La non finalisation du processus des élections locales, le manque de transparence du processus électoral et la partialité du président de la CENI. Ce sont les raisons principales invoquées par l’opposition guinéenne pour justifier son retrait du processus électoral en cours et sa décision d’empêcher la tenue des élections législatives le 16 février 2020. Mais, Amadou Damaro Camara, haut responsable du RPG Arc-en-ciel, réfute cette version.

Pour lui, la vraie raison de ce retrait est le fait que Sidya Touré savait que son parti n’aurait rien eu en allant à ces élections. C’est le président de l’UFR qui aurait donc entraîné les autres partis avec lui. Il l’a dit lors de l’assemblée générale hebdomadaire du RPG Arc-en-ciel de ce samedi, 18 janvier 2020, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

« Je sais que beaucoup d’entre eux (les partis d’opposition ayant boycotté les législatives) regrettent déjà le fait qu’ils ne soient pas allés aux élections, sauf l’UFR. Parce que Sidya Touré savait que cette élection serait celle qui allait faire tomber son mythe. Il savait qu’il n’avait plus personne sur le terrain. Il sait qu’en 2013, grâce à l’UFDG, il a eu 5 députés. Il sait que c’est avec le RPG qu’il a eu quelques mairies et des vices maires. Mais, à ces élections (les législatives, ndlr), ni l’un ni l’autre n’étaient prêts à l’aider, parce qu’il devient un homme politique tellement peu sûr qu’il devient infréquentable. Et, à cause de ça, il a bien prié et il a pu amener notre ami avec lui, comme pour justifier son départ.

J’ai envie de dire, même si on ne m’autorise pas, tant pis pour eux ! Nous, nous irons aux élections, et nous irons bien et très bien. Nous allons montrer et démontrer que le Professeur Alpha Condé n’a pas demandé mille choses, il n’a pas pris de décret, il n’a pas demandé à sa majorité à l’Assemblée nationale de voter, il a dit je vais demander au peuple une simple question : Oui vous êtes d’accord, ou Non vous n’êtes pas d’accord. Si le Non l’emporte, il en tire les conséquences ; si le Oui aussi l’emporte, il en tire les conséquences. Mais personne y compris lui-même, n’a le droit de s’exprimer ou de considérer que sa voix est celle du peuple. La voix du peuple appartient au peuple », a dit Amadou Damaro Camara.

Le député du parti au pouvoir, candidat à un nouveau mandat au parlement, en a profité pour répondre au ministre français des affaires étrangères, Jean Yves le Drian, qui a remis en cause la nécessité de changer l’actuelle Constitution guinéenne. Il a déclaré qu’il ne revient pas à un étranger de décider de ce qui est bon ou mauvais pour la Guinée. « Le peuple de Guinée, qui a pu dire à De Gaulle devant lui Non il y a 61 ans, va-t-il avoir peur de le dire au ministre des affaires étrangères de Macron ? Je dis Non.

Au même moment d’ailleurs, c’est un autre ministre des affaires des Etats-Unis, plus puissant, qui dit que la décision appartient au peuple. Aux uns et aux autres, nous disons merci. Il revient au peuple de Guinée exclusivement de décider de son destin. Et, cela commence par les élections du 16 février, tout le reste en dépendra : la stabilité de la Guinée en dépendra, le pouvoir RPG en dépendra, le pouvoir démocratique en dépendra », a dit Amadou Damaro Camara.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin