Il n’est un secret pour personne que les routes guinéennes sont en très mauvais état. Les tronçons interurbains le sont plus encore au grand dam des usagers, réduits à en subir les conséquences. Le tronçon Faranah-Mamou n’est pas épargné par cette triste réalité où les citoyens ont décidé de se battre avec les moyens du bord pour se tirer d’affaire. Les risques d’attaques à main armée, la boue, les crevasses et autres points noirs constituent le spectacle quotidien des usagers de ce tronçon de 185 kilomètres, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Le tronçon Faranah-Mamou fait partie des sentiers oubliés par la gouvernance Alpha Condé. Devant les multiples nids de poules et autres situations délicates sur ce tronçon, on a noté une chaine de solidarité qui s’est mise en place pour y faire face. Les syndicats des transporteurs de N’zérékoré, Macenta, Guéckédou, Kissidougou et Faranah ainsi que les commerçants résidents dans la commune urbaine de Faranah ont pris l’initiative de remplir les points noirs de ce tronçon.

C’est le secteur Lolly, dans la sous-préfecture de Maréla, qui a bénéficié des premiers coups de pioche au compte des travaux d’entretien pour la journée du dimanche, 07 juin 2020.

Au nom des syndicats des transporteurs de la région forestière, Mamadou Sanoussy a expliqué en détail les raisons d’une telle mobilisation. « Aujourd’hui, nous nous sommes associés pour boucher les points noirs entre Faranah et Maréla. Nous sommes confrontés à plusieurs problèmes dûs à l’état de la route tels que les accidents, les pannes, les attaques à mains armées. On n’a pas de moyen pour bien réhabiliter cette route, c’est pourquoi nous nous débrouillons pour montrer à l’Etat guinéens et les syndicats que si on avait les moyens, on allait faire plus que çà pour satisfaire les usagers de cette route ».

De son côté, Aboubacar Diakité de la section syndicale des transporteurs de Maréla a précisé les conséquences du mauvais état de la route. « Généralement, la plupart des véhicules qui passent ici tombent en panne à cause de la dégradation poussée de la route. Ces véhicules qui tombent en panne contiennent des marchandises périssables. Les chargements de bananes et autres pourrissent ici. Quand je vois les propriétaires de ces marchandises pleurer, ça me fait pitié. Nous demandons au gouvernement d’appuyer cette initiative pour une bonne circulation des personnes et de leurs biens. »

Pour sa part, Karfa Camara, chauffeur de minibus, n’a pas caché son indignation face au temps qu’ils mettent sur ces routes impraticables. « Il faut que le gouvernement prenne ses précautions pour cette route. Avant, on faisait au maximum 4 heures entre Faranah et Mamou ; mais présentement, il nous faut plus de 10 h pour parcourir la même distance. Pourtant, c’est une route internationale qui est en train d’être coupée au vu et au su des décideurs. Si rien n’est fait, Faranah et la Forêt risquent de se couper du reste de la Guinée », a martelé Karfa Camara.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tel : 00224 620241513/660272707

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