Elhadj Lamine Sangaré, président de la CEPI de Labé

A peine entamée, l’opération d’affichage des listes électorales provisoires est interrompue dans la préfecture de Labé. Cela, en raison de l’opposition des citoyens au processus électoral. Les premières listes affichées ont été déchirées et brûlées, et la CEPI peine à poursuivre les travaux sur le terrain, rapporte un correspondant de Guineematin.com à Labé.

Selon Elhadj Lamine Sangaré, le président de la Commission Électorale Préfectorale Indépendante (CEPI) de Labé, l’affichage des listes électorales a démarré le samedi, 11 janvier 2020, dans la commune urbaine. Mais, les premières listes affichées ont été aussitôt arrachées et brûlées par des citoyens. « Les missionnaires mandatés par la CENI, sont arrivés à Labé la semaine dernière. C’est ainsi que la CEPI de Labé a procédé à leur déploiement dans les zones concernées pour procéder à l’affichage des listes électorales. Nous avons commencé le samedi dernier.

Mais, cette tâche n’a pas été exécutée comme on le voulait. Au quartier Doghol, dans la commune urbaine de Labé, des jeunes surexcités sont partis déchirer ces affiches et les ont brûlées. Dans la sous-préfecture de Dionfo, précisément dans un secteur qu’on appelle Madina, ils m’ont appelé pour me dire qu’il y a des jeunes du FNDC qui sont venus retirer les affiches et les brûler sur place. Les agents qu’on a déployés ont failli être battus. Ils ont échappé de justesse parce qu’ils n’ont pas résisté. Dans la sous-préfecture de Popodara, c’est le même cas de figure », a-t-il expliqué.

Après ces incidents, la CEPI de Labé n’arrive même plus à trouver des endroits pour afficher les listes électorales. Finalement, tout le matériel lié au processus d’organisation des élections législatives a été déplacé de son siège vers un « lieu sûr ». Une décision qui vise à sécuriser ce matériel, selon le président de ce démembrement de la CENI. « Les difficultés n’en finissent pas, car même certains bureaux de conseils de quartiers et de districts qu’on avait ciblés pour l’affichage de ces listes électorales nous ont été interdits par ces autorités locales.

Les gens disent avoir peur de représailles de la part de certains citoyens, opposés à la poursuite du chronogramme de la CENI. D’ailleurs, suite à une attaque du siège de la CEPI de Labé par des jeunes manifestants le mardi 14 janvier dernier, les forces de défense et de sécurité sont venues prendre le matériel électoral pour l’envoyer dans un lieu sûr », a indiqué Elhadj Lamine Sangaré.

A rappeler que les listes électorales affichées ont été également déchirées et brûlées dans plusieurs quartiers de Conakry et dans d’autres villes de l’intérieur. Même si ces actes n’ont pas été revendiqués, ils sont sans doute liés à la décision des principaux partis d’opposition du pays de se retirer du processus électoral en cours et d’empêcher la tenue des élections législatives prévues le 16 février 2020.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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