Le Front national pour
la défense de constitution a mis sa menace en exécution. Il a saisi la Cour pénale internationale pour les crimes perpétrés en Guinée depuis le début de son combat pour la défense de la constitution. Deux avocats du barreau de Paris ont été commis à la tâche. Mais faut-il espérer quelque chose avec la cour pénale internationale qui, sur un autre cas est non des moindres, n’a trouvé aucun coupable ?

Conscient qu’une plainte Locale n’a aucune chance d’aboutir, le FNDC a saisi la CPI pour les violences perpétrées depuis le début de son combat. Pour le besoin de la cause, il a fait appel à deux avocats : William BOURDON et Vincent BRENGARTH, du Barreau de Paris pour saisir la CPI afin que celle-ci puisse enquêter sur une série de crimes politiques voire de crimes contre l’humanité.

Mais, l’histoire récente de la CPI laisse nombre d’observateurs sceptiques sur les résultats de la plainte du FNDC. En effet, confrontés à des dirigeants qui sont prêts à tout pour rester au pouvoir ou le conquérir, les Africains avaient besoin d’une justice indépendante et impartiale pour dissuader et au besoin condamner les auteurs et commanditaires des crimes commis sur le continent. D’où l’intérêt et l’espoir suscités par la mise en place des statuts de Rome, qui créent la cour pénale internationale le 17 juillet 1998.

Très vite, cette cour a montré ses limites par ce qu’on a qualifié de justice à double vitesse. Particulièrement, entre les crimes commis en Afrique et par des Africains et ceux commis dans d’autres parties du monde. La CPI n’a pas été insensible à ces critiques. Au fil du temps, elle a montré des signes d’émoussement. Notamment dans le dossier ivoirien. En acquittant Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, elle s’est davantage discréditée. Dans un conflit qui a fait près de 3 000 morts ne trouver aucun coupable est en soi coupable.

C’est donc sur une cour fragilisée pour les uns et discréditée par les autres que le FNDC compte pour enquêter et éventuellement condamner les auteurs de tous les crimes commis depuis octobre 2019, date du début de la résistance de ce mouvement contre la nouvelle constitution. Outre la faiblesse de la CPI, l’adversaire est plus que coriace. Celui qui a empêché l’organisation d’un procès dans lequel il est censé être, sinon victime, tout au moins non coupable, fera tout pour empêcher un autre dans lequel il est personnellement accusé.

Aussi, faut-il le souligner, en parlant des violations des droits de l’homme en Guinée, on se demandera par quel crime il faut commencer. Dans un entretien que le président de la République avait accordé à trois médias français à l’occasion du 60ème anniversaire de l’indépendance la Guinée, il avait mis l’accent sur le fait qu’on ne pouvait pas privilégier un crime par rapport à un autre. Pour lui, les massacres du 28 septembre 2009 étaient indissociables des autres crimes commis dans le pays depuis l’indépendance.

Tristement célèbre pour ses violations des droits de l’homme depuis cette indépendance, la Guinée accumule plusieurs dossiers de crimes perpétrés par tous les régimes qui se sont succédé. Même si certains ne relèvent pas de la compétence de la Cour pénale internationale à cause de la prescription. Comme les victimes de la première République dont les organisations de défense des droits de l’homme parlent de près de 50 000 morts. Ou encore celles des événements de juillet 1985.

Plus près de nous, il y a les massacres du 28 septembre 2009 qui relèvent cette fois de la compétence de la CPI. Mais pour que cette cour puisse se saisir d’un dossier il faut que la justice locale soit incapable d’organiser un procès juste et équitable. Or, dans ce cas précis, la justice guinéenne estime qu’elle peut bel et bien organiser ce procès.

Mais elle traîne les pas. Elle ne bouge que lorsque les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent l’absence de volonté d’organiser ce procès. Chaque fois que le gouvernement guinéen est rappelé à l’ordre il prend un acte. Comme l’inculpation de certains présumés coupables de cette tragédie. Ou la mise en place d’un pouls de juges. Pour les victimes et les leurs, la Guinée et la CPI se livrent à un jeu de cache-cache dans ce dossier. De la poudre aux yeux, pour ceux qui attendent justice depuis plus de 10 ans. Comme l’a dit Honoré de Balzac, « Les lois sont des toiles d’araignée à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites ».

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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