François Faya BourounoAprès la convocation, l’audition et la rétention en garde à vue du député de l’UFDG, Ousmane Gaoual Diallo, la rédaction de Guineematin.com a joint ce mercredi 3 août 2016, le responsable de la Communication du PEDN de l’ancien ministre Lansana Kouyaté. Dans notre entretien téléphonique, Faya François Bourouno, a voulu couper la poire en deux. Il a tout d’abord regretté les abus de langage dans les discours politiques de ces derniers temps, avant de dénoncer ce qu’il qualifie « d’acharnement politique » dans notre pays.

Décryptage !

La position du PEDN, c’est d’abord de regretter que ces derniers temps, les discours politiques ont atteint une proportion inquiétante dans notre pays. On ne peut pas imaginer que dans une République, qu’on ait des invites à des manifestations et en même temps des invites à des contre manifestations et que cela soit cautionné par ceux qui gèrent l’Etat. Nous avons constaté ces derniers temps les propos du chef de l’Etat lui-même. Nous lisons ces derniers temps les propos de certains ministres et de certains acteurs politiques. Ça ne fait pas l’honneur de notre République. C’est le respect de la loi qui fait la force qui établit l’équilibre de la République. Aujourd’hui, nous sommes entrain de vivre une situation comme si l’Etat n’existait pas.

Il ne s’agit pas de s’attaquer uniquement au cas d’Ousmane Gaoual. Mais, de voir ce qui est à la base des abus de langage dans notre pays ? Qu’est-ce qui est à la base des invites à de la violence dans notre pays ? A la guerre civile ? Au carnage ? Ce sont des propos que le PEDN condamne. Quiconque les tiendra, le PEDN le condamnera fermement. Nous, nous sommes de l’opposition, nous sommes contre le système ; mais, nous nous opposons avec les moyens légaux et à travers des attitudes responsables et prévues par la loi. Donc, nous ne soutenons personne qui tient des discours visant à remettre en cause l’équilibre de la nation guinéenne.

Pour l’instant, le PEDN n’a pas encore écouté les propos qu’aurait tenus le député Ousmane Gaoual. Mais, nous disons simplement, par principe, qu’on condamne tout propos qui invite à lyncher les familles des citoyens guinéens ou tout propos qui incite à la guerre civile ou au carnage dans notre pays.

Lansana Kouyaté, président du PEDNDe l’autre côté, voulons-nous qu’il n’y ait plus de discours appelant à la violence dans ce pays ? Alors, il faut que l’Etat se remette en place et respecte les citoyens à travers l’invite au respect de nos différents textes de loi. Pour nous, nous sommes un parti qui condamne l’acharnement parce qu’on a l’impression qu’aujourd’hui que l’acharnement politique-politicien se substitue au droit. Ce n’est pas normal. Nous avons l’impression que notre système judiciaire, surtout sous l’ère de maître Cheick Sacko, est entrain de fonctionner avec deux boites à vitesse, même pas à double vitesse. Une boite automatique contre les opposants parce que là, c’est pour aller vite. Et, une boite à vitesse manuelle pour ceux qui sont du côté du pouvoir parce que là, il faut aller lentement et même ne pas engager de procédure.

Récemment, des propos ont été tenus par des responsables de la mouvance présidentielle qui accusaient le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, de préparer un coup d’Etat. Le PEDN est passé dans beaucoup de médias pour inviter le procureur à interpeller les personnes qui ont tenu ces discours et à démontrer par des preuves qu’il y a effectivement une telle préparation dans notre pays parce qu’un coup d’Etat, ce n’est pas seulement contre le chef de l’Etat, c’est contre tout le monde. Nous connaissons les dangers de ça, notre pays a connu combien de coup d’Etat ? Personne ne souhaite revenir à cela. Maintenant, que de tels propos soient tenus et que la justice ne se mette pas en branle, nous sommes dans quel Etat ?

Qu’on dise dans un pays qu’une entité politique veut manifester, c’est prévu par l’article 10 de notre constitution, en même que ceux qui gèrent le pays disent que nous allons contre-manifester, la justice ne dit rien dans ce sens, ce regrettable. C’est pourquoi, nous condamnons l’acharnement politique, le fonctionnement de la justice à travers deux boites à vitesse ; mais, nous condamnons également les propos qui remettent en cause l’équilibre de la nation guinéenne.

Propos recueillis et décryptés par Alpha Assia Baldé pour Guinematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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