Bien que saluée par de nombreux citoyens, la baisse des frais de transport ne fait pas l’unanimité en Guinée. Certains transporteurs refusent de respecter la décision de la présidence de la République, demandant le retour aux tarifs qui étaient en vigueur avant l’instauration de l’état d’urgence sanitaire. C’est le cas des chauffeurs qui roulent sur la ligne Kindia-Conakry. Ces derniers exigent aux passagers de payer près du double du prix normal, a constaté un correspondant de Guineematin.com à Kindia.

Ce jeudi, 24 septembre 2020, la situation est tendue à la gare routière de Kindia. Chauffeurs et passagers se disputent régulièrement autour des frais de transport. Selon le communiqué de la présidence de la République rendu public mardi soir, les passagers qui quittent Kindia pour Conakry doivent payer désormais 30 000 francs, car c’est le prix qui était pratiqué avant l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, le 26 mars dernier. Mais les transporteurs refusent catégoriquement de se plier à cette décision. Au lieu de 30 000 francs, ils exigent aux passagers de payer 50 000 francs. Une situation que déplore Ousmane Camara, un passager qui souhaite se rendre dans la capitale.

Ousmane Camara, coordinateur adjoint humanitaire de Kindia

« Je constate qu’il y a un grand problème qui est à la gare routière de Kindia. Parce que les chauffeurs refusent d’appliquer la décision du chef de l’État relative à la baisse des frais de transport. Ils refusent de respecter le tarif normal. Normalement, on doit payer 30 000 francs entre Kindia et Conakry. Mais eux, ils exigent aux passagers de payer 50 000 francs. Nous, on s’était déjà embarqués. Mais puisqu’on a dit qu’on paie 30 000 francs au lieu de 50 000 francs, ils nous ont dit de descendre. Maintenant, moi je suis obligé de payer les 50 000 francs parce que j’ai un malade à Conakry », a-t-il confié.

Fatoumata Soumah, vendeuse de poisson à Kindia

Madame Fatoumata Soumah, vendeuse de poissons à Kindia, constate également avec amertume le débarquement de ses bagages, suite à son refus de payer le montant exigé par les transporteurs. « On a dit à la radio et à la télévision que transport entre Kindia et Conakry est descendu à 30 000 francs. Mais ce n’est pas ce qui est appliqué à la gare routière de Kindia. Ici, on demande aux gens de payer 50 000 francs. Puisqu’on a dit qu’on ne paie pas ça, ils sont en train de faire descendre nos bagages. Je demande aux autorités de revoir cette situation », a lancé cette dame.

Mamadou Bobo Diallo, chauffeur Kindia

De leur côté, les transporteurs justifient leur refus d’appliquer le tarif normal par le mauvais état de la route et les rackets dont ils sont victimes au niveau des barrages. « Nous avons des difficultés liées au mauvais état de la route. Avant, tu pouvais faire un aller-retour entre Kindia et Conakry. Mais actuellement, tu peux faire deux jours pour un seul voyage. En plus du mauvais état de la route, ils ont mis plusieurs barrages sur la route, notamment à Sabouya, à Bangouya et à KK. Et à chaque barrage, on paie 20 000 francs avant de traverser. Donc, même les 50 000 francs que nous réclamons aux passagers sont insignifiants. Il faut au moins qu’on enlève ces barrages pour qu’on puisse respecter le tarif de 30 000 francs », a expliqué Mamadou Bobo Diallo, chauffeur sur la ligne Kindia-Conakry.

Mohamed Aliou Sy, secrétaire général adjoint de transporteur et mécanique générale de Kindia

De Kindia, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628515796

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