Des personnalités guinéennes pendues le 25 janvier 1971

Il y a déjà 50 ans que des guinéens pour la plupart se faisaient arrêter, condamner et tuer par le régime de Sékou Touré, le premier président de la Guinée indépendante. Et, à travers une marche organisée à Conakry hier, lundi 25 janvier 2021, ces victimes ont été commémorées par les membres de l’Association des Victimes du Camps Boiro (AVCB). Tout en réclamant justice pour toutes les victimes de la première république dans ce pays, les marcheurs ont demandé aux autorités actuelles de Guinée d’honorer ces âmes perdues en mettant une sépulture et des stèles en leur nom, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Tous vêtus de t-shirt rouge, les membres l’AVCB sont partis du jardin 2 octobre pour rallier le Pont 8 novembre. Là, ils ont déposé une gerbe de fleur à la mémoire de tous ceux qui ont été pendus publiquement sur ce pont. Egalement, dans une déclaration rendue publique sur place, ont rappelé les atrocités qui ont coûté la vie à de nombreux guinéens.

« Cela fait aujourd’hui 50 ans que des Guinéens appartenant à toutes les familles sont dans des fosses communes. Les graves purges perpétrées par le PDG et son leader Sékou Touré laissent encore des milliers de familles sans deuil, en larmes, dans la souffrance. Des tueries massives, violentes inhumaines suite à des condamnations extrajudiciaires et dans l’irrespect total des lois de notre pays qui ont commencé en 1959 s’exacerbèrent en 1971 jusqu’en 1983. Comment peut-on arriver à haïr ses élites, les premières personnes ressources d’un pays nouvellement libéré de la colonisation ? Qu’est-ce qui peut justifier ces éliminations physiques et la réduction des familles à l’état de pauvreté ? Après 50 ans de souffrance, nous n’avons pas encore la réponse », a indiqué Abdoulaye Conté, le secrétaire général de l’AVCB.

Pour l’association des victimes du Camp Boiro, il est temps de mettre fin à l’omerta jusque-là entretenu sur cette page sombre de l’histoire de la Guinée pour le bien de tous.

Abdoulaye Conté, secrétaire général de l’AVCB

« Aujourd’hui, nous victimes, et enfants de victimes de toutes ces répressions, appelons les autorités à se pencher sur cette page douloureuse de notre histoire. Il est temps de mettre fin à l’omerta savamment entretenu. Il est temps que la vérité et la justice réconcilient les Guinéens avec leur passé. Ce passé ne saurait être travestie par le mensonge entretenu par le PDG et son leader Sékou Touré… Aujourd’hui, nous demandons l’implication de chaque victime, chaque fils dont le père ou les parents ont péri dans ces purges, pour faire accepter aux autorités le caractère sacré de la réouverture de ce dossier. Nous demandons au ministre d’Etat Kiridi Bangoura de soutenir cette question. Nous demandons au ministre Boubacar Barry (BIG UP) de plaider pour la mémoire de son père. Nous demandons au vice-gouverneur de la Banque centrale, Baidy Aribot d’aider cette cause pour son père. Nous demandons au ministre Abdoumaye Magassouba de le faire pour le feu Massabouba Moriba », a dit Abdoulaye Conté.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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