Avec l’apparition du Covid-19 en Guinée, de nombreuses mesures ont été prises par les autorités pour freiner sa propagation. Au nombreuse de ces mesures, figure la limitation du nombre de passagers à 3 pour les véhicules de transport en commun. La mesure a conduit à une hausse des frais de transport, avec les prix qui ont doublé par tronçon, au grand dam des citoyens qui ne savent plus à quel saint se vouer, a constaté sur le terrain Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’apparition et la propagation du Covid-19 ont fini par bousculer les habitudes, rendant compliquée la vie de nombreux compatriotes. La diminution du nombre d’occupants des véhicules de transport en commun a entrainé une hausse des frais de transport. Contraints de respecter cette décision visant à limiter la chaine de propagation de la maladie, les conducteurs de taxis ont opté pour le doublé du prix habituel, au grand dam des passagers.

C’est le cas par exemple du tronçon Kiroti-Yembéya, dans la commune de Ratoma, où le prix est passé de 1 500 à 3 000 francs guinéens. Interrogé à ce sujet hier, mercredi 29 avril 2020, Aboubacar Soumah, chauffeur sur cet axe, justifie cette augmentation par la rareté des passagers, mais aussi par la réduction insignifiante du prix du litre du carburant à la pompe.

Aboubacar Soumah, chauffeur de taxi

« Nous respectons la décision du gouvernement qui dit de prendre une personne devant et deux autres derrière. Mais à l’heure-là, les clients se font rares à cause de la pandémie du Coronavirus. Donc, nous avons augmenté le prix du transport parce que le carburant est cher. Si le gouvernement baisse le prix du carburant, nous serons obligés aussi de diminuer. Je peux vous dire que rien ne marche à l’heure-là et nous sommes en manque de passagers », s’est-il plaint.

Abdourahimy Diallo, conducteur de taximoto

Du côté des conducteurs de mototaxis, cette interdiction de plus de deux passagers a entraîné une baisse considérable des revenus. C’est du moins ce qu’a dit Abdourahimi Diallo, taxi-motard de profession. « Je peux vous dire que nos revenus ont considérablement baissé. Certains passagers viennent à deux et ne peuvent pas payer le prix normal. Donc, ils sont obligés de marcher. Si au moins la surcharge était acceptée, on pouvait faire un rabais pour eux en les conduisant sans problème. Nous ici, rien n’a augmenté au niveau du prix du transport. On a respecté ce qui est dit. Donc, le gouvernement doit nous aider à faire quelque chose à propos du carburant », a- t-il plaidé.

Pour le reste, la situation reste compliquée, soutient Abdourahimi Diallo. « Ça ne marche pas beaucoup, mais on se contente du peu qu’on gagne. En vérité, le moment est difficile depuis l’apparition de cette maladie dans notre pays ».

Aboubacar Camara, passager

Avec l’augmentation du prix du transport, certains passagers qui empruntent la route Kiroti-Yembéya préfèrent marcher pour rejoindre leurs domiciles. C’est le cas d’Aboubacar Camara, qui alterne entre taxis et marche. « Si la distance est très longue, c’est en ce moment que j’emprunte le taxi, malgré moi. Mais, si c’est une petite distance, je n’ai pas d’autre choix que de marcher pour arriver chez moi. Vous voyez, je suis seul derrière, pour ne pas trop retarder, je préfère payer 5000 francs pour aller à Yembéya carrefour », dit-il.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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