Atténuer l’impact du Covid 19 sur la mobilité humaine dans les communautés transfrontalière, c’est le but d’un projet pilote mis en marche ce lundi à Mandiana. C’est une initiative du Gouvernement appuyé conjointement par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et l’Organisation Mondiale pour l’Immigration (OIM). Les ateliers organisés à cet effet ont mobilisé plusieurs acteurs locaux venus des communes urbaines et des localités frontalières de Kolenda, Nafadji, Noumoudjila et Niantanina relevant respectivement des préfectures de Mandiana et de Siguiri.

En dépit des efforts louables consentis pour son éradication, la Covid 19 demeure encore une préoccupation majeure. Un constat qui pousse le PNUD et l’OIM à se mettre ensemble pour rendre plus efficients leurs accompagnements dans la mise en œuvre du programme national de riposte construit par le Gouvernement. Moussa DIOUBATÉ, Expert Emploi Jeune du PNUD est le Chef de Mission : « Cette mission a pour but de rencontrer les communautés en particulier celles des frontières entre la Guinée et le Mali, les postes de frontières qui n’ont pas bénéficié d’un investissement digne d’une frontière internationale. Elle revêt quatre dimensions : l’impact de la pandémie de Covid-19 sur la mobilité humaine transfrontalière, les questions sécuritaires et sanitaires dans ces frontières sachant que les mesures de l’état d’urgence ont suffisamment impacté sur la mobilité humaine et les échanges, voir avec les communautés les questions de cohésion sociale et de vivre ensemble, et enfin la promotion de l’entreprenariat féminin pour une meilleure résilience face à la pandémie. Le tout pour susciter une approche communautaire et une communication participative sur les questions de paix, de cohésion sociale, lutte contre la COVID 19, trafic illicite et la traite des personnes avec une insistance sur les cas de VBG et d’exploitation familiale ou sexuelle ».

A travers des ateliers, une gamme d’activités dont l’effet combiné vise à promouvoir la paix et la cohésion sociale et réduire, du coup, la chaine de transmission de la maladie dans la frontière entre la Guinée et le Mali a été proposée. « Nous avons animé des modules sur les modes de transmission et les mesures de prévention de Covid 19. Nous avions également animé les procédures de détection de Covid 19 au niveau des points d’entrée. Il a été également question d’expliquer aux communautés et aux agents de sécurité, comment utiliser les matériels de santé », explique Dr Ibrahima Sory Traoré, Spécialiste de santé publique à l’OIM.

Les échanges avec les communautés ont également tourné autour de la cohésion sociale et les trafics illicites des migrants au long des frontières.  « Les communautés transfrontalières vivent ensemble depuis de longues années. Des coutumes et des mœurs sont les mêmes et des mariages ont été consentis de part et d’autre. Il s’avère que depuis quelques années, on enregistre des conflits internes dû souvent aux intérêts économiques », souligne Mamadou Aliou Barry, Animateur Communautaire au PNUD.

« Dans ces zones frontalières et minières, enchaine Keletigui KEITA, Assistant Projet OIM, les gens traversent de partout, la circulation est dense. Il fallait informer les leaders communautaires et les Agents qui servent dans ces frontières sur les pratiques de trafics illicites et la traite des êtres humains ».
Le futur projet pilote de ces deux Agences, misera sur le renforcement des capacités de gestion de ces frontières, la cohésion sociale et la paix, la protection des enfants et des jeunes filles contre le phénomène de la traite et sur la promotion des activités génératrices de revenus qui devraient contribuer à la résilience de la population et au relèvement économique des impacts de la pandémie de Covid 19.

Les participants des différentes rencontres sont des Formateurs locaux pour les Associations de transport, les syndicats, les dirigeants communautaires et de culte, les agents de sécurité tant aux centres-villes, que dans les localités frontalières de Noumoudjila, Niantanina (Mandiana), Kolenda et Nafadji (Siguiri). Chaque poste de frontière a bénéficié des Kits sanitaires composés de thermo flash, gel hydraulique, solution de chlore, eau de javel, pulvérisateurs, et autres consommables.

Par Ousmane Bangoura

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