Les cours ont repris effectivement ce jeudi, 2 juillet 2020, dans les écoles privées de Labé. Cela fait suite à l’accord trouvé la veille entre les fondateurs de ces établissements scolaires et leurs enseignants. Un accord trouvé grâce à l’implication des autorités locales, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Dans la journée d’hier, mercredi, le maire de la commune urbaine de Labé, Mamadou Aliou Laly Diallo, a réuni autour de lui, les fondateurs des écoles privées de la ville, les enseignants en grève, les autorités éducatives (IRE et DPE), l’inspecteur régional du travail, l’APEAE, et la centrale syndicale CNTG. Ces différents acteurs ont discuté pendant plusieurs heures avant de parvenir à un compromis permettant la reprise des cours dans les écoles privées.

Mamadou Aliou Laly Diallo, maire de la commune urbaine de Labé

« Comme nous avons constaté que la crise ne faisait que s’approfondir, la commune a eu l’initiative de s’impliquer. Nous avons réussi à rapprocher les enseignants du privé, l’association des fondateurs des écoles privées, les syndicats, l’inspection régionale du travail, l’inspection régionale de l’éducation et la direction préfectorale de l’éducation. Et aujourd’hui, nous avons réussi à avoir un protocole d’accord qui va nous amener à reprendre les cours dès ce jeudi 2 juillet 2020 dans les différentes écoles privées de Labé où les cours étaient perturbés depuis trois jours.

C’est pourquoi, j’appelle toutes les parties concernées au respect de ce protocole d’accord. Aux enseignants de reprendre les cours d’une part, et aux fondateurs d’honorer les engagements pris. Et aussi, je demande aux parents d’élèves de payer les frais de scolarité de leurs enfants. Sinon, les écoles privées risquent de se retrouver dans d’autres difficultés, voire dans l’impossibilité même de payer les enseignants », a déclaré le maire de Labé, au sortir de cette rencontre tenue dans les locaux de la commune.

Mamadou Dian Diallo, inspecteur régional du travail

De son côté, l’inspecteur régional du travail est revenu en détail sur le contenu de l’accord trouvé. « Les enseignants réclament trois mois d’arriérés de salaires. Mais nous leur avons rappelé qu’une telle situation est considérée comme étant un chômage technique. Donc en pareilles circonstances, le code du travail prévoit que le travailleur doit recevoir 30 % de son salaire mensuel. Mais au cours des négociations, nous avons constaté que les 30 % de ces trois mois ne pouvaient pas faire le mois entier de salaire.

Et les négociations ont porté non seulement sur les enseignants du primaire mais aussi sur les enseignants du collège. Donc nous sommes dits de payer ces enseignants le mois en deux étapes. La première étape ne doit concerner que les maîtres ou les professeurs qui sont en situation de classe d’examen. Ceux-ci vont être payés entre le 02 et le 05 du mois en cours. Et les autres classes intermédiaires vont être payées entre le 05 et le 15 du mois en cours pour leur permettre au moins de trouver le transport et aller dispenser les cours dans ces écoles.

Il y avait d’autres points de revendications qui portaient sur le non renvoi des enseignants pour fait de grève, ça c’est acquis. Et à partir de l’ouverture prochaine, nous allons uniformiser des contrats. Pour ce faire, nous allons inviter les enseignants et les fondateurs autour de la table pour négocier autour de l’élaboration de ces contrats », a indiqué Mamadou Dian Diallo.

Cet accord a été salué non seulement par les enseignants mais aussi par les fondateurs des écoles privées. « Les enseignants avaient demandé trois mois de salaires, mais à l’issue des négociations, nous nous sommes convenus de payer un mois de salaire à tous les enseignants du privé, compte tenu des difficultés que rencontrent les écoles privées. Nous sommes contents du dénouement heureux de cette crise.

Et au nom des fondateurs d’écoles privées, je m’engage à respecter cet accord. Par conséquent, nous demandons aux parents d’élèves de venir s’acquitter des arriérés des frais de scolarité qu’ils doivent pour que nous puissions payer immédiatement les enseignants parce que nous comptons que sur ça », a déclaré Yamoussa Soumah, le président de l’association des fondateurs des écoles privées de Labé.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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