Le Tribunal de Première Instance (TPI) de Macenta a repris ses audiences criminelles après plusieurs mois de suspension liée à la prévention du coronavirus. La cérémonie, présidée par le préfet, a eu lieu dans la journée d’hier, lundi 29 juin 2020. A part les autorités administratives, elle a regroupé les parties civiles, les avocats de la défense et certains citoyens de la ville dans le strict respect des mesures d’urgence sanitaire, rapporte Guineematin.com à travers son correspondant dans la région.

A l’image de toutes les juridictions du pays, le Tribunal de Première Instance de Macenta avait arrêté ses audiences pour éviter la propagation du coronavirus. Après 3 mois de suspension, cette juridiction située à 801 km de Conakry, a repris ses audiences criminelles.

Abdoulaye Babady Camara, procureur du TPI de Macenta

Prenant la parole, le procureur de la République près le TPI de Macenta, Abdoulaye Babady Camara, a planté le décor. « Nous avons mis un arrêt après l’étape des audiences de Guéckédou due à cette maladie. Mais aujourd’hui, nous avons décidé de reprendre cette audience tout en respectant les mesures barrières contre la Covid-19. Parce que les gens qui sont en détention, il faut les situer sur leur sort. Nous avons décidé de revenir sur les audiences criminelles, c’est dans le souci bien évidemment des mesures sanitaires. Puisque la population carcérale, quand nous tenons compte de la population dans le cadre de la prévention de cette maladie, c’est aussi important. Aujourd’hui sur le rôle de cette audience nous avons 7 dossiers repartis en meurtres, coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner, incendie volontaire, notamment des dossiers de viol qui sont les plus nombreux. Ces audiences s’inscrivent dans la droite ligne de la lutte contre l’impunité. C’est pourquoi nous avons décidé de reprendre ces audiences pour que ceux qui sont en détention soient situés sur leur sort. »

Poursuivant, monsieur Camara a énuméré ses attentes au terme de ces audiences criminelles. « Le ministère public que je représente dans ces différents dossiers, je veillerai que la loi soit dite dans les différents dossiers, pour qu’il y ait une application stricte de la loi pénale. Et je souhaiterai que le tribunal me suive dans cette démarche. Et je vais les assurer à ce que la loi pénale soit dite, et qu’aucun coupable ne sorte d’ici sans qu’une peine ne soit prononcée en son encontre et qu’aucun innocent ne soit condamné ».

Cheick Mohamed Diallo, préfet de Macenta

Le préfet de Macenta, Cheick Mohamed Diallo, a dit toute sa joie de voir cette reprise des audiences. Il a émis le souhait que la justice joue son rôle d’éducateur de la société. « C’est un sentiment de satisfaction et de joie, puis qu’on est venu dire la loi. Les accusés doivent s’assurer qu’aucun ne sera condamné à tort. Les condamnations seront en hauteur de leur forfaiture. En plus, ce qui m’anime encore, c’est le fait de rapprocher la justice aux justiciables. Parce que c’est une manière d’éduquer, tous ceux qui vont assister à cette audience sortiront de la salle avec un autre esprit qui va leur permettre de bien se comporter dans la société. Je sais que la vérité sera dite par les juges et pour cela j’ai beaucoup d’espoir. C’est une deuxième que ces jugements se passent en présence des populations de Macenta. Avant, Macenta était une justice de paix, maintenant il est érigé en tribunal de première instance, et les crimes sont désormais jugés sur place et le fait d’assister à cela et procéder à l’ouverture de cet évènement me réjouit à plus d’un titre », a laissé entendre monsieur Diallo.

De Macenta, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tel : +224620166816/666890877

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