Saran Kourouma, garde pénitentiaire : « si tu veux commander, tu dois te battre »

Saran Kourouma, garde pénitentiaire

C’est une invite des plus simples, mais aussi très significative que Saran Camara, garde pénitentiaire vient de lancer aux femmes de Guinée. Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com hier, lundi 22 mars 2021, cette agente qui fait chaque jour, depuis plus de 20 ans, les couloirs de la maison centrale de Conakry en compagnie de prisonniers (dont certains ont commis les crimes des plus ignobles) demande aux femmes de sortir de leurs maisons et de se battre comme les hommes pour gagner honnêtement leur vie. Un message qui s’inscrit en droite ligne des objectifs de la célébration du mois de la femme en Guinée.

Son exemple fait école, même pour les très sceptiques sur les capacités de la femme à faire des travaux qui étaient jusque-là considérés comme acquis et innés aux hommes. Mère de quatre enfants, elle arbore fièrement sa tenue pour servir à sa manière la nation guinéenne. Et, dans un milieu fortement dominé par les hommes dans notre pays, Saran Kourouma s’est faite une place méritée qui lui vaut respect et admiration de la part de ses collègues de service. Elle est garde pénitentiaire depuis l’année 2000 ; et, chaque jour, sans jamais se lasser, elle travaille au moins 8 heures aux côtés des hommes pour gagner dignement sa vie. Elle se bat avec amour, courage, fierté et surtout sans aucun complexe pour exceller dans sa profession. Et, c’est à cela qu’elle invite toutes les femmes de Guinée à l’occasion de ce mois de mars dédié à la célébration de la femme guinéenne.

« Avant tout, il faut avoir l’amour de travailler. Il faut aimer le travail que tu exerces tous les jours. Moi, j’ai aimé cette profession. Et, depuis l’an 2000, je suis en train d’exercer cette profession. Quand tu décides de faire quelque chose, il faut l’aimer et aller jusqu’au bout. Parce que ça c’est ton travail. Tout ce que les hommes peuvent faire, les femmes peuvent aussi le faire. C’est avant qu’on disait que les femmes ne peuvent rien faire. Mais, à l’heure où nous sommes, les femmes sont plus fortes que les hommes. Parce que nous nous battons pour gagner notre vie. Nous sortons le matin pour rentrer le soir. Je conseille toutes les femmes de sortir et se battre pour gagner dignement leur vie. Parce que quand tu te bats, tu vas commander. Même si tu n’as pas fait l’école, si tu te bats, tu va commander des universitaires. Donc, je demande aux femmes de ne pas rester à la maison et croiser les bras. Je leur demande de sortir et se battre pour montrer aux hommes que nous pouvons faire quelque chose. Les femmes sont capables de faire toutes sortes de travail, sauf si elles refusent », martèle Saran Kourouma avec assurance et élégance.

Très débordante d’énergie, cette garde pénitentiaire concilie avec aisance son foyer et son service. Et, son seul secret, c’est la planification des activités.

« Je suis mère de quatre enfants. Tous les jours, je me réveille à 5 heures du matin, je fais mes ablutions, je prie et je commence à préparer pour mon mari et mes enfants. Après avoir fini de préparer le repas du jour, je m’habille pour aller à la maison centrale pour l’extraction des détenus. Tous les jours, 8 heures 30 minutes me trouve à la prison. On embarque les détenus, pour les envoyer au tribunal de première instance de Mafanco pour les juger. A 16 heures, on les embarque encore pour la maison centrale. En quittant la maison centrale, je passe au marché pour acheter les condiments que je prépare le lendemain aussi. Voilà comment je parviens à concilier les deux. Et, je ne rencontre aucune difficulté par rapport à ça ; car, cela est devenu mon quotidien », assure-t-elle.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620589527/654416922

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