce ministère. Une agence qui n’arrive pas à couvrir les besoins de la population sur le plan sanitaire. La dérive gouvernementale s’est répercutée sur la gestion de la maladie et nous sommes aujourd’hui confrontés à d’énormes difficultés à Donka où les locaux ne parviennent pas à contenir tous les malades », dénonce Jacques Gbonimy.

Devant cette situation qui devient de plus en plus inquiétante, avec des nouveaux cas positifs qui sont enregistrés chaque jour, le président de l’UPG préconise une autre solution pour faire face au manque de place au CTE de Donka. « Ils peuvent agir comme ça se fait dans d’autres pays en préparant des produits pour chaque malade qu’ils ne peuvent pas héberger et que ceux-ci partent s’auto-isoler et prendre les médicaments au lieu de venir s’entasser devant la porte de Donka. Kassory a atteint ses limites, il ne peut plus aller au-delà de ça parce que quand un gouvernement est corrompu, il perd totalement la crédibilité au niveau mondiale. C’est ce qui arrive à la Guinée aujourd’hui », estime l’opposant.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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