Mamadou Kaly Diallo, activiste des Droits de l’Homme et chargé de relations du programme Démocratie sans violence de la « Baïonnette intelligence »

Mamadou Kaly Diallo, activiste des droits de l’Homme et membre de l’ONG « Démocratie sans violence et Baïonnette intelligente », pense que l’Etat guinéen néglige des aspects très importants dans la lutte en cours contre la pandémie du Coronavirus. Il s’agit notamment du soutien aux populations vulnérables en cette période d’état d’urgence sanitaire, comprenant plusieurs restrictions. Dans un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, il a appelé les autorités du pays à se pencher sérieusement sur cette question.

« A mon avis, après le couvre-feu instauré dans tout le pays, l’isolement de Conakry, la fermeture des écoles, des lieux de culte et autres, l’Etat devrait s’illustrer dans les mesures d’accompagnement pour permettre aux populations de respecter ces mesures sanitaires. Ce n’est pas seulement en matière de violence qu’on doit sentir la présence de l’Etat. L’Etat, c’est aussi la puissance publique qui protège ses citoyens. Ailleurs, comme au Sénégal, l’Etat a accordé 180 mille francs CFA à chaque ménage. Le président Macky Sall a pris également en charge les salaires des enseignants des écoles privées dans tout le pays ainsi que les factures d’eau et d’électricité.

En Côte d’Ivoire, vous suivez ce qui se passe là-bas aussi. Au Niger, le Président Issoufou a demandé la mobilisation d’un milliard d’euros pour soutenir sa population. En Guinée, jusqu’ici, c’est la diminution de 1000 francs sur le prix du litre de carburant et 30 tonnes de riz offertes aux populations vulnérables qui ont été annoncés par le gouvernement. Je pense que nos dirigeants peuvent faire mieux.

Car cette maladie continue de progresser dans le monde. Et la Guinée n’est pas suffisamment préparée pour y faire face. Pour freiner son rythme de propagation, nous appelons les populations à respecter les mesures de confinement, la distanciation sociale et de lavage de main. Mais également et surtout l’Etat à multiplier les efforts pour accompagner sérieusement les ménages », a plaidé monsieur Diallo.

Pour le respect justement de la distanciation sociale, ce défenseur des droits humains estime qu’il faut désengorger les prisons. Ce qui consiste à libérer tous les prisonniers politiques et les détenus non criminels. « J’appelle à la sagesse du Chef de l’Etat, vu cette urgence sanitaire, et joignant ma voix à celle du secrétaire général des Nations Unies, pour demander la libération des prisonniers politiques et ceux des condamnés pour des délits mineurs. Le surpeuplement de nos prisons est un facteur handicapant à la lutte contre cette pandémie dans notre pays », a-t-il dit.

Par ailleurs, Kaly Diallo regrette la fermeture de tous les lieux de culte du pays. Une décision en vigueur depuis plus d’une semaine, dans le cadre de l’état d’urgence décrété par le président de la République. Il pense que cette mesure n’est pas bonne. « Même Dr Sakoba (le directeur général de l’agence nationale de sécurité sanitaire), a dit que c’est Dieu qui peut nous sauver de cette maladie.

Moi, je pense que si nous sommes sûrs que c’est Dieu seul qui peut nous sauver de cette pandémie, nous devons rouvrir les lieux de culte pour multiplier les invocations. Musulmans et Chrétiens devraient accroître les prières et les sacrifices pour solliciter le pardon de Dieu et sa protection. Mais en fermant les lieux de culte, je me demande comment est-ce que cela peut se faire. »

Ce membre de la Baïonnette intelligente condamne aussi les exactions perpétrées contre des citoyens par des agents des forces de l’ordre, qui prétendent faire respecter le couvre-feu nocturne (de 21 heures à 5 heures du matin). « Nous voulons que ces violences cessent complètement », a lancé Mamadou Kaly Diallo.

Entretien réalisé par Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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