La préfecture de Siguiri, une zone aurifère par excellence, subi aujourd’hui de plein fouet les conséquences de l’exploitation artisanale de l’or. L’utilisation de produits toxiques, la coupe du bois et l’agression du lit des cours d’eau ont sérieusement impacté l’environnement. Les autorités sont impuissantes face aux agissements des agresseurs de la nature, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Les agresseurs de la nature ne reculent devant rien dans leur forfaiture à Siguiri. La corruption et l’impuissance des autorités viennent s’ajouter à cette inquiétante situation. Les cours d’eau ont tari ou sont empoisonnés par les produits chimiques.

Les Mossis, originaires du Burkina Faso, sont accusés d’être les principaux acteurs de cette mise à mort de l’environnement, parfois à coup de billets de banques. Un d’entre eux, interrogé par notre reporter, dit payer de l’argent à la direction préfectorale de l’environnement pour travailler. « Dire qu’on se cache pour travailler, c’est faux. Seulement, quand il y a une mission d’Etat, ils nous informent de déguerpir des lieux jusqu’à la fin de la mission. Nous payons de l’argent ; pour l’installation d’une laverie, c’est 200 000 GNF, l’utilisation des produits à 500 000 GNF. Il y a aussi des gendarmes qui nous protègent. Eux aussi, on leur donne de l’argent. Voilà comment nous travaillons. Ceux qui viennent nous prendre de l’argent travaillent avec le service de l’environnement. Mais, nous traitons directement avec les tombolomans et quelques gendarmes », a dit un Burkinabé sous anonymat.

Interrogé sur la question, Fodé Sory Sacko, conseiller communal à Doko et président de la commission Mines, dit avoir été frappé par les tombolomans. « Cette pratique est fréquente chez- nous aujourd’hui à Doko. J’ai même été frappé par certains jeunes par ce que j’ai voulu les dissuader. Nous avons une rivière près du village Tonson, les Mossis ont installé les laveries partout. Etant président de la commission Mines, je suis venu leur dire d’arrêter. Ils m’ont dit clairement qu’ils refusent et qu’ils payent de l’argent. Ils sont en complicité avec les gendarmes qui sont là. A la fin de chaque mois, ces Mossis payent de l’argent, soit 200 000 GNF et les agents leur disent d’aller travailler. Quand j’ai insisté, ils m’ont frappé et déchiré mes chemises », a expliqué monsieur Sacko.

Le directeur préfectoral de l’environnement de Siguiri, Aboubacar Sidiki Keita, a dit son impuissance face aux agissements des agresseurs de la nature qui bénéficient de protection. « Je suis dans une situation très difficile à gérer. J’ai 7 sections à coordonner. Mais, c’est à l’environnement où tous ces problèmes se passent. Sincèrement, cette section est gérée par des jeunes inexpérimentés qui veulent avoir de l’argent à tout prix. Ce sont des recommandés. Quand tu touches à un seul d’entre eux, tu as tous les problèmes du monde, c’est des appels, des intimidations », a-t-il révélé.

De Siguiri, Bérété Lanceï Condé pour Guineematin.com

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