Plus de neuf mois après son inculpation et son placement sous mandat de dépôt pour « viol sur mineure », Mohamed Béavogui a comparu le lundi dernier, 20 janvier 2020, devant le tribunal criminel de Dixinn (délocalisé à la mairie de Ratoma). Ce jeune homme de 32 ans a plaidé non coupable des faits articulés contre lui dans l’ordonnance de renvoi qui l’a conduit de le tribunal, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi ce procès.

Selon les informations, les faits reprochés à Mohamed Béavogui remontent au 1er Mai 2019 à Simbaya Gare, dans la commune de Matoto. A cette date, ce jeune artiste aurait abusé d’une fillette de 5 ans. « Il est accusé d’un viol par attouchement sexuel ». Seulement, cette accusation ne repose apparemment que sur les déclarations de la présumée victime qui aurait été interrogée par ses parents (en premier lieu sa mère). « Sa mère a déclaré qu’elle était en train de laver sa fille lorsqu’elle a constaté un enflement de la partie génitale de cette dernière. Et, quand elle a interrogé sa fille, celle-ci a dit qu’elle a été violée par Mohamed, le petit de son père…», souligne-t-on dans l’ordonnance de renvoi.

Appelé à la barre ce lundi, Mohamed Béavogui a réfuté les accusations portées contre lui. Il a juré par Dieu qu’il n’a jamais touché à cette fillette qu’il dit être moins âgée que ses deux enfants. « Le père de cette fille est mon grand. C’est lui aussi qui est mon locateur… Ce problème est arrivé à moins d’un mois après que j’ai été logé là-bas… Mon grand est venu me réveiller pour me dire qu’il lui a été rapporté que j’ai violé sa fille… Mais, je n’ai jamais fait ça. Cette fille est moins âgée que mes deux enfants. Et, je ne peux pas faire une telle chose à mon grand… Depuis que je suis chez lui, il n’y a pas eu grand-chose entre sa famille et moi. La fillette qu’on m’accuse d’avoir violé, je n’ai jamais touché son corps pour le temps que j’ai fait chez eux… Moi, quand je sors le matin, je ne reviens à la maison que le soir… », s’est défendu Mohamed Béavogui qui, depuis l’enquête préliminaire, clame son innocence dans cette affaire.
« Y-a-t-il un antécédent entre vous et les parents de la victime ? », interroge le juge en charge du dossier. Et l’accusé de répondre par la négative : « Sauf que sa mère se plaint souvent chez moi à propos de son mari qu’elle reproche de sortir fréquemment pour revenir une ou deux semaines après… Mon grand (le père de la victime) me doit 5 millions de francs guinéens aussi », clame-t-il.

Au cours des débats, le ministère public a laissé entendre qu’un rapport médicolégal versé au dossier de la procédure dit clairement que la fillette a été victime d’une agression sexuelle. « Bien qu’il ne dise pas que c’est vous qui êtes l’auteur, ce rapport est formel sur le fait qu’il y a eu viol sur cette fillette. Moi, je veux juste savoir si c’est une pénétration ou si c’est un attouchement sexuel que vous avez fait ». « Je n’ai rien fait », a rétorqué Mohamed Béavogui.

Appelé à la barre, le père de la victime a nié détenir un quelconque montant pour Mohamed Béavogui. Après avoir survolé les conditions lesquelles il a été informé du viol de sa fille, M. Camara a retiré sa plainte contre Mohamed Béavogui. « Quand ma femme m’a informé du viol, je suis venu interroger ma fille. Elle a dit que c’est Mohamed qui l’a violée. Mais, Mohamed n’a pas reconnu cela. Donc, je désiste de ma plainte… ». Selon l’ordonnance de renvoi M. Camara avait désisté de cette plainte depuis chez le magistrat instructeur.

Dans ses plaidoiries, le ministère public s’est résigné à demander la relaxe contre Mohamed Béavogui. « Ce qui est curieux dans cette affaire, Mohamed n’a été vu par personne d’autre pendant sa commission présumée de ce viol par attouchement. Et, après tous ces débats, nous (le ministère public) constatons qu’il y a un doute dans cette affaire. Et, en matière pénale, le doute profite à l’accusé… A ce stade, nous nous estimons que Mohamed Béavogui n’est pas l’auteur de ce viol. C’est pourquoi nous demandons au tribunal de renvoyer l’accusé des fins de la poursuite au profit du doute », a requis le procureur audiencier, Daye Mara.

Sans faire assez de commentaires, l’avocat de la défense, Me Tafsir Barry, s’est aligné derrière le ministère public pour demander la relaxe de son client. « Il n’y a aucune preuve matérielle, aucun témoin… et, vous avez entendu la partie civile désister de sa plainte. Face à un fait aussi grave que le viol sur mineure, le comportement de cette partie civile veut tout dire… Nous demandons la relaxe », a plaidé Me Tafsir Barry.

Finalement, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision à être rendue le 27 janvier prochain.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin