Gassama Diaby, ministre des Droits de l'HommeLa célébration de la journée internationale des Droits de l’Homme a été célébrée hier, jeudi 10 décembre 2015, par les autorités guinéennes, en collaboration avec le Haut Commissariat des Droits de l’Homme sous le thème ‘’Nos Droit, Nos Liberté Toujours’’ dans un réceptif hôtelier de la place.

A l’occasion de cette journée, Astou Mbow, la cheffe de l’unité et protection du HCDH, représentante de Jean Marie Bouaka, a rappelé le souhait du Haut Commissariat qui demande la ratification universelle et le respect des traités fondamentaux des droits de l’Homme  avant de rappeler les deux pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques et celui relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Selon elle, « ces deux pactes constituent le fondement de ce que nous reconnaissons aujourd’hui comme étant le droit international des droits de l’Homme. Ils ont  été ratifiés, respectivement par 168 et 164 Etats. Mais, 27  pays n’ont ratifié ni l’un ni l’autre et huit Etats n’ont ratifié que l’un des deux », a-t-elle expliqué.

Sur le contenu de ces importants textes, Astou Mbow a d’abord rappelé qu’ils visent les libertés fondamentales pour tous : liberté de vivre à l’abri de la peur et du besoin, liberté d’expression et de religion…

Pour sa part, Khalifa Gassama Diaby, le ministre des droits de l’Homme et des libertés publiques a tout d’abord salué les efforts fournis par la société civile guinéenne, des ONG de femmes qui, tous les jours, se battent sur le terrain pour rendre la dignité à ceux qui sont dans le besoin.

D’ailleurs, le ministre guinéen des droits de l’Homme souhaitera que cette journée soit l’occasion « pour tous les membres de la famille guinéenne d’exprimer leur attachement à un certain nombre de valeurs universelles des droits humains. Les droits de l’homme sont une culture de la tolérance, tout en respectant les autres. Les droits de l’Homme, c’est aussi une politique judicaire qui soit ferme, impeccable et exclusivement fondée sur le droit et sa primauté ».

Profitant de cette occasion, le ministre a évoqué et condamné des problèmes épineux de la Guinée comme les violences qui se font à l’intérieur du pays, avant de faire des visites de courtoisie dans plusieurs endroits de la capitale pour mieux partager la célébration de cette journée. Il s’est alors rendu au siège de certaines ONG qui défendent les droits de l’Homme en Guinée comme « F2DHG », au PM3 de Matam et à la DPJ de Kaloum.

Dans certains de ces lieux, le ministre a accepté de confier ses sentiments à la presse, notamment sur le fait que l’Etat ne fait pas suffisamment sur les questions des droits humains, surtout en matière de protection des victimes. « Il faudrait qu’il y ait un débat dans la société pour permettre au gouvernement de prendre des dispositions appropriées et l’Etat doit assumer cette mission de protéger les victimes sur les questions de viol. Comme le cas de viol des filles de 6, 8 à 9 ans qu’on a rencontré. Et, sur ces questions, il faut une véritable politique publique pénale pour permettre de lutter contre les viols et lorsqu’il y’en a de tout mettre en œuvre pour retrouver les auteurs de ces viols et les sanctionner conforment à la loi », a-t-il estimé.

Mais, le ministre des Droits de l’Homme trouve qu’il est « extrêmement choquant de constater en Guinée que ces choses ne dérangent pas, il n’y a pas d’indignation ! La société guinéenne reste apathique, reste passive, immobile, laisse faire et n’est pas choquée par cette atteinte à la dignité des femmes, des petites filles qui se font violer et assassiner… », a déploré le ministre Gassama Diaby. Le ministre guinéen craint qu’il y ait un problème moral dans la société guinéenne ! « Il faut, au-delà de l’Etat, que chaque guinéen s’interroge sur ces questions de viol », a-t-il recommandé.

Yacine Sylla pour Guineematin.com

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