Fragilité du Tissu Social en Guinée : une conséquence de la faillite de l’Etat et de la nation ! Comment y remédier ?

Ibrahima SECK, Sociologue/ Consultant

Libre Opinion : Le lourd héritage issu de tous les régimes qui se sont succédé atteste à suffisance la tragédie de la manipulation pour des fins liées au pouvoir. Une véritable faillite qui a mis en péril la Construction d’un Etat et l’édification d’une Nation en République de Guinée

La Guinée revisitée de la lutte pour l’indépendance nationale à nos jours est riche en épisodes de manipulations ethniques dans le double sens de : « la conquête et de l’exercice du pouvoir ».

« La Nation » où est la nation guinéenne ? Spécialistes des sciences sociales et humaines n’est-ce pas un défi de démontrer en toute objectivité l’existence d’une nation guinéenne ?

Si une nation se reconnait par l’unité linguistique et culturelle. Où est la notre ? Quelle langue parlée par 2/3 des guinéens ? Quel repas national avons-nous dans ce pays ? Quelles normes communes dans l’union sacrée des êtres humains ?

Regardons les voisins immédiats qui parlent dans leur écrasante majorité une langue commune, disposent d’un repas commun et des normes qui fonctionnement comme substrat de la vie en société.

Chaque citoyen de l’autre coté de la rive se reconnait en l’autre à travers des valeurs communes qui les transcendent. La nationalité est au dessus de la région, et de l’identité ethnique.

La langue commune, les coutumes, le comportement vestimentaire, l’accent prouvent à suffisance leur unicité malgré la diversité.
Rappelons pour attester : Le Sénégal (wolof) le Mali (Bambara), la sierra Léone (créole) le Libéria (Créole), le Nigéria (Haoussa), l’Afrique de l’est (souahili) .

Voulez vous que je rajoute le repas national préparé et consommé par chacun de ces pays nonobstant les innombrables mets délicieux ?

Revenons chez nous en Guinée où un citoyen de Coyah à 50km de la capitale après ses vacances voyage avec une famille qui parle une langue qui différente de celle de l’unique passager qui a compléter le nombre de places.

Où se trouve l’unité linguistique ? Bon Dieu ! qui sont ces dirigeants qui ont toujours exaltés les différences en lieu et place de l’unité basée sur la culture, la langue ?

Je la revendique aujourd’hui « la nation guinéenne » par mimétisme afin de compléter mon identité nationale qui est « Une et indivisible », oui mon identité, celle qui va me permettre de voir un guinéen comme tel, lui tendre la fraternité, l’estime et le besoin d’appartenance sociale.

Les fondamentaux d’une nation et d’un Etat sapés à cause de la conquête et de l’exercice du pouvoir.

Quel dommage causé au peuple ?

« L’Etat » c’est tout simplement une autorité souveraine qui s’exerce sur un peuple vivant sur un territoire. Oui, les critères sont bien remplis mais hélas ! le fonctionnement de l’Etat a fait que le citoyen a souvent pensé à l’existence d’un Etat « partisan », un Etat « fictif » ou simplement un Etat « démissionnaire » en lieu et place d’un Etat perçu comme un régulateur social qui est le garant de la souveraineté, la dignité humaine, les interactions sociales, l’unité dans la diversité.

Aux nouvelles autorités de la transition, « Il n’ya pas de réalité sociale en dehors d’elle-même ». Le déficit de Nation et la déliquescence de l’Etat ont des causes endogènes, chaque guinéen doit y travailler pour relever les défis qui s’imposent en cette nouvelle ère où le guinéen espère enfin être traité comme tel dans son propre pays qui ne lui disait presque plus rien dans un passé récent à cause de l’omniprésence d’un Etat « Fictif » qui se résume à un ou très peu de dignitaires aux objectifs irrationnels et non éclairés.

La construction d’une nation guinéenne et la refondation de l’Etat sont tributaires de la reconnaissance de l’effectivité et de l’objectivité des faits hérités de nos ainés et devanciers (avec tout le respect que nous leur devons).
Loin de moi, ma prétention d’épuiser de façon exhaustive l’épineuse question de la fragilité sociale et la fébrilité de l’Etat héritée de la manipulation des différents régimes, je vous propose de prendre en compte ces quelques propositions dans la gestion des affaires publiques pour jeter les bases des fondamentaux de la nation et de l’Etat.

· La promotion de l’égalité d’opportunités de chance entre tous les fils du pays

· L’adoption d’un crédo national à réciter en prélude de toute activité citoyenne

· La reconnaissance du mérité

· Le respect de l’équilibre dans localisation des projets et programmes d’investissements publics

· La reconnaissance de la mémoire collective du pays à travers l’histoire des grands hommes

· La promotion de l’inter-culturalité

· La promotion et l’enseignement obligatoire du civisme avec le « label Guinée »

· L’application strict de la loi sans discrimination aucune

· L’encadrement juridique des questions de replis identitaires au profit d’une identité nationale guinéenne.

· La recherche de nouveaux paradigmes nationaux de développement issus de nos mœurs et coutumes.

· La constitutionnalisation des équilibres identitaires dans la conduite des affaires publiques

· L’adoption des lois répressives contre ceux qui se rendent coupables d’ethnocentrisme et d’ethno stratégie.

En conclusion, les guinéens ne sauraient être opposés les uns les autres par des hommes dont la vie est très éphémère par rapport aux institutions qui demeurent.

Les dommages peuvent être corrigés si l’écrasante majorité se reconnait aux institutions Etatiques, aux décisions politiques inclusives non partisanes et parcellaires.

L’analyse sociologique se veut être « génétique, synchronique et diachronique ».

Cette lumineuse pensée de Jean Piaget a inspiré mon analyse pour apporter cette nouvelle contribution loin d’être parfaite, exhaustive mais qui j’espère peut servir de balise pour une réflexion sur nos réalités sociales.

Ibrahima SECK, Sociologue/ Consultant

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