Les Guinéens risquent d’être confrontés à une crise de médicaments dans les prochaines semaines. En effet, les pharmaciens menacent d’aller en grève pour protester contre un certain nombre de facteurs qui menacent dangereusement leur profession. Ils accusent le ministère de la santé de ne pas jouer son rôle de protection et de régulation pour mettre fin aux problèmes qui gangrènent leur secteur.

A l’issue d’une réunion tenue le 4 février 2021, les pharmaciens guinéens ont fait un constat selon lequel, leur profession risque sérieusement de disparaître. Et, face à cette situation, ils ont décidé de ne pas rester les bras croisés. C’est ainsi qu’ils ont rédigé un préavis de grève adressé au ministère de la santé. Ils préviennent ainsi les autorités que si rien n’est fait dans les prochaines semaines, ils vont fermer toutes les pharmacies.

Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce mercredi, 10 février 2021, le secrétaire général du Syndicat des pharmacies et officines privées de Guinée est revenu sur les raisons qui les ont motivés à lancer ce préavis de grève.

Dr. Mohamed Manizé KOLIE, Secrétaire Général du Syndicat des pharmaciens officines privés de Guinée

« Les pharmaciens déplorent une crise existentielle profonde qui menace le monopole, l’emploi, et la qualité des services des professionnels de la pharmacie en Guinée. Cette profession, il faut le reconnaître, est sur le point de tomber définitivement sous le contrôle des commerçants et des lobbyings très puissants. Les raisons sont simples : c’est qu’il y a un désintérêt manifeste de l’autorité de tutelle, dans son rôle régalien de protection et de régulation. C’est-à-dire que le ministère de la santé, duquel nous dépendons, ne fait rien pour pouvoir mettre en application les recommandations qui ont été déjà faites.

Le 27 mars 2019, les organisations professionnelles de la santé ont été reçues en audience par le chef de l’État, qui a fait des recommandations en trois points, à savoir : la réduction du nombre de sociétés grossistes en Guinée. Le pays a aujourd’hui une pléthore de sociétés grossistes par rapport à la démographie. Deuxièmement, le fonctionnement de la brigade de répression  Médicrime qui peut permettre justement de surveiller les différents marchés illicites. Troisièmement, l’organisation des états généraux de la santé.

Alors, nous nous sommes rendu compte que les cadres du ministère de la santé emploient tous les subterfuges administratifs pour nuire et empêcher la mise en place et le fonctionnement de la brigade Médicrime en Guinée. Le rapport de la commission mixte d’évaluation, pour la réduction du nombre de sociétés grossistes est classé sans suite. Au même moment, nous assistons à une prolifération des structures illicites de vente, et des importations massives. C’est donc suite à ce constat que les pharmaciens se sont dit qu’il faut aller en grève pour interpeller l’autorité guinéenne », a expliqué Dr Manizé Kolié.

Pour l’heure, il ne s’agit que d’un préavis de grève. Ce qui veut dire que les autorités peuvent encore éviter le déclenchement de cette grève. « Un préavis c’est une main tendue. Une main tendue pour éviter d’aller jusque-là. Mais, dans deux semaines en principe, si rien n’est fait, nous allons déclencher la grève », a dit Dr Manizé Kolié, secrétaire général du Syndicat des pharmacies et officines privées de Guinée.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel: +224 622 07 93 59

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