Comme annoncé précédemment, les autorités guinéennes ont procédé hier, mardi 31 mars 2020, à un réajustement du prix des produits pétroliers. Le litre de carburant qui se vendait à 10 000 francs à la pompe est revenu à 9000 francs. Si dans beaucoup de villes du pays cette baisse est jugée insignifiante, à Yomou, elle suscite très peu d’intérêt. Car, les habitants de cette localité, très enclavée du pays, savent que cette décision n’aura aucun effet sur leur quotidien, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Située à plus de 1000 kilomètres de la capitale guinéenne, la ville de Yomou ressemble à un territoire abandonné. En plus du mauvais état des routes, la commune urbaine ne possède actuellement d’aucune station-service fonctionnelle. La seule qui existait dans la ville est en panne depuis maintenant quatre (4) années.

Depuis 2016, le champ est libre pour le marché noir où les autorités n’ont aucun contrôle. Pendant que le litre de carburant se vendait à 10 000 francs à la pompe, le marché noir le proposait à 12 000 francs guinéens aux clients. Mais, ce prix peut varier en fonction des heures de la demande et de l’état du client. Et, le réajustement qui a consisté à ramener le prix du litre de carburant à 9000 (au lieu de 10 000) à la pompe ne promet rien de soulageant. D’ailleurs, cette décision frise le ridicule chez les adeptes du marché noir à Yomou.

« Cette baisse du prix du carburant est très minime. Ce n’est pas raisonnable. Ça revient toujours à la même chose. On s’attendait à 5000 francs ; mais, les 1000 francs de rabais qu’ils ont fait ne vont rien changer à Yomou. Moi, je quitte Yomou ici pour aller me ravitailler en carburant à Diecké. Quand je reviens, je revends le litre à 11 000 francs aux détaillants. Après, eux aussi, ils le revendent à 12 000 francs aux consommateurs », a expliqué Amadou Oury Diallo, un vendeur grossiste de carburant au marché noir.

Avec cette situation, tout porte à croire que Yomou est loin de sortir de l’auberge. Car, dans cette ville, la flexibilité des prix des produits pétroliers est le cadet des soucis. Surtout quand cette flexibilité conduit à un réajustement qui se conclut par une baisse « insignifiante » du prix du litre de carburant.

De Yomou, Michel Anas Koné pour Guineematin.com

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