Le coronavirus se propage à travers le monde à une vitesse exponentielle, semant la mort et une inquiétude inédite. Pour freiner sa propagation, les autorités sanitaires de la Guinée ont pris une batterie de mesures allant de la fermeture des frontières aériennes et terrestres à l’instauration d’un couvre-feu en passant la diminution du nombre d’occupants des véhicules de transports en commun et autres restrictions.

Alors que la localité de Kourémalé, à Siguiri, à 125 kilomètres de Bamako, capitale du Mali, est encore épargnée par le virus, les autorités sécuritaires ont mis sur pieds un dispositif approprié pour parer à toute éventualité. Dans un entretien accordé à l’envoyé spécial de Guineematin.com à Kourémalé, le commandant Mouctar Dioubaté, chef de la brigade de douane de Kourémalé, est revenu sur ce qui est fait sur le terrain dans le cadre de la riposte.

commandant Mouctar Dioubaté, chef de la brigade de douane de Kourémalé

Guineematin.com : bonjour mon Commandant. Devant la propagation du coronavirus, le président de la République a décrété l’état d’urgence sanitaire à travers tout le pays, avec une batterie de mesures. Qu’est-ce qui est fait à votre niveau ici à Kourémalé pour empêcher la propagation de la maladie et protéger les populations ?

Commandant Mouctar Dioubaté : merci d’avance. Nous, nous avons pris des précautions depuis qu’on appris qu’il y a coronavirus dans les autres pays. En ce moment-là, la Guinée n’avait pas enregistré ses premiers cas. C’est sur instruction de notre chef de bureau de douane, Commandant Moustapha Kourouma, qu’on a dépêché quelqu’un pour aller acheter des kits sanitaires. Donc, nous avons commencé à appliquer ça avant qu’on enregistre le coronavirus en Guinée. C’est ainsi que dès que le Président a dit de fermer les frontières, vous savez, ça débutait à 00h, donc on a immédiatement fermé. Mais, il y avait des taxis qui étaient du côté de Mali, ils avaient déjà bougé, c’est en cours de route qu’ils ont appris l’information. Donc, ils ne pouvaient plus retourner au Mali. On leur a dit de descendre tous dans les véhicules et prendre trois passagers. Depuis lors, il n’y a plus de taxis entre le Mali et la Guinée.

Guineematin.com : les véhicules qui transportent les marchandises sont exemptés de la fermeture de la frontière. Mais, est-ce que par endroit, les véhicules personnels n’échappent pas à votre contrôle ?

Commandant Mouctar Dioubaté : bon, en ce qui concerne les camions de marchandises, comme ça a été décrété, on a dit 3 personnes, un chauffeur et deux apprentis. Donc, ces marchandises sont des denrées alimentaires, quand ça doit aller à Kankan, on les appelle pour leur dire qu’on a laissé un camion rempli de telle ou de telle marchandise. Arrivés à destination, ils sont mis en quatorzaine. Maintenant, en ce qui concerne les véhicules personnels, sachez que la route est bloquée, parce que si quelqu’un veut rentrer, passer des deux côtés, il faut que je signe le laissez-passer. Actuellement, je ne le signe pas.

Guineematin.com : selon le constat que nous avons fait tout à l’heure, la frontière du côté malien n’est pas fermée. Est-ce que cela ne représente pas un handicap pour les autorités sécuritaires guinéennes ?

Commandant Mouctar Dioubaté : le Mali ne ferme pas sa frontière à la rentrée comme à la sortie. Mais, comme pour nous là c’est fermer, cela joue sur eux, parce que si ça ne sort pas ici, pour le Mali, bien que c’est ouvert, mais ils ne verront pas de véhicules. Même quand ils laissent des véhicules là-bas, ils ne peuvent pas rentrer ici.

Guineematin.com : pour éviter la propagation du Covid 19 dans votre service ici, quelles sont les mesures que vous avez adoptées ?

Commandant Mouctar Dioubaté : chez nous ici, on a respecté les mesures de distanciation entre nous. C’est à cause de cela qu’on a réduit le nombre du personnel de service. Par exemple pour aujourd’hui, on a pris un petit nombre de personnes, demain c’est un autre groupe qui sera là. Tout le monde se protège à travers les bavettes qu’ils viennent prendre dans mon bureau, plus du gel hydro-alcoolique. Depuis que vous êtes venus et que j’ai su que je dois signer votre ordre de mission, je me suis d’abord désinfecté les mains avant de toucher à votre ordre de mission. A la rentrée sur le territoire guinéen, il y a des kits sanitaires partout pour le lavage des mains, même devant les bureaux. Vous avez dû le constater vous-mêmes. Donc, ça c’est parce que nous sommes en contact avec les transitaires et ils viennent avec les dossiers à signer. Donc, il nous faut du gel hydro-alcoolique pour nous désinfecter les mains.

Guineematin.com : quel est le dernier mot mon Commandant ?

Commandant Mouctar Dioubaté : je demande à ce qu’on nous vienne en aide, notamment en termes de kits sanitaires. Vous savez que selon les spécialistes, les bavettes ne durent que pour deux ou trois heures, après cela il faudra l’enlever. Bientôt nous seront en rupture de gel hydro-alcoolique aussi. Donc, si on pouvait avoir cette aide, ça allait nous aider.

Entretien réalisé par Abdoulaye N’koya SYLLA, envoyé spécial de Guineematin.com à Kourémalé.

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