Pépé Toupou, député uninominal de Macenta, 1er-vice président de la commission Aménagement du Territoire et des Transports

Alors que la Guinée s’achemine vers les élections législatives du 16 février 2020, que l’opposition boycotte et compte empêcher, l’heure est au bilan dans de nombreux secteurs. Avant le renouvellement de l’Assemblée nationale, les députés jettent le regard sur le rétroviseur pour faire le bilan des cinq années passées à l’hémicycle. C’est dans cette dynamique qu’un reporter de Guineematin.com s’est entretenu avec Pépé Toupou, député uninominal de Macenta et premier-vice président de la commission Aménagement du Territoire et des Transports.

Avec monsieur Toupou, il a été question de plusieurs sujets d’actualité, notamment des cinq ans passés à l’Assemblée, de l’organisation des élections législatives et de la lancinante question de projet de nouvelle constitution qui divise les Guinéens.

Guineematin.com : quel est le sentiment qui vous anime après avoir passé 5 ans à l’Assemblée Nationale en tant que député uninominal de Macenta ?

Honorable Pépé Toupou : c’est un sentiment de joie et un sentiment de bonheur pour avoir représenté ma préfecture, représenté la nation pendant 05 ans. Cela m’a permis de mieux connaitre la Guinée et de mieux connaitre ma préfecture et aussi de vraiment servir de toutes mes forces mon pays et ma préfecture.

Guineematin.com : vous avez exprimé un sentiment de fierté d’avoir servi votre pays. Qu’est-ce qu’on peut retenir de votre bilan ?

Pépé Toupou, député uninominal de Macenta, 1er-vice président de la commission Aménagement du Territoire et des Transports

Honorable Pépé Toupou : je pense que là aussi, j’ai une autosatisfaction en ce sens qu’on n’a pas un bilan physique à présenter, c’est-à-dire qu’on ne peut pas montrer du doigt ce que nous avons fait en termes de bilan. Mais, nous plaidons par les fonctions régaliennes qui sont le vote des lois, le contrôle de l’activité gouvernementale et qui sont la restitution. Nous pensons que nous avons aussi à aller en tant que représentation de la population, faire des plaidoyers auprès de l’exécutif de certains travaux dont le pays a besoin pour son développement. Dans ce sens-là, je crois avoir fait quand-même assez de plaidoyers, mais évidemment c’est des actions qui sont collégiales. Soit c’est un autre qui commence ou vous venez vous ajouter ou vous commencez et un autre vient s’ajouter. Je peux parler par exemple de la bretelle de la route qui lie Binikala à la route nationale Gueckédou-Macenta. Là, j’ai plaidé et cette route relevant de ma commission, cela a facilité parce qu’à toutes les rencontres importantes nous avons eu à reprendre le refrain pour qu’un matin cela puisse être fait. Cette route, quand elle a été remise en bonne santé, a permis de désenclaver cette zone Binikala qui est une zone très riche sur le plan agricole, minier et même sur le plan commercial. Nous avons plaidé en faveur de la route qui lie Macenta à Konsakoro, c’est-à-dire sur la route nationale Kankan-Beyla. Cette route aussi, quand nous étions collégiens ou lycéens, les trains venaient nous déverser à Kankan. C’est par cette route qu’on regagnait Macenta. Donc, cette route aussi est très économique maintenant parce que Macenta est l’une des grandes préfectures productrices d’ignames et de bananes, pour l’évacuation de ces produits-là vers les zones de grande consommation, c’est la Haute Guinée et le Mali. Maintenant que nous n’avons pas encore pour le moment le chemin de fer réhabilité, nous pensons que par Konsakoro nous pouvons évacuer ces produits à Kankan et le Mali. Ensuite, nous avons eu à discuter longuement et à faire un plaidoyer en faveur de la route nationale Macenta-N’zérékoré pour le tronçon d’Irié-Koyamah jusqu’à Yela (frontière libérienne). Nous avons suffisamment versé assez de salives pour la réalisation et aujourd’hui, c’est chose faite parce qu’il y a déjà une société qui est entrain de travailler. C’est-à-dire dans un premier temps, pour le reprofilage, mais je pense que le réel projet c’est de bitumer. Parce que c’est une route à laquelle sont accrochées deux à trois préfectures de grande production agricole aussi. Nous avons aussi plaidé en faveur de la mini-centrale hydroélectrique de la Loffa et aujourd’hui à la faveur de l’achèvement de Kaléta, les chinois ont mis à la disposition de la Guinée trois petites turbines d’un maximum de 2 MW. A cause de la plaidoirie intense que nous avons faite auprès du département de l’Energie, nous avons pu avoir deux turbines dont le total peut à la réhabilitation de la Loffa et avec l’utilisation de ces deux turbines nous donner quelque chose de 3 MW et quelques. Ça aussi, ce n’est pas un rien parce que si nous avons une autonomie d’énergie à Macenta, ça sera un chapeau pour la préfecture. J’ai eu des relations très intimes avec la population. J’avais donné mon contact à toutes les sous-préfectures de sorte que chaque fois qu’il y avait des problèmes pour s’impliquer. Je quitte justement l’assemblée avec cette autre auto satisfaction parce que nous avons fait ce que nous pouvions. En tout cas, j’ai restitué moins les deux ans pendant lesquels j’étais malade, tous les travaux effectués à l’Assemblée Nationale, c’est-à-dire toutes les lois votées et les commentaires. Soit je prenais ma voiture pour circuler dans les quatorze sous-préfectures ou je rassemblais au centre-ville toutes les autorités pour restituer les travaux qui se font à l’Assemblée Nationale. J’étais fidèle à ça.

Guineematin.com : quel est votre regard sur l’Assemblée Nationale à laquelle vous avez appartenu surtout que Dr Ousmane Kaba avait affirmé que c’était la plus mauvaise législature dans l’histoire de notre pays ?

Honorable Pépé Toupou : de toutes les façons, chacun est libre d’interpréter comme il veut. Lui, c’était des gens qui ne venaient même pas à l’Assemblée Nationale. Ils ont eu le mandat, mais ils ne l’ont pas exercé. Ils comptaient sur leurs richesses et ils ne venaient pas. Ils ont occupé la place, mais ils ne venaient pas. Sinon, c’est un ami, mais franchement il n’était pas là. S’il dit que c’est la plus mauvaise assemblée, je me demande dans quel aspect ? Parce que toutes les lois qui étaient pendantes au niveau du gouvernement sont venues et nous les avons votées. Nous avons voté les lois les plus névralgiques. Quand nous parlons du Code Civil, ça c’est un document très volumineux, nous parlons du Code Pénal, le Code de Procédure Pénale, la loi sur la protection du patrimoine routier. Nous avons voté le Code de la route et sans compter les lois en termes de finance. Moi je crois que le bilan a été largement positif et je suis fier de le dire. Même le gouvernement lui-même peut témoigner que c’est des lois que nous avons voté et qui ont permis au gouvernement de souffler et de se tenir normalement.

Guineematin.com : les élections législatives sont annoncées pour le 16 février 2020. Quels sont les candidats du RPG arc-en-ciel dans la préfecture de Macenta ?

Honorable Pépé Toupou : à Macenta, nous avons notre neveu Lounceny Camara qui est candidat du parti à l’uninominal et nous avons la maman, la sœur Marie Kenneth comme candidate du parti sur la liste nationale. Ce sont les deux là pour le moment qui sont choisis.

Guineematin.com : vous étiez candidat à votre propre succession, mais finalement vous ne faites plus partie des choix du parti. Comment les choses se sont passées ?

Honorable Pépé Toupou : je pense que nous sommes en démocratie et il faut s’attendre à tout. Ce qui est sûr, c’est que les choses ont évolué et aujourd’hui vraiment je suis satisfait du résultat qu’il y a eu. Ce n’est pas un héritage pour dire quand on y vient, personne d’autre ne doit venir. On vient faire ce que l’on peut faire. Comme le président l’a dit, et c’est une vérité, nous ne déméritons pas mais quand il y a une consultation de ce genre-là, on peut toujours trouver des gens sur lesquels le consensus tombe.

Guineematin.com : vous ne pensez pas que c’est une sorte de sanction pour vous ?

Honorable Pépé Toupou : il n’y a aucune sanction. Le président a été clair pour dire que ceux qui n’ont pas été retenus n’ont pas démérités. Quand vous avez cinq choses à repartir entre vingt personnes, il n’est pas possible que toutes les vingt personnes soient satisfaites. On peut en écarter pas parce qu’il a démérité. C’est contre des gens que j’étais venu et c’est ce jour-là je ne pouvais pas prétendre que j’étais le meilleur. Il y avait des gens peut être qui auraient mieux fait que moi à l’Assemblée par rapport à mon bilan, mais c’est moi qui avait été choisi. Aujourd’hui, si d’autres sont choisis, vraiment je ne trouve à ça aucun mal. Ce n’est que le confort de la démocratie dans le parti.

Guineematin.com : l’opposition, à sa tête l’UFDG et l’UFR, compte boycotter et empêcher ces élections législatives parce qu’elle soutient que le processus est entaché de fraudes. Quelle est votre réaction ?

Honorable Pépé Toupou : moi j’ai toujours été clair. La Guinée n’a pas de chance parce qu’elle n’a pas une opposition réelle. L’opposition doit être constructive, l’opposition doit travailler pour le meilleur devenir du pays, elle doit travailler pour que ce pays-là aille de l’avant. Mais elle ne doit pas travailler dans la rue. Cette opposition depuis qu’elle est mise en place quand est-ce qu’on a entendu une fois vraiment un débat constructif ? Non. Toujours, c’est la rue parce qu’il y a absence de programmes chez eux. Ce qui fait qu’ils sont obligés d’être dans la rue, raconter du n’importe quoi, du tout et de rien. Si l’opposition dit qu’elle veut boycotter, cela n’est que conforme à ce que cette opposition est. C’est à ça que cette opposition est en train de travailler, mais c’est peine perdue. Parce qu’ils ne peuvent pas s’arrêter devant un monsieur pour lui dire que tu ne vas aux élections. Je ne vois pas en quoi ils peuvent le faire. C’est un pays qui est commandé. Ce n’est pas venir aujourd’hui crier dans la rue qui va empêcher les gens de partir voter. Ils font perdre du temps à leurs cadres parce que c’est des cadres qui pouvaient bien donner demain leur partition en faveur du développement de notre pays, mais ils vont les empêcher. Cela risque de créer des frustrations au sein de ces partis parce qu’il y a une question de manne financière à l’Assemblée Nationale. Ces gens comme souvent ils le faisaient pendant la mandature que nous finissons, tout le temps c’est la politique de la chaise vide. Je crois plus de trois à quatre fois ils étaient toujours absent soit un mois, deux mois ainsi de suite. Quand nous étions dans l’opposition, ce n’était pas comme ça. Sinon, il y a eu un référendum au cours duquel nous n’avons pas participé mais on n’a pas empêché, on n’a pas gêné les gens d’aller aux urnes. Ceux qui voulaient sont partis, mais dire que je ne vais pas à une consultation et que personne ne va à cette élection, mais c’est aller au-delà de son droit de citoyen. La limite du droit de quelqu’un s’arrête là-où commence celle des autres.

Guineematin.com : vous étiez l’un des premiers guinéens à vous prononcer sur l’idée d’une nouvelle constitution et aujourd’hui le projet est déjà élaboré, quel est votre sentiment ?

Pépé Toupou, député uninominal de Macenta, 1er-vice président de la commission Aménagement du Territoire et des Transports

Honorable Pépé Toupou : je suis satisfait à plus d’un titre parce que quand vous chantez, vous avez envie que tout le monde reprenne le chant. Moi j’ai chanté, Dieu a mis ça dans mon esprit de le dire et d’appeler le peuple de Guinée à voter pour une nouvelle constitution. A l’époque, je parlais de troisième mandat, mais quel que soit le nom que j’ai donné en ce moment-là, mais pour moi c’est que le président Alpha Condé continue à gérer. Ce n’est pas parce que je pense qu’il est sans pareil en Guinée mais pour le moment les doigtés qu’il a et ce que Dieu veut de lui ; laissons Dieu l’épuiser c’est-à-dire tirer de lui tout ce qu’il a besoin pour qu’un autre vienne. En 1993, il devait être élu. Tout le monde a vu comment le scénario s’est déroulé jusqu’au moment qu’on a cessé de lire même les résultats provisoires. Mais, cela n’a pas mis le feu à la demeure. Quand nous étions militants aveuglés, complètement passionnés, nous avons voulu aller marcher sur Sékhoutouréyah, j’étais de la partie. Mais Alpha Condé est venu couper la route en disant qu’il ne peut pas nous laisser. Si nous voulons aller marcher sur Sékhoutouréyah, de marcher sur lui d’abord avant d’aller. Parce qu’il pense que si nous allons, beaucoup allaient mourir. C’est en ce moment qu’il a lâché la célèbre phrase pour dire qu’il n’est pas venu pour gouverner un cimetière. Il l’a dit et nous sommes restés à son écoute. Je pense que cet homme mérite, il faut reconnaitre en lui ce qui est de vertu, ce qui est important. Aujourd’hui ce qu’il fait, je ne vois pas cette tête-là dans ce paysage politique qui peut le faire. Ce n’est pas du diable parce qu’il a préparé son temps, c’est un visionnaire. C’est différent d’un Sidya Touré qui est venu directement de la Côte D’Ivoire s’accrocher au parti de Goyo Zoumanigui. Avant de venir là, on a fait de lui Premier ministre, on a vu la gestion. C’est différent d’un Cellou Dalein Diallo qui sort de la fonction d’un Premier ministre où il s’est rendu riche jusqu’il soit apprécié au Sénégal. Je pense que tous ces gens-là ont montré leurs limites. Laissez ce monsieur (Alpha Condé), je ne dis pas en tant que militant, mais en tant que citoyen. Laissez vraiment ce monsieur déployer tout ce qu’il a sur son cœur, tout ce qu’il peut pour ce pays-là. Quand il met le goudron est-ce qu’il va barrer la route à ceux qui ne veulent pas de lui ? Non. Tout le monde va marcher sur ce goudron. Les gens n’ont qu’à comprendre que s’il y a nouvelle constitution ça veut dire que la constitution qui nous gérait était une constitution qui avait été mise en place par des gens coptés de toute part. Ce n’est pas comme ça. On a besoin d’une constitution qui soit votée par le peuple mais si une constitution est votée par des hommes qui viennent de toute part ; moi je pense que cela devait choquer chacun de nous. Je crois qu’une nouvelle constitution ne serait pas une mauvaise chose. Elle aide à remettre en actualité cette constitution.

Guineematin.com : vous prônez une nouvelle constitution mais le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) fait blocus à ce projet sur le terrain. Que pensez-vous du travail que fait cette entité ?

Honorable Pépé Toupou : il y a un peu de la faute des médias. Excusez-moi beaucoup parce que je suis vraiment en intimité avec les médias. Comment est-ce que vous pouvez imaginer qu’un président démocratiquement élu, qui vient trouver une constitution pas anti populaire mais qui a été mise en place par des gens qui ne sont pas de la représentation, imaginez depuis le décès de Sékou Touré, toutes les constitutions qui sont venues ont été votées soit par des gens coptés par ci-par-là, par un gouvernement de crise. Le Professeur Alpha Condé c’est en civil qu’il a été élu parmi ses pairs, il n’est pas un militaire et non plus il ne gouvernait pas avant. S’ils sont contre la nouvelle constitution, je me demande pourquoi. Sachant ce qu’est notre constitution, si on refuse maintenant quel est celui qui aura l’autorisation de changer ? Je ne vois pas comment on peut refuser le droit à un président démocratiquement élu de changer la constitution. Cela démontre la mauvaise pensée de ce FNDC là par rapport à la Guinée. Pour eux, aujourd’hui il faut être coûte que coûte au pouvoir, vaille que vaille… Tout le problème est là. Ces gens-là ne peuvent plus venir constituer du nouveau pour ce pays. Je profite de cet entretien pour dire que Dalein et Sidya ne pourront plus être présidents de ce pays. Quel que soit ce qu’ils feront. Cette nouvelle constitution en vaut la peine et le FNDC n’est pas mis en place pour ça. Si c’était un autre qui était candidat, ils seraient d’accord pour la nouvelle constitution mais comme ils savent que cette nouvelle constitution peut permettre au Professeur Alpha Condé de faire des réalisations, ils sont contre. C’est contre la personne physique d’Alpha Condé et aujourd’hui vous constatez que tout le monde veut la nouvelle constitution. Personne ne peut l’empêcher.

Guineematin.com : quel est votre dernier mot ?

Honorable Pépé Toupou : je vous remercie de m’avoir donné l’opportunité en tant que média hautement apprécié de la place pour que je puisse dérouler ce que je pense de notre mandature qui est en train de s’achever, parler de ce que j’ai fait comme effort pendant ce mandat et ensuite parler un peu de ce que nos amis de l’opposition sont en train de préparer. Ils sont en perte de vitesse, ils ne peuvent pas. Je pense que ça serait mieux d’accompagner le Professeur Alpha Condé. Si aujourd’hui ont dit que Dalein est l’un des richissimes du pays, quelqu’un qui a étudié à Gamal et qui n’avait pratiquement rien. Si après dix ans de fonction de ministre et de Premier ministre à la tête de ce pays devient richissime, allez savoir comment cela est. Il ne faut pas qu’il pense que les gens sont aveugles et que les gens ne savent pas à qui on a à faire. Ceux-ci ne peuvent rien de bon pour ce pays. L’homme que Dieu a choisi pour le moment c’est le Professeur Alpha Condé.

Interview réalisée par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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