Gouvernement : Béa Diallo et Yarie Soumah nommés ministres

2 novembre 2021 à 23 11 06 110611

Lansana Béa Diallo, ministre de la Jeunesse et des Sports

Le colonel Mamadi Doumbouya continue de dévoiler au compte-goutte les noms des membres du gouvernement de transition. Dans des décrets publiés ce mardi, 02 novembre 2021, le président de la transition a nommé deux nouveaux ministres.

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Concours AdicomAwards catégorie humour : IVA LE ROI sollicite un vote massif des guinéens

2 novembre 2021 à 22 10 24 112411

Mamadou Djan Bah (IVA LE ROI), Web humoriste

Le jeune web humoriste guinéen, Mamadou Djan Bah, connu sous le nom de IVA LE ROI, représentera la Guinée à la 5ème édition du concours AdicomAwards, catégorie humour, dont la finale est prévue à Dakar le 04 décembre prochain. A cette édition, IVA LE ROI disputera le trophée avec plusieurs autres humoristes venus de tous les pays francophones du continent, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters. 

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Samoukiri-Maleya (Kindia) : un père de famille tué par une foudre

2 novembre 2021 à 20 08 47 114711

Les faits se sont produits peu après 18 heures ce mardi, 02 novembre 2021, dans le district de Samoukiri-Maleya (une localité située à 65 kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Kindia). Et, la victime, Nana Modou Sylla, a été foudroyée à l’entrée de sa maison.

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Vandalisme de la RTG Boulbinet : voici ce qui est en train d’être fait pour relancer cette station

2 novembre 2021 à 20 08 33 113311

Dans la nuit du 05 au 06 septembre dernier, la RTG2 Boulbinet a été victime d’attaque et de vandalisme. Les malfaiteurs ont pillé tout le contenu dans cette station de la radio télévision guinéenne. Ainsi, près de deux mois après cette attaque (perpétrée quelques heures après le coup d’Etat qui a renversé le régime d’Alpha Condé), un reporter de Guineematin.com est allé ce mardi, 02 novembre 2021, à la rencontre d’Elhadj Oumar Camara, le directeur de la télévision de la RTG 2, pour voir ce qui est en train d’être fait pour relancer cette station mère témoin de l’histoire contemporaine de la Guinée.

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Affaire USTG : « la décision de la Cour d’appel n’est pas exécutoire », annonce le camp d’Abdoulaye Sow

2 novembre 2021 à 20 08 29 112911

Abdoulaye Sow, secrétaire général de l’USTG

Au cours d’une conférence de presse animée ce mardi, 02 novembre 2021, à Conakry, l’avocat d’Abdoulaye Sow s’est exprimé sur le contentieux autour du contrôle de l’USTG (Union syndicale des travailleurs de Guinée). Maître Salifou Béavogui a fustigé l’attitude du camp Abdoulaye Camara, qui cherche à faire exécuter l’arrêt rendu par en sa faveur par la Cour d’appel de Conakry, alors que celui-ci est attaqué devant la Cour suprême. L’avocat a déclaré que cette décision n’est pas exécutoire tant que la plus haute juridiction du pays n’aura pas fini d’examiner l’affaire, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

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Transition en Guinée : la plateforme Action Citoyenne de la Diaspora aux Etats-Unis fait des propositions

2 novembre 2021 à 19 07 14 111411

A la faveur d’une conférence de presse à Conakry ce mardi, 02 novembre 2021, l’Action Citoyenne de la Diaspora aux États-Unis (ACD-USA) a dévoilé ses propositions pour accompagner la transition en cours en Guinée. Cette plateforme qui représente la crème des intellectuels guinéens vivant aux Etats-Unis a égrainé neuf (9) projets consignés dans un mémorandum. Il s’agit notamment de la conception d’un fichier électoral, l’informatisation du système de santé et d’éducation et la problématique de l’emploi jeune, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

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Etats-Unis : Joe Biden prend une sanction contre la Guinée

2 novembre 2021 à 19 07 05 110511

Les Etats-Unis ont annoncé ce mardi, 02 novembre 2021, une sanction prise contre la Guinée, le Mali et l’Ethiopie. Ces trois pays d’Afrique subsaharienne seront retirés du programme AGOA à partir du 1er janvier 2022. Cette décision intervient environ deux mois après le coup d’Etat militaire qui a renversé le président Alpha Condé.

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Sept représentants de la société civile au CNT ? « C’est le président de la transition qui a le dernier mot », dit Sékou Doré du RAJGUI

2 novembre 2021 à 18 06 22 112211

Colonel Mamadi Doumbouya, président de la Transition

Quelles sont les personnes qui vont représenter les organisations de la société au sein du Conseil National de Transition (CNT) ? La question taraude les esprits depuis quelque temps en Guinée. Car, depuis la publication de la charte de la transition qui donne un quota de sept (7) places aux faîtières des organisations de la société civile au CNT, les structures concernées ont tenu plusieurs réunions pour tenter de trouver un consensus. Mais, apparemment, les tractations continuent encore et ces organisations sont loin de trouver un terrain d’entente. En tout cas, aucun nom n’a filtré pour le moment.

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Exactions sous Sékou Touré : « nous devons assumer notre histoire », dit le ministre Sidiki Camara

2 novembre 2021 à 14 02 55 115511

Créée au lendemain de l’accession de la Guinée à la souveraineté nationale, l’armée guinéenne a célébré hier, lundi 1er novembre 2021, son 63ème anniversaire. Et, à cette occasion, une délégation du comité national du rassemblement pour le développement s’est rendue aux pieds du mont Kakoulima à Kindiadi (dans la préfecture de Dubréka) où sont enterrées certaines victimes du régime de Sékou Touré, notamment le colonel Kaman Diaby (ancien chef d’état-major adjoint interarmées), Diawadou Barry (ancien ministre) et de Fodéba Keïta (ancien ministre), pour y inaugurer une stèle en construction à la mémoire de ces compagnons de l’indépendance. Cette délégation a été conduite par le ministre délégué à la défense nationale, le général de division à la retraite, Aboubacar Sidiki Camara ; et, elle était composée entre autres du Ministre de la sécurité et de la protection civile, du chef d’Etat major général des forces armées, du Haut commandant de la gendarmerie Directeur de la justice militaire et le directeur général de la police nationale. Et, à cet instant plein de souvenirs, de douleurs et d’émotions, le ministre de la défense nationale a reconnu la participation de l’armée guinéenne aux exactions enregistrées sous le régime Sékou Touré (le premier président de la république de Guinée).

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Aboubacar Sidiki Camara (Idi Amin) : « il y a eu trop de morts inutiles dans ce pays »

2 novembre 2021 à 13 01 15 111511

Comme annoncé précédemment, le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la défense nationale a conduit une délégation du CNRD qui s’est rendue hier, lundi 1er novembre 2021, au pied du pont du mont Kakoulima (dans la préfecture de Dubréka), où sont enterrées plusieurs hautes personnalités guinéennes exécutées par le régime de Sékou Touré. Le général à la retraite Aboubacar Sidiki Camara, alias Idi Amin, et sa suite, sont allés inaugurer une stèle érigée sur les lieux pour réhabiliter ces Guinéens, dont certains ont participé à la lutte pour l’indépendance de la Guinée.

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Comment mettre fin à l’épidémie de sida en Afrique occidentale et centrale : par Winnie Byanyima (ONUSIDA)

2 novembre 2021 à 12 12 59 115911

Winnie Byanyima, Directrice Exécutive de l’ONUSIDA

Par Winnie Byanyima, Directrice Exécutive de l’ONUSIDA : L’épidémie de VIH/sida en Afrique occidentale et centrale est une urgence permanente. Les premiers gains obtenus contre le VIH dans cette région ne se sont pas traduits par les mêmes progrès durables qui ont pu être réalisés dans d’autres parties de l’Afrique subsaharienne.

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Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan : le premier discours du ministre Lanciné Condé

2 novembre 2021 à 12 12 02 110211

Dr Lancinet Condé, ministre de l’Économie des Finances et du Plan

« Notre pays est encore à un tournant décisif de son histoire. Notre peuple, le vaillant peuple de Guinée, se démarque par sa capacité à réussir dans les moments ardus grâce à son histoire, aux sacrifices et à sa structure solide qui fait de chacun de nous la cousine/le cousin, la tante/l’oncle, la femme/le mari, la belle/le beau de l’autre. Nous sommes une famille, nous grandissons et avançons chaque fois que nous nous inscrivons dans cette logique. Je défie quiconque de prouver que sa famille est ou a été depuis toujours faite d’une seule ethnie. Que Dieu nous le garde à l’esprit, à tout instant », a notamment indiqué Lanciné Condé, le tout nouveau ministre de l’Économie, des Finances et du Plan.

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An 63 de l’armée guinéenne : cette fête anniversaire célébrée au Bataillon autonome de Faranah

2 novembre 2021 à 11 11 44 114411

L’armée guinéenne a commémoré hier, lundi 1er novembre 2021, l’an 63 de sa création. Et, dans la préfecture de Faranah, c’est le Bataillon autonome qui a servi de cadre à la célébration de cette fête anniversaire. La cérémonie a été présidée par le gouverneur de région, colonel Malick Diakité, en présence d’anciens combattants et de plusieurs cadres administratifs civils. L’occasion a été mise à profit pour rendre un vibrant hommage aux forces de défense et de sécurité guinéennes, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Faranah.

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Mamou : l’Armée guinéenne célébrée pour sa bravoure et son esprit républicain

2 novembre 2021 à 11 11 32 113211

C’est au Bataillon Autonome de Mamou que le 63ème anniversaire de la création de l’armée guinéenne a été célébré ce lundi, 1ernovembre 2021. La cérémonie a connu la présence des autorités régionales, préfectorales et communales de Mamou, ainsi que des acteurs de la société civile locale. Elle a été l’occasion de rendre hommage aux forces armées guinéennes pour les sacrifices consentis dans le cadre de la défense de la patrie, mais aussi pour le soutien apporté à d’autres pays africains qui en avaient besoin, a constaté le correspondant de Guineematin.com dans la ville carrefour.

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Pr Fodé Abass Cissé : « en Afrique, 25 à 30% des cas d’AVC surviennent chez les moins de 50 ans »

2 novembre 2021 à 11 11 18 111811

Pr Fodé Abass Cissé, chef service Neuroligie-CHU Ignace Deen

« éviter les AVC repose sur la prévention… Le premier facteur de risque d’AVC, c’est l’hypertension artérielle… Il y a également le diabète, le cholestérol (quand on mange beaucoup gras, beaucoup d’huile, de beurre, de mayonnaise, ça favorise l’AVC).  Après, il y a le tabac. Le tabagisme multiplie par 2 ou 3 le risque d’AVC. L’alcool augmente aussi le risque d’AVC. D’autres facteurs ont été trouvés en Afrique. C’est la qualité de l’alimentation. Les aliments qui sont pauvres en fibres. On ne mange pas de fruits, on ne mange pas de légumes. On mange à chaque fois le riz avec les grandes sauces. Il faut avoir un régime qui est très riche en fibres. L’obésité, le fait d’être gros n’aide pas… », a notamment annoncé le Pr Fodé Abass Cissé, chef service Neuroligie-CHU Ignace Deen.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com, Pr Fodé Abass Cissé, chef service neurologie au CHU Ignace Deen, a abordé certaines questions liées aux AVC (accident vasculaire cérébral). Au cours de notre échange, ce spécialiste en neurologie a fait une révélation surprenante : « il y a plus de neurologue à Paris qu’en Guinée ». Il assure « qu’il n’existe que 10 neurologues dans notre pays ». Et, tous ces neurologues trouvent à Conakry. « A partir du kilomètre 36 jusqu’à Lola, il n’y a pas de neurologue », a-t-il confié.

Décryptage !

Guineematin.com : C’est quoi un AVC ?

Pr Fodé Abass Cissé : l’AVC, c’est l’accident vasculaire cérébral. Pour le public, il s’agit de déficit neurologique. C’est comme un déficit public. Donc, c’est la perte d’une fonction neurologique qui dure plus de 24 heures et qui est liée à un trouble de la circulation du sang au niveau du cerveau. Quand on dit déficit neurologique, c’est les fonctions neurologiques, la motricité, le fait de marcher, le fait de parler et de coordonner ses mouvements, le fait de voir ou le fait d’entendre ; donc, lorsqu’une de ces fonctions est perdue à cause d’un trouble de la circulation du sang au niveau du cerveau et que ça dure plus de 24 heures, alors on parle d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

Guineematin.com : quels sont les types d’AVC ?

Pr Fodé Abass Cissé : il y a deux types d’AVC. Soit c’est de la plomberie, soit vous avez un tuyau qui est bouché dans la tête ; donc, on parle d’AVC ischémique, ou bien les tuyaux ont éclaté dans la tête, on parle d’AVC hémorragique.

Guineematin.com : quelles sont les causes fondamentales de l’AVC ?

Pr Fodé Abass Cissé : les causes sont multiples. C’est soit les maladies des gros vaisseaux (il y a une hypertension artérielle qui a entrainé de l’alterostérose), soit les vaisseaux bouchés ou bien des tuyaux qui viennent se casser, vous avez un AVC. Vous avez les maladies des petits vaisseaux. Quand les petits vaisseaux à la tête sont bouchés, on a un AVC ischémique. Vous avez les maladies du cœur, les troubles de la contraction du cœur, les problèmes liés aux valves, toutes les maladies cardiaques qui peuvent entraîner un trouble de la circulation du sang et former des caillots peuvent entraîner l’AVC. Même les infections du cœur peuvent entraîner des AVC. Enfin, les maladies du sang. Si vous avez une drépanocytose, une polyglobulie, une anémie, les maladies du sang ou les maladies inflammatoires peuvent entraîner un AVC. Donc, pour résumer, ce sont des maladies liées soit aux vaisseaux, c’est-à-dire aux artères ou aux veines, ce sont les maladies liées au cœur (les maladies cardiaques) et ce sont les maladies sanguines qui vont entraîner les accidents vasculaires cérébraux avec pour chef de file, le principal facteur de risque, l’hypertension artérielle la plupart du temps.

Guineematin.com : comment peut-on éviter les AVC ?

Pr Fodé Abass Cissé : éviter les AVC repose sur la prévention. Beaucoup d’études épidémiologiques ont été effectuées en Afrique. Des études qui ont permis de voir quels sont les facteurs de risques d’AVC en Afrique. Le premier, c’est l’hypertension artérielle. Ils ont confirmé des chiffres au-delà de 146 millimètres de mercure pour la systolique et de 90 millimètres de mercure pour diasporique, vous avez une hypertension artérielle. Et, lorsqu’elle persiste, elle augmente de 50% le risque de faire un AVC. Il y a le diabète : vous avez un taux de sucre élevé, vous ne prenez pas vos médicaments, ça entraîne une altération des vaisseaux et crée l’AVC. Le cholestérol : quand on mange beaucoup gras, beaucoup d’huile, de beurre, de mayonnaise, ça favorise l’AVC.  Après, il y a le tabac. Le tabagisme multiplie par 2 ou 3 le risque d’AVC. L’alcool augmente aussi le risque d’AVC.

D’autres facteurs ont été trouvés en Afrique. C’est la qualité de l’alimentation. Les aliments qui sont pauvres en fibres. On ne mange pas de fruits, on ne mange pas de légumes. On mange à chaque fois le riz avec les grandes sauces. Il faut avoir un régime qui est très riche en fibres. L’obésité, le fait d’être gros n’aide pas. C’est également un facteur de risque d’AVC et il y a d’autres facteurs modifiables, c’est-à-dire le stress psycho social. Quand on est trop stressé, on peut avoir l’AVC et en plus il y a la sédentarité. Il faut régulièrement faire du sport, sinon on est à risque. Donc, si on lutte contre ces facteurs, on réduit considérablement les risques d’avoir d’AVC.

Guineematin.com : qu’est-ce qui fait qu’en Guinée il y a beaucoup de personnes qui sont frappées par cette maladie ?

Pr Fodé Abass Cissé : nous sommes vraiment frappés par l’AVC ; et, c’est d’ailleurs pourquoi on essaie de sensibiliser la population par rapport aux facteurs de risques. C’est plurifactoriel. Le premier, c’est l’inaccessibilité aux soins. Il faut savoir que la Guinée est classée 171ème sur 189 pays au monde. Donc, c’est un pays pauvre et à ressources limitées. Selon les statistiques, 40% des gens n’ont pas accès aux soins de santé primaires. Donc, quand les gens sont hypertendus, quand ils sont diabétiques, ils ne peuvent pas payer les médicaments tous les mois, ils n’adhèrent pas au traitement des maladies chroniques. Ce qui favorise le risque d’AVC. Le contexte social et la pauvreté aggravent le stress et le stress entraîne la survenue de ces AVC. Le style de vie, le mode de développement que nous avons aujourd’hui a une grande tendance à créer des bidonvilles qui sont très consommateurs et peu productifs. Donc, les gens bougent peu, on est assis parce qu’on a peur de courir dans la route, parce qu’il n’y a pas d’espace aménagé pour ça. Cela amène un AVC et enfin, il y a la qualité de l’alimentation. On a changé de style alimentaire. Avant, nos parents mangeaient du manioc tout frais, des pommes de terre, des patates, des aliments sains. Maintenant, nous mangeons du Ketchup, de la mayonnaise, nous allons tous dans les fast-foods, nous mangeons les kebabs. Et donc, ce style alimentaire nouveau que nous avons est un facteur de risque très important d’AVC. Donc, c’est un peu les raisons sociales, culturelles, alimentaires, c’est l’hygiène de vie, l’inaccessibilité aux soins… Tous ces facteurs mis ensemble avec les concentrations des populations dans la capitale, c’est tout cela qui favorise l’AVC contrairement aux autres pays.

Guineematin.com : est-ce qu’il y a une tranche d’âge qui est ciblée par l’AVC ?

Pr Fodé Abass Cissé : c’est ce qui se dit dans la littérature. Normalement, les AVC, c’est une maladie des sujets âgés. Par contre, dans les études en Afrique, 25 à 30% des cas surviennent chez les jeunes, c’est-à-dire des personnes de moins de 50 ans. C’est terrible, parce qu’on a une proportion élevée de patients d’AVC qui sont très jeunes en Afrique. Ce qui entraîne un handicap important ; mais, un nombre élevé d’années de vie perdues. Si vous avez un jeune de 45 ans qui a un AVC, qui ne se soigne pas, qui fait une hémorragie cérébrale, ça a un impact dévastateur sur sa famille, sur ses enfants ; mais, surtout sur la productivité. Donc, ce qu’il faut dire c’est que l’AVC en Afrique survient de façon plus précoce que dans les pays développés du fait qu’on est moins suivi, on mange moins de fruits et on fait moins de sport.

Guineematin.com : est-ce que la Guinée dispose aujourd’hui de statistiques sur le nombre de personnes atteintes d’AVC ?

Pr Fodé Abass Cissé : Honnêtement, il n’y a pas de statistiques très fiables. La raison est très simple : il n’y a pas de neurologues à l’intérieur du pays. Il existe 10 neurologues dans ce pays et ils sont tous dans la capitale. A partir du kilomètre 36 jusqu’à Lola, il n’y a pas de neurologue. Donc, on ne peut pas identifier les AVC. Il n’y a pas de scanner dans les CHU, on ne peut pas identifier correctement tous les AVC. Pour avoir les statistiques fiables, il faut faire des enquêtes porte à porte, des enquêtes épidémiologiques dans la communauté et avoir des registres établis à cet effet pour avoir une idée réelle de l’incidence. Il y a un programme national des maladies non transmissibles et on ose croire qu’avec les nouvelles autorités, nous allons avoir un accès à l’information, nous allons avoir les moyens pour avoir des registres bien établis, pas que pour l’AVC, mais pour toutes les maladies. Parce qu’on ne sait de quoi on parle que quand on en parle de chiffres. Donc, si nous avons un système d’informations sanitaires efficient et efficace, cela nous permet de donner des chiffres ; mais, il n’y a pas de chiffres exacts. Par contre, ce qu’on peut vous dire, c’est que dans notre service à Ignace Deen, nous avons un peu plus de 1100 patients AVC depuis 2017, période à laquelle on a mis en place un registre. Donc, on a un millier de malades. Ça nous permet d’étudier un peu les tendances. Et, aujourd’hui, il y a une tendance à la hausse des AVC dans notre pays.

Guineematin.com : comment comprenez-vous le fait que tous les neurologues soient à Conakry, au détriment de l’intérieur du pays ?

Pr Fodé Abass Cissé : C’est la maltraitance du personnel médical qui fait cela. Le personnel médical est mal traité. C’est un fait. Récemment, on m’a posé la question pour dire qu’il y a beaucoup de problèmes dans les hôpitaux. J’ai dit que c’est vrai ; mais, les bonnes actions amènent les bons comportements. Ce n’est pas parce que quelqu’un est allé dans un coin qu’on dit que c’est une clinique. Une clinique, c’est quand tu as un agrément. Quand tu n’as pas d’agrément, ce n’est pas une clinique. Donc, quand quelqu’un prend une maison dans un coin et qu’il n’est pas inscrit à l’ordre national des médecins, il fait des interventions, on dit que c’est un médecin. Mais, il faut avoir déjà son diplôme, il faut avoir la légalité, sinon, c’est un individu. Pour nous, c’est quelqu’un qu’il faut mettre hors d’état de nuire, qui salit la promotion ; mais, qui ne fait pas partie de la profession, parce qu’il n’est pas dans l’ordre des médecins.

La seconde chose, c’est parce qu’ils sont mal payés. Vous avez beaucoup plus de neurologues en région parisienne qu’en République de Guinée. Et, tous les médecins que vous avez rencontré avant de rentrer ici (son bureau : ndlr) ont envie de partir. C’est un personnel dépassionné qui n’a plus envie. Nous sommes à la fois victimes et bourreaux du système. Victimes, parce que nous-mêmes on n’a pas de couverture santé. Si on a un AVC, on paie de notre poche. Deuxièmement, on n’est pas récompensé. C’est le temps de le dire : les médecins guinéens travaillent malgré eux parce qu’ils ne sont pas récompensés dans la capitale et c’est un chef de service qui vous parle. Alors, si vous demandez à quelqu’un d’aller servir à Lola, s’il a un accident sur la route, s’il a une infection, s’il meurt là-bas, à qui il va se refaire ? Il faut tirer un chapeau, un salut magistral au personnel médical qui travaille à l’intérieur du pays. Mais, on ne peut pas avoir des spécialistes à l’intérieur du pays avec des discours. Il faut mettre les conditions. Les gens aujourd’hui ont besoin d’une qualité de vie sans laquelle ils n’y vont pas. Donc, aujourd’hui, il faut que les hôpitaux soient créés, qu’il y ait un salaire correct par rapport à celui de la sous-région. Il faut une efficience dans le système hospitalier pour espérer avoir les résultats. Ils ne peuvent aller pour 1 million ou 2 millions à Lola pour sacrifier leur vie. Ils vont se dire pourquoi ne pas rester à Conakry où aller ailleurs. C’est aussi simple que ça. La raison est plutôt alimentaire. Dans notre service de neurologie, on a plus de neurologues en région parisienne qu’en République de Guinée et ce n’est pas prêt de changer.

Guineematin.com : quel est votre message à l’endroit des guinéens par rapport à cette maladie ?

Pr Fodé Abass Cissé : l’AVC est grave.  Si vous n’avez rien compris de ce que j’ai dit, retenez que ça déshumanise. Ça met des gens en fauteuil, ça empêche les gens de parler, de comprendre et d’entendre. Il faut faire du sport régulièrement. Il faut réduire le sel, le sucre et le cholestérol. A partir de 40 ans, il faut se faire suivre régulièrement ; même si vous n’êtes pas malades. Si vous n’avez pas les moyens, vous avez droit d’aller à l’hôpital, vous demandez la neurologie, le chef de service, je serais dans l’obligation de vous examiner. Aux autorités, l’heure est à l’action. C’est un appel à l’action aujourd’hui. Prendre en charge l’AVC, c’est structurant pour tout le système sanitaire. Ça permet d’élever le niveau de l’hôpital, parce qu’on aura un meilleur accès aux malades aux urgences, on aura un meilleur du système des examens complémentaires : la biologie, l’imagerie. Ça va enrichir même l’hôpital, ça permettra de créer des hôpitaux de référence. Il faut aujourd’hui sortir des grands discours pour essayer de mettre en place l’équipement nécessaire et surtout s’occuper des médecins. Notre patron, que je salue de passage, quand on a été voir le président de la junte au palais, on a dit : occupez-vous des médecins. Parce que quand il faut maltraiter un médecin c’est facile ; mais, il faut s’occuper du médecin, parce qu’In fine, c’est lui qui est à l’hôpital et c’est lui qui va s’occuper des gens. Maintenant, s’il y en a qui font mal, ils doivent être mis en prison. Cela ne fait l’objet d’un débat. Mais, pour résumer mes propos, nous avons besoin du soutien de l’Etat pour l’équipement ; mais aussi pour l’organisation du plan de carrière des médecins pour qu’on puisse offrir des soins de qualité aux populations.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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An 63 de l’armée guinéenne : la compagnie d’infanterie de Dalaba en fête

2 novembre 2021 à 10 10 35 113511

Créée au lendemain de l’accession de la Guinée à la souveraineté nationale, l’armée guinéenne a célébré hier, lundi 1er novembre 2021, son 63ème anniversaire. A la compagnie d’infanterie de Dalaba, cette fête s’est déroulée sous la présidence du préfet Colonel Mohamed Bangoura. Et, dans son allocution, l’autorité préfectorale est revenue sur le rôle important que l’armée guinéenne a joué dans la sauvegarde de l’indépendance nationale.

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