L’épidémie du Coronavirus continue sa propagation dans notre pays avec plus de 70 cas confirmés et plus de mille cas suspects à travers la Guinée. Cette maladie inquiète aussi bien les autorités que les citoyens avec une inquiétude de plus en plus grandissante. Les mendiants de Conakry, bien que conscients de la gravité de la maladie et de sa très rapide contagion, ne peuvent s’empêcher de se retrouver dans les carrefours pour tendre la main.

C’est le cas des mendiants qui prennent d’assaut quotidiennement le carrefour situé à quelques pas de l’hôpital de l’amitié Sino-guinéenne de Kipé, dans la commune de Ratoma. Rencontrés par un reporter de Guineematin.com dans la journée de ce samedi, 4 avril 2020, ces miséreux ont expliqué la galère qu’ils endurent à cette période de coronavirus et de ralentissement économique.

Madame Mariama Djouma Bah

Madame Mariama Djouma Bah : « malgré la présence de cette épidémie, je suis obligée de venir chercher la dépense quotidienne ici. Nous n’avons pas tous les kits de protection comme les cache-nez. Mais, des personnes de bonne volonté nous ont envoyés quelques sceaux pour le lavage des mains avec du chlore et du savon. C’est insuffisant, mais nous faisons avec. Je suis une veuve, j’ai des enfants et puisque je n’ai pas de moyens pour subvenir à leurs besoins, je viens ici chaque matin dans l’espoir d’avoir quelque chose à leur apporter. Donc c’est pourquoi, en dépit du fait qu’il y ait cette maladie en Guinée, nous sommes obligés de venir mendier ici tous les jours. Nous le faisons en cette période d’épidémie parce qu’on n’a pas le choix, on ne peut rester à la maison sans rien avoir à la poche. Donc, je profite de cette opportunité que vous m’offrez pour demander aux personnes de bonne volonté de nous venir en aide, de nous assister ».

Monsieur Mamadou Dian Baldé

Monsieur Mamadou Dian Baldé : « nous savons qu’il y a cette maladie contagieuse dans le pays. Nous avons pris quelques dispositions à notre niveau en installant quelques kits de lavage des mains. Donc, nous lavons régulièrement les mains à l’eau de javel. Ces mesures de lavage des mains sont strictement respectées. Chacun de nous ici lave ses mains quand il vient. Lorsqu’on part aux toilettes, nous lavons nos mains. Avant de manger, nous lavons nos mains. Nous venons mendier ici tous les jours non pas parce qu’on veut seulement le faire, mais c’est parce que nous sommes démunis, nous n’avons aucun moyen. Comme moi, beaucoup d’entre nous ici, pour avoir un repas, il nous faut venir nous asseoir ici dans l’espoir d’avoir un don. Moi, je suis un vieux, je n’ai rien et je n’ai pas quelqu’un qui peut m’aider. Donc, je n’ai vraiment pas autre choix que de venir mendier ici. Donc, nous demandons de l’aide. Nous prions Dieu que cette épidémie quitte définitivement notre pays. Parce que la maladie là a encore rendu la vie difficile aux guinéens. Nous ne gagnons pas comme avant. Ça, c’est dû au fait que ceux qui offrent, qui font du sacrifice, ils souffrent. Donc, nous continuons à prier, nous continuons à implorer Dieu afin que nous puissions en finir avec cette maladie ».

Madame Hassanatou Bah

Madame Hassanatou Bah : « nous avons reçu quelques kits, mais tout le monde n’en a pas eu. Nous demandons aux personnes de bonne volonté de nous assister. Nous sommes regroupés ici en nombre non pas pour désobéir aux instructions du gouvernement ; mais, c’est parce que nous n’avons pas de moyen. Moi, j’habitais à Kaporo-rails ; mais avec cette casse de nos maisons, je n’avais plus de moyens. J’ai été obligée de venir m’asseoir ici pour mendier, pour avoir de quoi nourrir mes enfants. Nous sommes là, certains passent et nous regarde bizarrement, d’autres mêmes nous insultent. Mais, quelqu’un qui est affamé, il ne peut avoir honte de mendier. Ici au moins, lorsqu’on vient, on gagne à manger, on ne rentre pas bredouille à la maison. »

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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