Au lendemain de la journée mouvementée d’hier lundi, 06 janvier 2020, marquée par le pillage de plusieurs magasins et boutiques de Kankan, les victimes constatent les dégâts. D’énormes pertes matérielles ont eu lieu en plus des blessés, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Très tôt dans la matinée d’hier lundi, des apprentis de voitures à bord de plusieurs véhicules ont pris d’assaut les rues de Kankan. Comme le prouvent les mots qu’ils prononçaient, ils étaient à la recherche d’éventuels manifestants du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC).

Il va s’en suivre le pillage de plusieurs boutiques et magasins et des échauffourées à travers la ville, notamment dans les marchés Diaka, Lofèba, Dibida et au quartier Mobil. Les apprentis-transporteurs se sont également attaqués au siège de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition.

C’est au quartier Mobil que la tension est montée d’un cran entre les commerçants et les agents des forces de sécurités venus rétablir l’ordre. Aux environs de 15 heures, des commerçants du grand marché Lofèba et leurs agresseurs se sont livrés à une bataille rangée à l’aide de pierres avant de se faire disperser par du gaz lacrymogène.

La tristesse se lisait sur le visage des rares commerçants qui étaient encore sur place, victimes des pillages qui pointent un doigt accusateur sur le syndicat des transporteurs de la CNTG.

Mamadou Alpha Pellèle Bah

Mamadou Alpha Pellel Bah dénonce la complicité des services de sécurité et estime avoir perdu environ 100 millions de francs guinéens. « J’étais en ville, on m’a informé qu’il y avait des mouvements ici. Je suis vite revenu. Entretemps, des gens à bord de véhicules sont venus s’attaquer à nous. Ils ont été couverts par les forces de sécurités. Ils ont saccagé ma boutique, ils ont tout pris avant de mettre le feu au reste. On ne connait pas le nombre de téléphones emportés ni la somme d’argent. On peut estimer de 70 à 100 millions de nos francs. Ils ont tout emporté sous l’œil des forces de sécurité. J’avais confié ma moto à une femme qu’ils ont bastonnée avant de l’emporter. Quand je les ai suivis pour reprendre ma moto, ils m’ont bastonné », a-t-il expliqué.

Alsény Barry

Même son de cloche chez Alsény Barry, un autre commerçant en larmes, qui a raconté sa mésaventure. « Ils ont pris tout ce qui se trouvait dans mon magasin : des jus XXL, des boites de mayonnaise et beurre, beaucoup de choses, je ne peux pas tout citer ici. Ils ont tout cassé. Je ne pouvais rien dire. J’ai été le premier à m’installer à Mobil ici il y a 10 ans. Mais, jamais on n’avait connu des actes pareils », a-t-il dit.

Accusé de pillage de plusieurs boutiques, le responsable des syndicats des transporteurs, Moussa Djan, a tout balayé d’un revers de main.

A préciser que jusqu’à présent, les autorités concernées n’ont procédé à aucune arrestation.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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