Général Francis BEHANZIN, commissaire aux affaires politiques, paix et sécurité de la CEDEAO

La CEDEAO a présenté ce mercredi, 23 septembre 2020, le rapport de l’audit du fichier électoral guinéen effectué par ses experts déployés récemment à Conakry à cet effet. La cérémonie a eu lieu dans un réceptif hôtelier de la capitale guinéenne, en présence du président de la CENI, des partis politiques en lice pour la présidentielle du 18 octobre, de représentants de la société civile et de plusieurs diplomates étrangers, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

 

Le rapport présenté par le Général Francis BEHANZIN, commissaire aux affaires politiques, paix et sécurité de la CEDEAO, arrive à la même conclusion que celui de la CENI en termes du nombre d’électeurs. « Globalement, après les consolidations et l’issue de la révision exceptionnelle de juillet et août 2020, le fichier brut est passé de 5. 323. 679 électeurs à 5. 699. 677 enregistrements. Après la radiation des 24 mille électeurs mineurs et 343 déclarés décédés, des 552 mille électeurs sans pièces justificatives, le retrait des 212 mille doublons et 84 mille pour faute d’identité, le fichier global des électeurs s’élève à 5.410.089 électeurs, dont 5.319.000 sur le territoire guinéen et 90.943 pour la diaspora. Donc, le fichier actuel audité donne un total de 5.410.089, à la suite de la révision exceptionnelle et à la suite de l’audit », a dit ce responsable de l’organisation sous régionale.

 

Le même rapport souligne que les travaux d’assainissement « ont permis de radier du fichier électoral consolidé des mineurs retrouvés pour 0,42%, les doublons pour 3,73%. En outre, il n’existe sur le fichier aucun électeur sans pièce justificative conformément à la loi électorale ». En conclusion, indiquent les experts électoraux de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, « le fichier électoral guinéen, débarrassé de toutes les anomalies rencontrées au regard du Code électoral, est de qualité suffisante pour les prochaines élections ». 

Cellou Baldé, vice-président de la commission électorale de l’UFDG

Mais, à peine présenté, ce rapport est contesté par l’UFDG, la principale formation politique d’opposition du pays. Mamadou Cellou Baldé, le vice-président de la commission électorale du parti, se dit extrêmement déçu du travail des experts de la CEDEAO. « En tant que partie prenante majeure dans ce processus, nous sommes extrêmement déçus de la manière dont la séance s’est déroulée. D’abord sur la forme. Pour nous, si on présente un rapport final d’un audit qui a été fait par la CEDEAO, il fallait permettre aux partis politiques en compétition de pouvoir exprimer leurs réserves et leurs recommandations par rapport à  ce travail.

 

De l’autre côté, il faut dire que ce qui a été fait est un travail solitaire parce que la CEDEAO, dans sa démarche, n’a pas décliné les termes de référence, n’a pas associé les partis politiques qui sont là. Vous savez que chaque activité qui a été menée fait suite au rapport d’audit du fichier électoral mené en 2018 sur la base de l’accord politique du 12 octobre 2016. Donc, nous n’avons pas eu connaissance des termes de référence, nous n’avons été associés ni de près, ni de loin au travail.

 

Deuxièmement, il faut reconnaître aujourd’hui qu’il y a eu une violation flagrante des articles 30 et 31 du Code électoral qui font obligation à la CENI d’afficher la liste électorale pour que chacun puisse faire le contrôle de son inscription avant que le fichier ne soit validé en dernier ressort. Egalement, ce travail viole l’article 5 du protocole additionnel de la CEDEAO qui stipule que le contrôle général des électeurs doit se faire pour que chacun puisse savoir s’il est inscrit ou pas, pour que si tu n’es pas inscrit, tu puisses saisir la CENI ou faire un recours auprès des tribunaux de première instance compétents pour que tu sois rétabli dans tes droits avant l’émission des cartes électeurs », a dénoncé l’opposant.

 

Selon lui,  « le discours que nous venons de suivre est un discours qui ne nous rassure pas. On nous dit que dans le fichier électoral de 5.323.179, il y a 2 millions d’électeurs guinéens qui sont enrôlés sur la base d’attestations contresignées. Ça, c’est plus 50% du corps électoral guinéen alors que les pièces d’identité, les passeports sont là pour indiquer que telle personne est guinéenne et telle autre ne l’est pas. Aujourd’hui, on comprend aisément le gonflement du corps électoral du côté de la Haute Guinée. Cela se justifie par le fait que des administrateurs territoriaux, des commissaires complices sont allés remplir les attestations contresignées pour donner à des gens qui n’ont pas le droit d’être dans le fichier électoral guinéen », a fustigé Cellou Baldé.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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