Une grave crise mine actuellement la mairie de la commune rurale de Karifamoriah, située à 6 kilomètres de la ville de Kankan. 14 des 23 conseillers communaux décident de ne plus reconnaître le maire de cette localité. Ils comptent destituer l’ensemble de l’exécutif communal accusé de mal gérer la collectivité, a appris Guineematin.com à travers son correspondant basé à Kankan.

Absence prolongée à Karifamoriah, détournement des fonds alloués à la collectivité au compte de l’ANAFIC (Agence nationale de financement des collectivités locales), ce sont les « fautes » que les 14 frondeurs reprochent au maire de cette commune rurale, qui est également député à l’Assemblée nationale. Ces conseillers communaux ont signé une pétition pour demander la démission de l’autorité communale et l’ensemble de ses adjoints.

Almamy Malick Mara, porte des 14 conseillers frondeurs

« Depuis notre installation, en notre connaissance, on a tenu que deux sessions ordinaires et deux sessions extraordinaires. Le maire a passé beaucoup de temps à Conakry sans même donner son cachet à son adjoint. Et, cela a causé beaucoup de problèmes ici. On s’est plaint un peu partout, sans suite favorable. On lui a écrit, alors qu’il était là, pour demander la tenue d’une session, il n’a pas accepté.

On a adressé une lettre au bureau exécutif et au sous-préfet, sans succès. Tout cela, juste pour ne pas qu’on lui demande des explications sur la gestion financière de l’argent octroyé par l’ANAFIC. Aujourd’hui, nous voulons destituer l’ensemble bureau exécutif parce qu’à part le maire, les vices maires aussi ont montré leur incapacité à gérer la commune », a déclaré Almamy Malick Mara, porte-parole des 14 conseillers frondeurs.

En réponse, le maire de Karifamoriah réfute toutes les accusations de ces conseillers communaux. Abdoulaye Kaba assure avoir tenu quatre sessions ordinaires au lieu des deux annoncées par les frondeurs. Selon lui, c’est en raison de l’état d’urgence sanitaire que les sessions du conseil communal ont été suspendues en 2020. En ce qui concerne son absence prolongée sur le terrain, il rappelle que la loi l’autorise à être maire et député à l’Assemblée nationale à la fois.

Abdoulaye Kaba, maire de la commune rurale de Karfamorya

« Ils (les frondeurs) n’ont pas compris. Parce que la Guinée est dotée d’une constitution qui permet à un maire d’être député. Et si le maire est absent, on a un vice maire qui est très compétent et qui me remplace. Il y a aussi un secrétaire qui est disponible. Donc, franchement, je ne vois pas de problème », a-t-il déclaré. Sur la question financière, le maire indique que sur les 47 millions de francs laissés par la délégation spéciale dans les caisses de commune, 40 millions ont été dépensés. Et, les 100 millions de l’ANAFIC se trouvent au niveau de l’Agence, a laissé entendre M Kaba.

Les 14 conseillers frondeurs ont écrit une lettre au préfet de Kankan pour solliciter son implication afin de trouver une solution à cette crise.

De Karifamoriah, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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