Les agents de la police routière et les conducteurs de mototaxis se sont souvent regardés en chien de faïence dans la capitale guinéenne. Reconnus pour leur réticence dans le respect du code de la route, les taxi-motards sont souvent victimes de rackets de la part des agents de la sécurité routière. C’est le cas dans la commune de Kaloum où les policiers s’habillent désormais en civil pour faire la chasse aux conducteurs de motos taxis, leur soutirant parfois d’importantes sommes d’argent, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La sécurité routière n’a pas bonne presse aux yeux de nombreux citoyens. Certains d’entre eux se livrent à une corruption à ciel ouvert à de nombreux carrefours sans que les sommes perçues soient encaissées par le trésor public.

Ibrahima Diallo, conducteur de mototaxis

Ibrahima Diallo, conducteur de mototaxis, fait partie des nombreuses victimes de ces rackets systématiques. Selon lui, en l’espace de 72 heures, les policiers lui ont retiré plus de 300 mille francs guinéens à Kaloum. « Le lundi 4 mai 2020, j’ai envoyé un client en ville, à Kaloum. Arrivé au niveau du rond point de Coronthie, tout près de la maison centrale, une policière est venue s’agripper sur ma moto. Elle a enlevé les clés de la moto et elle m’a demandé d’aller stationner à côté. Ainsi dit, ainsi fait. Elle a vérifié tous les documents, elle a trouvé que je suis dans les normes. Pour trouver un alibi, elle dit que les chaussures plastiques fermées que je portais ne sont pas recommandées, que c’est des chaussures avec des lacets qu’on doit porter pour conduire. Au cours de notre conversation, elle a fait appel à un de ses collègues. Ce dernier est venu déposer la moto à la police. Ils m’ont fait perdre le temps de 9 heures à 18 heures. Après 18 heures, ils m’ont dit de rentrer maintenant dans le bureau et ils m’ont fait payer 220 000 francs guinéens. J’ai les deux reçus avec moi ici. C’est quand j’ai versé ce montant qu’on m’a remis la moto. Or je n’ai rien fait. Je n’ai fait aucune infraction et j’avais tous les papiers qu’il faut. Les chaussures que je portais sont des chaussures plastiques fermées ».

Notre interlocuteur a fait savoir que c’était sa deuxième mésaventure. Il a révélé que les policiers ont une nouvelle tactique pour arraisonner les taxi-motards sans se faire remarquer. « Certains agents de la police routière de Kaloum s’habillent en civil. Ils font arrêter les motos taxi en faisant semblant que c’est des simples passagers. Dès qu’ils montent, ils t’indiquent où ils veulent aller. Mais, comme c’est un réseau organisé, en cours de route, il signale un des policiers en tenue. Ce dernier vient vous arrêter et il vous conduit à la police en vous retirant de l’argent. Ils m’ont fait ça deux jours avant l’incident qui s’est passé le lundi. Ils m’ont fait payer là-bas aussi 110 000 francs guinéens ».

En outre, Ibrahima Diallo dit que les victimes de tels agissements ne se comptent plus. « Je précise que je ne suis pas la seule victime de ces genre d’arnaque. Mes collègues aussi sont victimes au même titre que moi. Ils nous arrêtent et ils nous font payer de l’argent alors que nous sommes en règle. C’est vraiment triste et décourageant », a-t-il déploré.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620 589 527/654 416 922

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin