Mohamed Mansour Kaba, président du PAG

Par Mohamed Mansour Kaba : Depuis l’indépendance en 1958, la région de la Haute Guinée s’est révélée être le parent pauvre des projets de développement de la République de Guinée.

Après le désespoir qui avait pour cause le « Wo Fata Ara » du président Lansana Conté en avril 1985, accompagné du meurtre sans jugement des dignitaires de l’ancien régime, de plus de 70 officiers et hommes de troupe d’origine Maninka, ainsi que du pillage des biens appartenant à des civils de cette ethnie résidant à Conakry, Alpha Condé est apparu en Haute Guinée comme le messie que ces populations frustrées et déboussolées attendaient. Les promesses mirobolantes de celui-ci apparurent à leurs yeux comme du miel dans les oreilles de ces militants, notamment ceux analphabètes en langue française qui disaient RP« C » à la place de « RPG ». Ces populations ont consenti tous les sacrifices possibles et imaginables pour soutenir leur leader charismatique, président du RPG : brimades de toutes sortes, pertes d’activités économiques et d’emplois, ainsi que la mort pour certains.

Depuis son élection à la présidence de la République, en 2010, rien n’a changé pour ces militants et dans la région considérée comme son « fief ». Pas d’eau courante, pas d’électricité, ne serait-ce que pendant la journée de travail, de 08heures à 18h00, des routes nationales dans un état de dégradation inimaginable, des pistes rurales oubliées par les autorités concernées, pas d’hôpital de référence, ni de centres de santé équipés, des écoles primaires et des collèges et lycées dans un état pitoyable et en nombre insuffisant et sans enseignants, et des paysans sans formation, ni assistance. Tous les produits phytosanitaires, les engrais, ainsi que les moustiquaires imprégnés sont exportés en fraude par des cadres véreux dans les pays voisins. En résumé, le bilan des dix années de pouvoir d’Alpha Condé en Haute Guinée est plutôt proche de zéro, malgré les nombreuses « poses de première pierre ».

Depuis quelques semaines, un groupe de jeunes patriotes, courageux, de Kankan ont compris ce que leurs grands-parents et parents n’avaient jusqu’ici pas imaginé : Alpha Condé veut se servir des populations de la Haute Guinée pour accéder et se maintenir au pouvoir, sans aucune intention d’y réaliser le moindre projet de développement d’envergure.

Ces jeunes patriotes ont créé un mouvement à but unique : la construction du barrage hydroélectrique de Kogbèdou sur le Milo, un affluent du Niger, afin d’assurer de l’électricité 24 h/ 24 pour cette région.

A notre grand étonnement, le président de la République a envoyé de nombreuses missions à Kankan, afin de bloquer l’initiative de ces jeunes patriotes. Une question trotte dans notre esprit : « Est-ce un crime de lèse-majesté que de demander la construction d’un barrage hydroélectrique, afin que les populations de cette région sortent des ténèbres de l’obscurité après plus de soixante années d’indépendance ? ». Apparemment, Alpha Condé préfère chercher à corrompre ces jeunes patriotes au lieu de s’attaquer à un problème essentiel pour les populations de son prétendu « fief » électoral. Ceux-ci ont non seulement refusé l’argent de la corruption venu de Conakry, mais ils ont cotisé pour aider le président de la République au financement du barrage de Kogbèdou. Il est tout de même curieux de constater qu’un projet de développement aussi essentiel pour une région qui abrite la deuxième ville du pays soit l’objet de tiraillements entre le pouvoir à Conakry et les jeunes patriotes de Kankan et de toute la Haute Guinée. Cela constitue pour tout citoyen objectif une preuve du manque de volonté du président Alpha Condé de réaliser ce projet.

Ce mardi 1er septembre à Kankan, le régime qui nous gouverne a dépassé toutes les limites possibles et imaginables pour freiner l’ardeur de nos jeunes patriotes : le parti présidentiel, le RPG-Arc-En-Ciel et ses obligés corrompus ont engagé des loubards drogués et armés d’armes blanches pour empêcher la marche pacifique que les jeunes patriotes ont organisée dans les rues et les places publiques de Kankan. Avec arrestation de nombreux activistes et leur emprisonnement. Le bilan définitif de cette intervention de milices de type « Tonton Macoute » de Duvalier à Haïti reste encore à déterminer.

Bonjour les dégâts pour la « quatrième république » de M. Alpha Condé !

Mohamed Mansour KABA

Président du PAG

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