La grandiose et pacifique manifestation du mardi dernier contre le manque du courant électrique dans la ville continue d’occuper la Une des conversations. Alors que l’unanimité se dégageait sur la mobilisation et de la qualité de l’organisation des jeunes protestataire, une voix toute singulière vient de se faire entendre ! Le Sotikèmo (patriarche) avait demandait, le lundi 06 juillet, la veille de la manifestation, de renoncer à cette sortie.

Lors d’une réunion organisée hier, les sages de Kankan ont déploré le refus des jeunes à se plier à la demande du patriarche. On prend cette manifestation comme une humiliation du patriarche dont la voix est rabaissée à la catégorie des gouvernants, incapables de satisfaire aux attentes des citoyens.

Mohamed Lamine Kaba, porte parole de la notabilité de Kankan

« De son arrière-grand-père, de ses pères, de ses frères, il n’y a jamais eu de désobéissance. Nous pensons que cela doit être respecté par tous les citoyens de Kankan, sans exception. Mais, malheureusement, nous avons remarqué que la décision du Sotikèmo, a été outrepassée par une frange de cette jeunesse. Le sotikèmo ne l’a pas accepté, il ne l’a pas digéré. Il a été offusqué, il a été indigné, il a été humilié », a expliqué Mohamed Lamine Kaba, le porte-parole des Sédè de Kankan auprès de la notabilité.

Sans rien dire du bien fondé de la noble revendication des jeunes, qui réclament l’électricité pour la ville, monsieur Kaba estime juste que la population de Kankan doit se plier à la demande du patriarche. « Le sotikèmo demande à la population de Kankan de se ressaisir, d’accepter de l’écouter, d’accepter d’appliquer ce qu’il prend comme décision dans sa cité. Ceux qui vont l’appliquer auront sa bénédiction ; ceux qui ne l’appliqueront pas, il ne les maudit pas, mais tout le monde sait que si le Sotikèmo est fâché, l’arrière, c’est la malédiction », a-t- dit.

A rappeler que les jeunes de Kankan, regroupé dans un mouvement qui réclame l’électrification de la Haute Guinée, enregistrent chaque fois plus d’adhésion par la force de leurs mobilisations dans les rues de la capitale de la savane guinéenne. Désormais, ils ne se contentent plus de demander le courant électrique qu’on fournit au gré des échéances électorales. Les manifestants exigent la construction d’un barrage hydroélectrique pour que leurs vies et celles de leurs enfants et petits-enfants ne soient pas aussi difficiles que celles de leurs parents et grands-parents.

A suivre !

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin