La Guinée a connu des évènements douloureux durant les différentes étapes de son histoire. Les victimes et survivants de graves violations commises ont peu bénéficié d’accompagnement, surtout à l’intérieur du pays. Les initiatives pour une justice transitionnelle ne sont pas nombreuses et celles qui existent sont très peu soutenues ou accompagnées par l’Etat guinéen. Ce, malgré la mise en place de la Commission Provisoire de la Réconciliation Nationale (CPRN) dans le pays.

C’est pourquoi la Plateforme des Jeunes Leaders pour la Démocratie et le Développement (PJDD), à travers le Projet d’Appui à l’Appropriation Locale et à l’Opérationnalisation de la Justice Transitionnelle en Guinée, veut s’employer à réconcilier les populations dans la région de Boké. Et, dans ce cadre, cette structure compte organiser dès la semaine prochaine des séances de travail dans cette région. C’est du moins l’information qui a été donnée ce samedi, 6 février 2021, en conférence de presse par le président de la PJDD, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon la PJDD, cette démarche vise à mettre en place une justice transitionnelle en Guinée. Et, à travers cette justice transitionnelle mettre sur pied des « comités » pour permettre aux citoyens d’avoir un cadre de dialogue constructif dans leur localité. Cette initiative devrait ainsi permettre de régler les problèmes de notre société en commençant par la base ; et, progressivement remonter au sommeil pour toucher les décideurs au plus haut niveau.

Ibrahima Aminata Diallo, président de la PJDD

« Le constat aujourd’hui, c’est que ce n’est pas seulement l’Etat qui exerce la violence sur les citoyens ; mais, de plus en plus, nous sommes en train de remarquer des cascades de violences entre les citoyens dans certaines préfectures et dans certaines localités de notre pays. Donc, nous pensons qu’à travers le concept de justice transitionnelle, on pourrait mettre en place ici des comités qui seront, disons des clubs pour permettre aux citoyens de parler du même langage. Parce que si toute fois vous vivez ensemble et que vous constatez qu’il y a une impunité qui est érigée en règle dans un pays où le citoyen n’a plus confiance en la justice, à mon avis il serait important que nous puissions innover pour ne plus que les citoyens entre eux se fassent du mal. Vous avez vu les cas de N’Zérékoré et Macenta tout récemment, vous avez vu aussi à Kankan avec l’abattage de ces bovins. Donc, pour éviter cela à l’avenir, nous pensons que c’est pendant la période d’accalmie qu’il faut mettre en place ces clubs pour vivre sous forme de justice transitionnelle, afin de permettre à tout le monde d’échanger et de dialoguer. Ceux qui sont  victimes peuvent venir à travers ce club, ne serait-ce qu’une animation par mois, échanger autour de ça. Comme ça, on va partir de la base vers le sommet, parce qu’il y a une crise de confiance entre les citoyens eux-mêmes et entre eux et l’Etat », a expliqué Ibrahima Aminata Diallo, le président de la PJDD.

Pour le moment, ce projet est en phase pilote. Il a démarré en 2019 pour un an, mais il a été très vite suspendu pour un long moment à cause de la pandémie de COVID-19 et les interminables crises politiques qui ont marqué l’année 2020 en Guinée. Ainsi, ce projet vient d’être relancé ; et, selon le président de la PJDD, il va dans un premier temps se matérialiser par la mise en place des comités dans les écoles.

« Le Projet d’Appui à l’Appropriation Locale et à l’Opérationnalisation de la Justice Transitionnelle en Guinée et la Basse Guinée est un projet pilote : la PJDD à Boké, l’ASD (Association des Amis de la Solidarité Sociale et du Développement) à Kankan. Nous sommes en consortium : l’ASD évolue dans certaines sous-préfectures et la préfecture de Kankan et la PJDD à Boké. Nous, nous avons choisi Boké parce que c’est une zone minière. Vous savez que c’est une zone conflictogène ; et, généralement il y a beaucoup de problèmes. Souvent, ce sont des problèmes domaniaux entre les citoyens résidants et les sociétés minières ; et, chaque fois il y a des revendications. Donc, nous pensons que nous pouvons évoluer dans cette zone avec le concept de justice transitionnelle pour partager notre approche avec ces citoyens ; bien-sûr avec la mise en place de ces comités et de ces clubs à la fois dans les écoles mais aussi dans les localités ciblées que sont Kamsar, Sangaredi et Kolaboui », a indiqué Ibrahima Aminata Diallo.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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