Forte de son expérience avec Eboa, la Guinée était censée mieux gérer la nouvelle pandémie que ses voisins. Pour le moment, il n’en est rien. Notre pays vient de passer le cap symbolique de 1 000 cas alors qu’à l’exception de la Côte d’Ivoire, aucun de ses voisins n’a encore atteint ce chiffre. Depuis le premier cas, identifié le 2 mars dernier, le nombre de malades ne cesse d’augmenter.

Selon les derniers chiffres communiqués par l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, le pays compte désormais 1 163 cas dont 246 guéris pour 7 décès. Le nombre de nouvelles infections dépasse largement celui de guérison. Pour les derniers chiffres, 98 contre 17, soit près de 83% de malades déclarés contre 17% de guéris. Ce qui explique le débordement que l’ANSS commence à enregistrer au niveau de ses centres de traitement.

Malheureusement, et pour ne rien arranger, certaines informations font état de la fuite d’une centaine de malades qui se seraient volatilisés dans la nature. Si ces informations se confirment, il faut craindre le pire. Près de 400 personnes infectées qui se retrouvent dans tout le pays, il faut multiplier ce nombre par deux voire par trois –pourquoi pas par dix- pour estimer le nombre de personnes potentiellement malades.

Comme l’a reconnu le chef de l’Etat lui-même, la gestion de l’épidémie laisse à désirer. Le président Alpha Condé a dénoncé la gestion de l’épidémie. Les faits auxquels nous assistons tous les jours lui donnent raison. Toutefois il ne s’agit pas se contenter de dénoncer. Si nécessaire il faut sanctionner.

Depuis l’identification du premier cas, les autorités ont fait preuve de complaisance pour la mise en quarantaine de contacts. A titre d’exemple, le premier malade de la préfecture de Labé serait revenu d’Espagne. A son arrivée à l’aéroport de Conakry les autorités l’avaient laissé rentrer chez lui tout en retenant son passeport. Ce citoyen s’était engagé de ne pas quitter la capitale pendant 14 jours. Mais il n’avait pas respecté son engagement.
Ce cas n’est pas unique. Le manque de rigueur dans la gestion de contacts est la raison principale de la propagation de l’épidémie à laquelle nous assistons. Particulièrement à Conakry. Et la fuite d’une centaine de personnes infectées, si elle se confirme, fait craindre le pire.

La Guinée fait désormais partie des pays les plus touchés de l’Afrique au Sud du Sahara. Avec par ordre, le Cameroun 1 705 cas, le Nigeria avec 1 273 malades et enfin la Cote d’Ivoire 1 164 cas. Il est fort probable qu’à l’issue du point quotidien sur les nouveaux cas positifs que la Guinée dépasse la Cote d’Ivoire dès aujourd’hui.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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