Environ un an après les violences qui ont émaillé le double scrutin du 22 mars 2020 à N’Zérékoré, la justice cherche à situer les responsabilités. Le procès des auteurs présumés de ces violences devrait s’ouvrir demain, jeudi 4 mars 2021, ou alors la semaine prochaine. C’est le procureur de la République près le tribunal de première instance de N’Zérékoré qui l’a annoncé dans un entretien qu’il a accordé au correspondant de Guineematin.com sur place.

Sidiki Kanté, procureur de la République près le TPI de N’Zérékoré

« Les dossiers du 22 mars 2020 sont déjà programmés. Le substitut est en train de faire le rôle. Ça sera ce jeudi (demain) ou le jeudi en huit. Tout dépendra de l’arrivée de ceux qui sont détenus à Kankan », a confié le procureur Sidiki Kanté. Au cours de ce procès, la justice cherchera à savoir qu’est-ce qui est à l’origine des violences survenues les 22, 23 et 24 mars 2020 dans cette ville, et qui en est responsable.

Tout est parti de la contestation lancée par le FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution) contre le double scrutin (élections législatives et référendum constitutionnel) du 22 mars 2020. Mais les choses ont tourné finalement en affrontements intercommunautaires. Le bilan établi par certaines organisations de défense des droits de l’homme fait état d’une soixantaine de morts, plus d’une centaine de blessés, des maisons, des commerces et des églises pillés et incendiés.

Les enquêtes ouvertes après ces faits ont conduit à l’interpellation de 42 personnes, qui ont été placées en détention provisoire à la Maison centrale de Kankan. Après plus de 6 mois de détention, 35 d’entre eux ont été remis en liberté conditionnelle et les 8 autres sont restés en prison. Et, selon le procureur, l’ensemble des accusés passeront devant le tribunal criminel de N’Zérékoré pour s’expliquer sur ce qui leur est reproché.

« Il y a à date, 8 détenus à Kankan. Les autres ont déjà bénéficié de liberté provisoire. Les 8 qui sont restés à Kankan ont été retenus là-bas parce que ceux-ci ont des plaignants avérés derrière eux (…) Mais ils seront tous (ceux qui sont en prison et ceux qui ont été remis en liberté, ndlr) jugés. Le dossier est ouvert, il vaut mieux qu’on les situe sur leur sort quelle que soit la décision à entreprendre », a-t-il indiqué.

Le procureur de la République près le TPI de N’Zérékoré précise que ce procès se tiendra dans le respect strict des mesures barrières, afin d’éviter la propagation de la pandémie de Covid-19 et de l’épidémie d’Ebola. On va limiter le nombre de personnes dans la salle d’audience, on va exiger aussi le port de masque et le lavage des mains », a dit M. Sidiki Kanté.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tél : +224620166816/666890877

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