Oustaz Mohamed Ramadan Bah, islamologue et imam à Koloma

Les bouleversements provoqués par la propagation de la pandémie du Coronavirus en Guinée n’épargnent quasiment aucun secteur. Même les funérailles des personnes décédées sont fortement impactées, puisque tous les lieux de culte sont fermés et les regroupements de plus de 20 personnes interdits. Comment faut-il s’y prendre donc en pareille situation quand on a un décès dans sa famille ?

Un journaliste de Guineematin.com a posé la question au chroniqueur islamique, Oustaz Mohamed Ramadan Bah. L’imam a expliqué la méthode à appliquer sans enfreindre aux règles de la religion musulmane et aux principes de l’état d’urgence sanitaire.

« En islam, s’il y a un décès, il faut forcément effectuer la prière funèbre et procéder à l’enterrement. Mais, en pareil cas, avec le Covid-19, un petit groupe de personnes peut se réunir, même s’ils ne sont pas nombreux, pour faire cette prière. Elle est obligatoire, mais ne nécessite pas forcément la présence de beaucoup de monde. Entre 3 et 10 personnes peuvent le faire et procéder à l’enterrement. Surtout que pour le moment, nos autorités n’ont interdit que les regroupements de plus de 20 personnes. Alors, moins de 10 personnes peuvent se réunir pour prier et faire l’enterrement. Le reste des personnes qui apprennent le décès peuvent faire des invocations pour le défunt. C’est la règle », a-t-il indiqué.

Et, bien que le nombre de participants à la prière funèbre soit nettement réduit, le leader religieux précise qu’ils doivent respecter la distanciation sociale et éviter de se serrer les mains. « C’est vrai, on dit qu’en priant sur le corps, il faut se serrer les épaules et les orteils. Mais, quand il y a une exception comme cette maladie, ce n’est plus obligatoire, il faut se mettre à équidistance. Voilà d’ailleurs pourquoi les lieux de culte sont fermés. Donc, quand on est en période d’exception, la religion assouplie puisque la religion elle-même, c’est la facilité. Sinon, on demande à tous les musulmans de jeûner. Mais, si on est malade, on ne peut pas. Là c’est une exception et l’islam dit que celui qui est malade peut manger et rembourser à la fin de sa maladie », souligne Oustaz Mohamed Ramadan.

L’imam rappelle que les mesures barrières édictées aujourd’hui par les spécialistes pour éviter la propagation du COVID-19, avaient déjà été annoncées il y a plus de 1400 ans, par le prophète de l’islam. D’où la nécessite pour les musulmans de les respecter. « On est en face d’une maladie où même la religion nous interdit de nous regrouper. Donc, il faut faire très attention et ne pas dire que c’est de la politique ou bien c’est contre la religion. Au temps du prophète Mohamed (PSL), il y avait ce genre de maladie. Et à son temps, il disait à ses compagnons que quand cette maladie arrive, ceux qui sont dans les endroits où il y a la maladie, ne doivent pas se déplacer, c’est-à-dire sortir de l’endroit où il y a la maladie.

Et ceux qui ne sont pas à l’endroit où il n’y a pas la maladie, ne doivent pas aller là où elle existe. Ça, c’est le conseil du prophète Mohamed (PSL). Donc, c’est en quelque sorte ce qu’on dit aujourd’hui le confinement. C’est à peu près la même chose. Quelque part aussi, le prophète (PSL) enseigne que quand une chamelle est galeuse, on ne doit pas la laisser aller s’abreuvoir parmi les chamelles qui sont saines. Tout cela, c’est pour ne pas propager les maladies. Donc, il faut faire attention et éviter les regroupements », conseille le leader religieux.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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