COVID-19 et Ramadan : hausse des prix des denrées alimentaires à Conakry

C’est devenu une habitude en Guinée. A la veille du mois de Ramadan, on assiste souvent à une montée en flèche du prix des denrées alimentaires de grande consommation. Et, cette année encore, le compte à rebours a été mis en marche. Les prix du riz, du sucre, de l’huile d’arachide commencent à grimper dans certains marchés de Conakry. C’est le cas au marché Lambanyi où les prix ont été revus à la hausse par les commerçants qui dénoncent, eux-mêmes, une « situation difficile », créée par la crise sanitaire due à l’épidémie de coronavirus, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui y a fait un tour ce mercredi, 22 avril 2020.

Ce n’est pas une surprise ; mais, c’est une grande préoccupation pour les guinéens qui se ravitaillent en denrées alimentaires au marché de Lambanyi. Dans ce lieu de commerce très prisé, les prix de certains produits de grande consommation connaissent une hausse spectaculaire. Ceci, en pleine épidémie de COVID-19 et à l’approche du Ramadan.

Selon nos constats sur place, le prix du sac de 50 kilogrammes de riz a déjà atteint la barre de 300 mille francs guinées ; tandis que le sac de 50 kilogrammes de sucre se vend à 350 mille francs guinéens.

Mamady Kébé, détenteur d’une boutique d’alimentation au marché de Lambanyi

« Les prix ont varié, ils ont été revus à la hausse. Actuellement, le prix du riz, du sucre, de l’huile… tout a augmenté. Avant, on vendait le sac de riz à 270 000 ou à 275 000 francs. Mais, aujourd’hui, le prix est allé jusqu’à 300 000 francs. Quant au sac de sucre, il est vendu actuellement à 350 000 francs ici ; alors que dans un passé récent, le prix n’atteignait même pas 300 000. Le prix du bidon de 20 litres d’huile d’arachide est relativement constant. Le bidon se vend à 237 000 francs, actuellement… Avec la maladie là (le COVID-19), on ne gagne pas assez de marchandises à revendre. L’approvisionnement est devenu un peu difficile. Les fournisseurs ne donnent plus à crédit leurs marchandises ; et, les prix ont déjà commencé à changer. Les clients se plaignent beaucoup de la cherté ; mais, on ne peut rien. Car, c’est difficile partout. Espérons que la maladie là finisse vite chez nous, parce que c’est un ennemi commun et invisible », a expliqué Mamady Kébé, détenteur d’une boutique d’alimentation au marché de Lambanyi.

Avec quasiment les mêmes arguments, Abdoulaye Bah parle de la hausse actuelle des prix et la « situation difficile » dans laquelle vivent à la fois les commerçants et les clients dans ce marché qui reçoit chaque jour un nombre incalculable de personnes. Et, comme notre précédent interlocuteur, ce vendeur met la « difficulté du moment » au compte de la pandémie COVID-19 qui a conduit à la fermeture des frontières de la Guinée.

Abdoulaye Bah

« En cette période de pandémie, la situation est très tendue. Ce n’est pas du tout facile de gagner de la marchandise et les clients sont rares. C’est très compliqué pour nous (les commerçants). Mais, malgré tout ça, on est là. Les prix ont augmenté. Par exemple, le sac de sucre qu’on vendait à 300 000 est monté à 350 000 francs ; le sac de riz est actuellement vendu entre 300 000 et 310 000 francs, alors qu’on revendait le même sac à 275 000 ou 280 000 francs à la rigueur. Le bidon de 20 litres d’huile d’arachide était vendu à 230 000 francs ; mais, actuellement, c’est à 245 000 ou même à 250 000 francs. Les gens souffrent énormément avec cette situation. Des fois, on reçoit des clients ici qui donnent l’impression de pleurer à cause de la hausse des prix. Mais, c’est la crise sanitaire de coronavirus qui a provoqué tout ça. Cependant, nous tous nous savons qu’à l’approche du Ramadan, les prix des denrées de grande consommation ont l’habitude d’augmenter. Mais, cette année, c’est autre chose. Parce qu’avec cette crise sanitaire, les choses sont devenues plus compliquées », a expliqué Abdoulaye Bah.

A noter qu’avec les difficultés d’approvisionnement évoquées, on court le risque de voir les prix des denrées alimentaires continuer leur ascension dans les différents marchés de la capitale guinéenne et à l’intérieur du pays. Ce, au grand dam des populations déjà durement éprouvées par le bouleversement de leurs habitudes sociales en cette période de coronavirus dans le monde et particulièrement en Guinée.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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