Décidément, on aura tout vu et entendu dans ce pays. En toile de fond, la mise en place d’un collectif des frustrés du RPG. Lequel a convoqué la presse hier, vendredi 12 février 2021, pour s’adresser à l’opinion publique et au pouvoir en particulier. Devant le caractère atypique de l’événement les médias ont joué le jeu, en transmettant le message à qui de droit.

Si le dictionnaire nous définit la frustration comme « l’état d’une personne n’ayant pu satisfaire un désir », cette revendication est pour le moins atypique. Et pour cause, le plus souvent, la frustration n’est pas proclamée sur tous les toits. Un homme frustré à son poste démissionne en trouvant un bon prétexte. Au sein de partis politiques, il quitte son parti pour adhérer à un autre sans toutefois dire les véritables raisons pour lesquelles il quitte son parti.
C’est donc pour la première que des personnes, se disant ouvertement frustrées, s’adressent à la presse pour clamer et proclamer leur véritable état d’âme. C’est pourquoi, cette frustration frise le chantage. Les militants, qui se sont fait entendre ce vendredi, ne veulent rien d’autre que leur part du gâteau.

Portant le symbole du parti, ils veulent dire à leurs patrons qu’ils restent encore dans le même parti et qu’ils demandent juste leur part du gâteau. Reste à savoir s’il y a encore quelque chose à partager. Sans doute que ce petit groupe a franchi plusieurs étapes avant d’arriver à cette solution radicale. Il a dû essayer d’autres stratégies pour se faire entendre. Des stratégies qui ont échoué pour enfin passer à la vitesse supérieure. C’est-à-dire faire passer leur revendication par la presse. Laquelle presse prête malheureusement souvent le flanc à ce genre d’évènements.

Par le passé, il y a des gens qui ont fait le tour des radios privées de Conakry pour brandir des menaces contre le pouvoir. Une fois que ce dernier a accédé à leur exigence, ils ont retrouvé la même arme contre les journalistes grâce auxquels ils ont réalisé leurs rêves les plus fous. Mais, cela est une autre histoire.

Pour revenir donc au fameux collectif des frustrés, celui-ci a dit tout haut ce que beaucoup de cadres et militants pensent tout bas. Mais, ils ont pris un risque. Le cas de Fatou Bangoura, dont on dit qu’elle est Doumbouya, est encore là pour prouver que les temps ont changé. Désormais le leader du RPG a le troisième mandat en poche. Il est conscient que, sauf miracle, il pourrait difficilement avoir les conditions physiques et mentales pour solliciter un quatrième mandat. C’est autant dire que le RPG a rempli sa mission pour lui. Désormais, il appartient à ceux qui confondent la religion à la politique de mettre sur la place publique leur frustration.

Dans le meilleur des cas, le cri de cœur de ces militants qui déchantent sera ignoré par le destinataire de ce message. Et dans le pire, ils vont subir le même sort de la dame dont on a parlé plus haut. Ce qui est par contre inimaginable, c’est que le pouvoir prenne en compte toutes les revendications des frustrés. Non seulement il aura ouvert la boite à pandore mais aussi il ne pourra pas satisfaire tous les appétits des militants qui espéreraient que le RPG au pouvoir ce sera pour eux le paradis sur terre.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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