Journée mondiale de l’eau : les robinets encore secs à Conakry (reportage)

La 28ème édition de la journée mondiale de l’eau a été célébrée ce lundi, 22 mars 2021, à travers le monde. En Guinée, cette journée intervient à un moment de grande pénurie d’eau à travers le pays. Car, les robinets du « château d’eau de l’Afrique de l’ouest » sont quasiment sèche partout. Et, à Conakry, les femmes et les enfants veillent jusque tard la nuit (pour certains) ou réveillent à l’aube (pour d’autres) pour aller faire la queue dans l’espoir de pouvoir récolter quelques litres d’eau des robinets de la société des eaux de Guinée (SEG), a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans la capitale guinéenne, les populations font face actuellement à un manque criard d’eau potable. En plus de la pauvreté galopante, le manque d’eau est la chose la mieux partagée dans les différents quartiers de Conakry. A Démoudoula, Simbaya, Kipé, Sonfonia, Madina Ecole, Kagbélen, Cosa, Wanindara et bien d’autres quartiers, les foyers croupissent sous une pénurie d’eau qui rend la vie plus difficile en cette période torride de saison sèche. Les femmes et les enfants déploient de l’énergie titanesque pour approvisionner les foyers en eau potable. Et, comme les robinets de la SEG sont souvent secs, ils font recours à la bonne grâce de quelques forages de particuliers nantis pour avoir cette denrée indispensable à la vie. Et, même devant ces forages, c’est la patience qui est le maitre mot pour avoir de l’eau. Car, il faut former une file indienne ; et, chacun attend son tour.

Magniny Camara, ménagère

« Chez nous à Demoudoula, dans notre concession, il n’y a pas d’eau. Là où nous partons puiser est distant. Il nous faut parcourir une distance d’à peu près 50 à 100 mètres pour avoir de l’eau. Nous avons trop de difficultés pour gagner de l’eau. Même si on part puiser, il y a souvent du monde. Des fois, il nous faut faire la queue pour puiser deux à deux. Même si tu as dix bidons, tu vas retarder là-bas pour avoir de l’eau. On souffre vraiment pour le problème d’eau dans notre quartier. Je demande à l’État guinéen de nous aider à avoir de l’eau dans chaque famille, dans chaque foyer. Ils n’ont qu’à nous aider à avoir de l’eau du robinet. C’est important pour nous, surtout les femmes » a confié Magniny Camara, ménagère.

Tout comme cette mère de famille, Saran Condé est très éprouvée par le manque d’eau que connait son quartier. Elle habite au quartier Simbaya et elle est obligée de se lever tous les jours à l’aube pour sortir à la quête de l’eau avec ses enfants. Ces derniers, encore des élèves, vont très souvent à l’école en retard.

Saran Condé, habitante du quartier Simbaya

« Nous on souffre beaucoup pour avoir de l’eau. On se déplace pour aller chez les gens pour trouver de l’eau. L’eau est très importante. Même si tu as de quoi manger, mais si tu n’as pas d’eau, tu vas perdre. Ce sont mes enfants qui partent à la recherche de l’eau. Dès après la prière de 5 heures, on part à la quête de l’eau. Quand ils finissent de faire ça, ils vont à l’école. Mais, le temps pour eux de finir de puiser de l’eau, cela trouve qu’il fait déjà jour. Ils vont souvent en retard à l’école. Il faut que l’Etat nous aide vraiment. Si tu vois les gens vivre, c’est l’eau », a indiqué Sara Condé.

Lassée de partir chaque jour à la chasse à l’eau et de transporter des dizaines de bidons de 20 litres à la tête, Mariama Bella Diallo, habitante du quartier Kipé attend les charrettes devant sa porte. Avec ses maigres économies, elle achète de l’eau dont elle ignore même la provenance. Elle est obligée de croire les charretiers sur parole et croire fermement qu’elle s’approvisionne de l’eau salubre.

Mariama Bella Diallo

« Nous sommes fatigués de transporter les bidons chaque jour. Parce que là où nous partons chercher de l’eau, nous prenons les charrettes ou les brouettes pour aller puiser et on les paye. À Kipé ici, secteur 4, l’eau n’est pas du tout fréquente chez nous. C’est la vie même qui est devenue très chère. Et s’il n’y pas d’eau avec tout ça, comment ça peut marcher ? On doit laver les habits, faire la cuisine, laver les maisons. Même là où je vous parle actuellement, il n’y a pas d’eau chez moi ici. Qu’ils (Etat) nous aident vraiment à dépasser cette situation », s’est lamentée Mariama Bella Diallo.

Rappelons que la journée mondiale de l’eau est célébrée depuis 1993 à travers le monde. Et, selon les statistiques, la célébration de cette journée intervient cette année à un moment où plus de 2 milliards de personnes dans le monde vivent sans accès à de l’eau salubre.

Mohamed DORÉ pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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