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Depuis quelques semaines, les habitants de la commune urbaine de Dubréka sont confrontés à une véritable pénurie d’eau. Aucune goûte ne sort des robinets de la SEG (société des eaux de Guinée). Et, pour atténuer leur souffrance, ces populations font recours aux puits et aux quelques rares robinets de forages installés par des particuliers pour leur consommation domestique, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans les quartiers de la ville, il est très fréquent de rencontrer des femmes avec des bidons de 20 litres et des seaux à la recherche d’eau. Ce précieux liquide ne coule pas depuis plusieurs semaines maintenant dans les robinets de la SEG. Et, les puits sont le derniers recours pour elles pour trouver de l’eau pour les besoins de ménage (cuisiner, faire la lessive et le linge, se laver…).

Pour la boisson, on fait recours aux quelques rares robinets de forages installés par des particuliers. Mais, certains qui n’ont pas de forage dans leurs secteurs se contentent de l’eau de puits qu’ils désinfectent avec du chlore. Cette citoyenne, Fatoumata Camara, demande à l’Etat de se bouger pour soulager la souffrance des populations.

« Nous souffrons vraiment. Depuis plus de trois semaines on n’utilise pas l’eau de la SEG chez nous. Les robinets sont secs et lorsque vous appelez le numéro des agents de la SEG, ils vous disent que ce n’est pas de leur faute. Et, depuis le mois de décembre 2020, l’eau ne venait plus comme avant. Aujourd’hui, nous sommes obligés d’utiliser l’eau du puits pour les petits travaux de la maison. Parfois pour nous permettre de la boire, nous y mettons du chlore afin d’éliminer certaines bactéries. Franchement il faut que le gouvernement pense à cette population. Personne ne peut rester sans avoir besoin de l’eau potable », se lamente Fatoumata Camara.

De son côté, Mohamed Bangoura s’inquiète et s’interroge sur le calvaire que traverse les populations de Dubréka face à ce manque d’eau.

« C’est très difficile pour moi de rester sans avoir besoin de l’eau. Nous sommes en saison sèche ; et, avec le soleil, la chaleur, on est obligé de se laver à chaque fois. Donc, si l’eau nous manque ça devient très compliqué pour nous. Ce n’est pas tout le monde qui a des moyens pour creuser un forage. Nous sommes au mois de février d’abord, mais quand le mois de mars arrive on ne sait pas comment nous allons faire. Parce que dans le mois de mars il fait extrêmement chaud en Guinée. Aujourd’hui c’est grâce au forage de cette ONG Fida qu’on a de l’eau à boire. Ils nous ont vraiment aidés du fait qu’ils ont laissé un robinet au dehors pour les voisins. La SEG nous raconte toujours les mêmes arguments : l’eau manque à la source ou nous avons une panne technique », a indiqué Mohamed Bangoura.

Pour sa part, Madeleine Tounkara assure que cette pénurie d’eau se produit chaque année en saison sèche à Dubréka. Et, elle demande à l’eau de trouver une solution définitive à cette situation.

« Depuis que le gouvernement a dit à la population qu’il n’y aura pas un payement de facture jusqu’à nouvel ordre, l’eau ne vient plus régulièrement dans les robinets. Aujourd’hui nous remercions certains citoyens qui ont pensé à mettre les forages chez eux. Si ce n’était pas eux, on n’aurait pas de l’eau potable à la maison. L’eau du puits est bonne pour se laver… Chaque année nous rencontrons les mêmes problèmes, il faut vraiment que l’état nous aide à avoir de l’eau. Ce n’est pas facile de transporter l’eau sur la tête tous les jours », a confié Madeleine Tounkara.

Foko Millimouno pour Guineematin.com

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