Gratuité de l’eau, du courant et du transport public : ce qu’en disent des citoyens de Conakry

Dans une déclaration rendue publique hier, mardi 23 juin 2020, le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, annonce la reconduction des mesures d’accompagnement en faveur des citoyens dans le plan de riposte contre la Covid-19. Il s’agit, entre-autres, de la prise en charge par l’Etat des factures d’eau et d’électricité et de la gratuité des transports publics des trois prochains mois (juillet, août et septembre).

Des citoyens de Conakry, interrogés ce mercredi 24 juin, apprécient diversement ces mesures. Si d’aucuns pensent qu’elles sont salutaires, d’autres les trouvent insuffisantes et demandent la diminution du prix du carburant à la pompe.

Décryptage !

Mamady 1 Kourouma, étudiant en Master 2, Sociologie des Organisations

Mamady 1 Kourouma, étudiant en Master 2, Sociologie des Organisations : « le prolongement de ces mesures d’accompagnements, c’est vraiment une bonne chose et un ouf de soulagement. Ça adoucit un peu la situation. Vraiment, nous sommes contents et nous saluons ces mesures. Nous demandons au gouvernement de continuer à nous aider de la sorte parce que le temps est dur et compliqué. Les activités sont presque stoppées. Nous sommes sur la faille, ça il faut le dire ».

Namory Kamano, secrétaire administratif des conducteurs de taxi-moto de l’aéroport Gbessia

Namory Kamano, secrétaire administratif des conducteurs de taxi-moto de l’aéroport Gbessia : « ma réaction est l’initiative que le gouvernement a prise n’est pas la solution, parce que dans tous les trois choses qu’ils ont pris en charge, l’eau, le courant et le transport, rien n’a abouti. Il y a beaucoup de plaintes de gauche à droite. Donc, ce n’est pas la solution. La négativité est que concernant le courant, prenons d’abord Conakry ici, ce n’est pas à tous les lieux que le courant est stable. Avant, le courant venait régulièrement et on payait la facture. Mais, depuis qu’on a parlé de la gratuité-là, l’affaire du courant n’est plus stable. Si nous prenons du côté de l’eau, c’est même chose. C’est les mêmes plaintes. Pour le transport, les mesures qu’on a prises ne peuvent pas aboutir parce que la population est grande et les bus sont insuffisants. Et puis, depuis qu’on a parlé du problème de gratuité avec les bus, actuellement ils se présentent rarement sur le terrain. Donc, la population souffre. Je demande au gouvernement de revoir cela. Selon moi, j’aimerais qu’il diminue le prix du carburant… ».

Thierno Boubacar Barry, motard de profession

Thierno Boubacar Barry, motard de profession : « je les remercie pour ça parce que c’est quelque chose de bonne foi qu’ils ont eu à faire. Mais, la meilleure chose serait de baisser le prix du carburant, c’est ce qui est le plus essentiel. Si non, le transport est cher et tout le monde ne peut pas monter dans les bus ou le train, parce que les gens sont nombreux par rapport aux places. Maintenant, ils ne prennent pas les gens comme d’habitude. C’est pour la forme qu’ils circulent. Concernant le courant, ça ne vient pas normalement comme auparavant. Dans la semaine, on a l’électricité une fois, deux fois ou trois fois depuis qu’ils ont rendu ça gratuit. Pour le transport, si tu quittes Coyah pour Conakry, ton transport aller et retour va te coûter 50.000 fg ou plus. Donc pour moi, l’essentiel serait de rabaisser le prix du carburant au minimum 5000 ou 6000 GNF. C’est ce qui pourra aider la population ».

Ibrahima Kourouma, étudiant à Génie informatique à l’université Libre de Guinée

Ibrahima Kourouma, étudiant à Génie informatique à l’université Libre de Guinée : « je pense que c’est une bonne chose, mais il y a de ces quartiers qui n’en bénéficient pas. Par exemple, il y a de ses quartiers qui manifestent pour l’affaire de courant ce mercredi matin (Matoto Khabitaya, ndlr). Donc, je pense que l’Etat doit revoir la situation pour ces quartiers grévistes, parce que dans la vie on ne peut pas rester sans l’eau et l’électricité. Sur le plan du transport, le gouvernement devrait augmenter aussi, ils ont fait c’est vrai, ils sont venus au secours, mais je pense que cela est insuffisant par rapport à la population. Des fois même, ces bus là ne prennent pas les gens, quand ils voient les gens, ils ne s’arrêtent pas. On ne sait pas qu’est ce qui fait ça ? Ça, ça doit être corrigé par l’Etat. Donc, il est bien de réduire le transport, nous venons d’apprendre que le 29 juin sera l’ouverture des classes alors que le transport est très cher… ».

Propos recueillis par Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineemtin.com

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