Dans le but de renforcer la transparence et la participation dans la gouvernance des pêches maritimes, un atelier d’échange d’idées et de partage d’expérience s’est ouvert ce lundi, 02 juillet 2018, à Conakry, entre des experts venus de sept pays de la sous-région.

La rencontre vise à faire le point sur l’état général de la transparence et de la participation des acteurs non-étatiques dans le processus de gestion des pêches dans la sous-région, à expliquer et vulgariser la Fisherie Transparency Initiative (FiTI) à travers ses mécanismes de fonctionnement et ses modalités, à partager les expériences et les bonnes pratiques des pays déjà engagés dans l’initiative, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Frédéric Loua, ministre de la Pêche

Dans son discours à l’ouverture des travaux, le ministre de la Pêche et de l’Aquaculture, Frédéric Loua, a indiqué que ce secteur occupe une place importante dans l’économie de notre pays. Le ministre guinéen a cité en exemple les bénéficies sociaux et financiers générés par ce secteur, son apport de devises au budget national et l’accroissement des revenus nationaux œuvrant dans des domaines ayant des liens directs ou indirects avec le secteur.

Parmi les actions menées ces derniers temps dans la mise en œuvre de la procédure d’adhésion de la Guinée dans cette initiative (FiTI), Frédéric Loua a insisté sur l’accord de partenariat signé à Madrid, en 2016, entre la Guinée et la Humboldt-Viadrina, laquelle assure la fonction de secrétariat international de ladite initiative.

Par ailleurs, le ministre a rassuré que la surveillance participative des pêches qui est un aspect de transparence dans la cogestion des pêcheries sera poursuivie par notre pays. « Il est indéniable que la Guinée fut le premier Etat membre de la Commission sous-régionale des Pêches à adopter pour chaque année calendaire, depuis 1995, un plan d’aménagement des pêcheries. Il s’agissait dans cette démarche de soutenir les normes internationales relatives à la pêche, tel le Code de conduite pour une pêche responsable », a-t-il rappelé.

Ahmed Senhoury,

Pour sa part, le Directeur du Partenariat Régional pour la Conservation de la Zone Côtière et Marine en Afrique de l’Ouest, Ahmed Senhoury, a rappelé que la rencontre vise à : « sensibiliser les pays concernés sur la nécessité d’adhérer à l’initiative dans la transparence de la pêche qui est porteuse dans la mesure où la pêche constitue un secteur vital dans l’économie des différents pays de la sous-région. Nous voulons profiter de cette rencontre pour partager les expériences entre les pays adhérents, renforcer les capacités des acteurs et essayer d’avancer dans le processus d’adhésion des pays à cette initiative », a dit Ahmed Senhoury.

Gaoussou Guèye

De son côté, Gaoussou Guèye, le président de la Confédération Africaine des Organisations Professionnelles de la Pêche Artisanale (CAOPA) qui regroupe 24 pays, trouve que c’est une opportunité de parler des questions de gouvernance en matière de Pêche dans la sous-région. « Aujourd’hui, il y a beaucoup d’activités de pêche dans la sous-région. Et, nous savons que la pêche artisanale représente 80% dans nos débarcadères. Donc, pour nous, la première règle de transparence, c’est l’accès à l’information qui est pour le moment difficile. Aujourd’hui, il y a la Russie, la Chine, la Corée et autres. Personne ne sait ce qu’ils font dans nos eaux », a-t-il dénoncé, avant de se demander au cas où cette situation se renversait, si nos pêcheurs auront la possibilité d’aller faire la même chose dans les eaux territoriales de ces différents pays.

« La sécurité alimentaire dont on parle, sa base, c’est en Afrique. Je me demande en Guinée, si les gens restaient un jour jusqu’à midi sans consommer du poisson, qu’est-ce que cela va faire ? Au Sénégal, la même chose. Donc, il est indispensable qu’on aille vers la cogestion responsable et durable de nos ressources halieutiques ; mais, il faut nécessairement passer par la transparence », a insisté Gaoussou Guèye.

Rappelons que pour l’instant, trois pays (la Guinée, la Mauritanie et le Sénégal) ont adhéré à l’initiative ; et, plusieurs autres pays de la sous-région ont déclaré leurs intentions d’y adhérer. Les travaux se poursuivront jusqu’à demain, mardi 03 juillet 2018, dans l’après-midi.

A suivre !

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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